Pour la présidentielle de 2022, ça bouge à gauche. Sport

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À quinze mois de l’élection présidentielle, on compte déjà pléthore de prétendants à gauche. Seul candidat déclaré, Jean-Luc Mélenchon, côté gauche radicale, s’est lancé dans la course dès novembre. Chez les communistes se dessine une candidature de leur leader, Fabien Roussel. Tout en encourageant la maire de Paris, Anne Hidalgo, Olivier Faure plaide pour un large rassemblement, au-delà du PS, ce que critique vertement François Hollande. L’ancien président aimerait croire que les Français comptent encore sur lui.

Personnalité rassembleuse, Christiane Taubira suscite des espoirs… sans s’être déclarée. Avec un livre, L’engagement, et un mouvement du même nom, Arnaud Montebourg pose ses jalons. Dans la galaxie du PS, on parle aussi de Ségolène Royal ou Jean-Christophe Cambadélis. Chez les Verts, une primaire désignera un candidat, peut-être entre Éric Piolle et Yannick Jadot, avant fin septembre. Pour espérer l’emporter, et offrir une alternative au duel prévisible MacronLe Pen, il faudra pourtant sortir de l’éclatement.

Hidalgo pose ses jalons

« Paris me comble. Je ne serai pas candidate à l’élection présidentielle », disait-elle en juin dans Le Figaro, juste avant d’être réélue à la tête du Conseil de Paris. Volte-face depuis cet automne. Anne Hidalgo, 61 ans, répète à l’envi qu’elle « prendra toute sa part » dans la bataille de 2022. Si elle n’a pas encore dit clairement ses ambitions, ses proches se chargent de le faire. Dimanche, son premier adjoint, Emmanuel Grégoire, a annoncé la création d’une « plateforme d’idées », baptisée « Idées en commun », en vue d’une possible candidature de la maire de Paris. C’est aussi, comme d’autres le font, un ballon d’essai pour sonder l’opinion. La Macronie surveille comme l’eau sur le feu cette solide candidate potentielle. Et les hostilités ont commencé.

« Peu exposée »

Un atout : Anne Hildalgo a une image plutôt neuve. « Elle ne s’est pas abîmée ces dernières années, ce le politologue Rémi Lefebvre, professeur à l’Université de Lille 2 et Sciences Po Lille. Pas vraiment exposée. Elle se tient à bonne distance du Parti socialiste (PS), elle fait tout pour ne pas y être identifiée. » Car il faut parvenir à rassembler un électorat de gauche à la fois « rétréci et polarisé. Elle va l’aborder par le centre gauche, Mélenchon plutôt par la gauche radicale, mais, une fois gagnée la bataille du direction présidentiel, il faudra rassembler tout l’électorat de gauche. »

Maire de la capitale, Hidalgo a de l’expérience, et de la crédibilité. « Elle pourra s’appuyer sur l’appareil du PS », pense Rémi Lefebvre. Son premier secrétaire, Olivier Faure, n’a-t-il pas dit qu’elle ferait une « excellente présidente » ? Mais elle peut déjà compter sur la «Machine» du Conseil de Paris, et consulte à tout va.

Rallier l’électorat populaire

Mère couturière, père électricien, Hidalgo a connu « les fins de mois difficile », mais lui colle quand même à la peau l’image d’une «Bobo», et Parisienne de surcroît, ce qui peut freiner le ralliement d’un électorat de gauche qu’il faudra aller chercher dans les classes moyennes et populaires.

Socialiste, féministe, elle est aussi sincèrement écolo. Mais ça ne suffit pas pour rallier les verts. Au Conseil de Paris, où sa majorité municipale s’étend du PS au PCF en passant par Europe-Ecologie-les Verts et Génération.s, ses relations avec les élus verts sont orageuses. EELV a de toute façon prévu de désigner un candidat via une primaire avant fin septembre 2021. « Or, elle est très proche du positionnement « centre gauche écolo » d’un Yannick Jadot. Il n’y aura pas de la place pour deux », souligne Rémi Lefebvre.

Ils attendent un signe de Christiane Taubira

Une organisation digne d’une campagne électorale, mais sans candidate pour l’instant. Depuis plusieurs mois, des fans de Christiane Taubira multiplient les initiatives pour inciter la Guyanaise à se lancer dans la bataille de la présidentielle de 2022. Une soixantaine de comités de soutien locaux ont ainsi déjà vu le jour. Un groupe Facebook regroupe plus de 73 000 membres. Quant à « l’appel à la candidature de Christiane Taubira », il a été signé par 18 800 personnes à ce jour, sur Internet.

« Réussir l’union à gauche »

Pour l’heure, l’ancienne ministre de la Justice de François Hollande, 68 ans, reste silencieuse. Sa dernière prise de parole officielle remonte au 26 septembre 2019, sur France Inter. « S’il se dégage que c’est à moi qu’il reviendra de tenir le gouvernail, de prendre les rênes, de me bander les muscles […] et de tenir pour qu’on avance ensemble, oui, je serai là », avait-elle déclaré. Une phrase qui donne donc de l’espoir à tous ses supporters, toujours à l’écoute du moindre mot de leur championne.

Ces derniers en sont persuadés : Christiane Taubira « est la seule » capable de faire l’union à gauche, de remobiliser les abstentionnistes. « Des militants de La France insoumise (tendance Ruffin) , des Verts, du PS et du Parti communiste nous ont rejoints, note Nathan, l’un des piliers du comité de soutien, issu des écologistes. Ce n’est pas plus mal qu’elle reste en retrait pour le moment. Elle laisse Hidalgo, Hollande et Montebourg occuper la scène médiatique. Mais faute de soutiens, ces derniers comprendront vite qu’ils ne pourront pas se présenter. »

Plusieurs élus défendent aussi la candidature de Christiane Taubira et le disent. À l’image du sénateur écologiste Joël Labbé, affichant sa préférence depuis plusieurs mois. « C’est elle qu’il faut pour réussir l’union à gauche. Elle a marqué positivement les esprits quand elle était au gouvernement. Et puis, elle a pris de la distance ces derniers mois, une bonne attitude », assure le Morbihannais.

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