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Pourquoi le prix de vos courses devrait bientôt flamber

by Nouvelles

Concevoir ses coffrets de Noël devient une opération coûteuse pour la Biscuiterie La Mère Poulard. Pour faire venir dans un container les boîtes fabriquées en Chine, il lui en coûte désormais 13 500 €. Contre 2 500 € il y a un an seulement. En cause, la reprise économique mondiale après des mois de ralentissement liés au Covid-19. Ajoutez à cela une hausse de 15 % du prix du beurre, de 20 % pour les plastiques d’emballage, de 12 % pour les cartons… Et l’on comprend pourquoi Sébastien Pautrel, le directeur général de la biscuiterie incontournable du Mont-Saint-Michel, plaide pour vendre ses coffrets 12 % plus cher en grande surface en 2022.

De nouvelles règles de négociations commerciales

Dans l’industrie agroalimentaire, connue pour ses marges faibles (3,5 % chez La Mère Poulard), on attend donc beaucoup de la réforme de la loi EGalim, qui doit être examinée par le Sénat mardi 21 septembre. Si elle passe, elle pourrait modifier les règles du jeu des négociations commerciales, ces tractations annuelles entre la grande distribution (Leclerc, Carrefour…) et les fabricants de produits alimentaires pour l’année suivante.

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Objectif de cette nouvelle version de la loi : mieux prendre en compte l’explosion du coût des matières premières et redonner plus aux agriculteurs et aux industriels qui transforment leurs produits. Car ces dernières années, leurs coûts de production ont progressé alors que les prix des produits vendus en grandes surfaces, eux, continuaient de diminuer sous la pression de ces dernières, qui se font d’ailleurs régulièrement épingler pour des pratiques commerciales abusives envers leurs fournisseurs.

Comment cela va-t-il se répercuter pour le consommateur ? La grande distribution sort les crocs. Nous avons demandé aux équipes de Leclerc de ne pas laisser passer les gains spéculatifs. Nous allons châtaigner les multinationales, a annoncé Michel-Édouard Leclerc, interrogé sur BFMTV.

« + 1,50 € par ménage et par mois »

Le consommateur devrait néanmoins voir l’addition s’alourdir sur le ticket de caisse. « L’alignement d’une inflation alimentaire (-0,1 % en 2020) à un niveau conforme à celui constaté pour l’ensemble des secteurs d’activité (+0,6 %) se traduirait par une contribution de seulement 1,50 € par ménage et par mois, plaide ainsi l’Ania, l’association nationale de l’industrie agroalimentaire. La bataille du pouvoir d’achat ne se joue pas dans le chariot du supermarché. » Une hausse des prix que le gouvernement assume, soucieux de voler au secours des agriculteurs. « J’appelle les consommateurs qui en ont les moyens à considérer l’acte de consommation comme un acte citoyen », déclare le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie.

Baisses de pouvoir d’achat

Quel serait l’impact pour le budget d’un foyer ? La FEEF, qui représente les PME fabricant des produits de grande consommation, dont la Biscuiterie La Mère Poulard, a commandé une étude au cabinet Asterès. Selon lui, si le prix des produits alimentaires transformés en France (ce qui exclut les importations de produits alimentaires transformés à l’étranger, et les fruits et légumes non-préparés, qui représentent respectivement 19 % et 16 % de la consommation alimentaire totale) augmentait de 1 %, le pouvoir d’achat des ménages serait réduit de 0,07 %.

Les ménages les plus modestes en feraient le plus les frais, avec un pouvoir d’achat amputé de 0,1 %, les plus aisés n’étant pénalisés que de 0,05 %. Dans le cas d’une hausse des prix de 5 %, la baisse de pouvoir d’achat serait de -0,37 %, si les prix alimentaires augmentaient de 10 %, la baisse de pouvoir d’achat serait de -0,7 %, complète Astéres.

Empêcher les hausses de prix

Les associations de consommateurs ne devraient pas tarder à monter au créneau. Dans la foulée de l’entrée en vigueur de la loi EGalim au 1est février 2019, les prix des produits alimentaires en hypermarchés et supermarchés ont grimpé de 0,83 % le premier mois, assurait l’UFC-Que Choisir.

Selon ses calculs, contestés par la grande distribution et le gouvernement, les prix des marques nationales avaient grimpé de 1,14 % et les produits d’appel comme Coca-Cola ou Nutella, mais aussi l’emmental, le thon en boîte ou le pastis, traditionnellement vendus avec une marge très faible, bondissaient, eux, de 5 à 7 %. Pour atténuer cette flambée, les enseignes avaient baissé les prix de leurs marques de distributeurs, qui n’étaient alors pas concernées par la loi. Si la réforme passe, elles ne pourront plus le faire.

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