Politique. La « Pax Romana » des présidents Emmanuel Macron et Joe Biden

| |

Pas de visite officielle de Joe Biden à Paris, pas davantage d’Emmanuel Macron à Washington (États-Unis). Alors que la nouvelle administration américaine est en place depuis neuf mois. Autant dire que la relation bilatérale, malgré les espoirs initiaux créés par la fin de l’ère Trump, pourrait aller mieux.

Des agissements sans « beaucoup d’élégance »

Le couac principal date du mercredi 15 septembre 2021, avec le fameux torpillage du contrat de sous-marins que la France avait concocté avec l’Australie. Une rupture de confiance durement ressentie à Paris.

En se déplaçant physiquement à la Villa Bonaparte ce vendredi 29 octobre (au lieu d’un rendez-vous dans les couloirs du G20 le samedi 30 octobre), Joe Biden a fait un pas. Plus encore, il a, d’entrée, affirmé que Washington a agi de manière maladroite et sans beaucoup d’élégance, et que la France, poignée de main fervente à l’appui, est un allié précieux.

On pouvait difficilement exiger davantage, en public, d’un président américain. Durant une heure, les deux hommes se sont ensuite entretenus des nombreux sujets sensibles du moment.

Sahel et défense européenne

La La France attendait trois signaux. Le premier, sur le Sahel et l’aide américaine apportée à l’intervention française et européenne. Dès les premières minutes, devant la presse, Emmanuel Macron a révélé que le président américain avait ces dernières semaines pris des mesures concrètes et opérationnelles qui ont permis d’être efficaces sur le terrain.

Le détail n’a pas été donné, mais les officiels américains évoquaient ces dernières heures le déploiement d’avions et de drones de reconnaissance supplémentaires.

Le deuxième signal attendu par Paris portait sur le concept de pilier européen de défense. Le président français a parlé d’une clarification, à savoir que la défense européenne est totalement compatible avec l’OTAN. C’est un élément essentiel pour le président français, à la veille du semestre de présidence de l’Union européenne.

Un communiqué conjoint très détaillé

Dans un communiqué conjoint publié dans la soirée, les deux présidents rentrent plus en détail sur les contours de la coopération entre les États-Unis et les Européens. Les Présidents réaffirment leur soutien au renforcement du partenariat stratégique entre l’Union européenne et l’OTAN, qui n’a pas d’équivalent et est indispensable à la sécurité et à la prospérité de nos nations et de la zone euro-atlantique. Ils appuient l’invitation de l’UE et d’autres partenaires au prochain Sommet des Chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN à Madrid (Espagne) en 2022. Ils réaffirment aussi leur soutien au dialogue entre l’UE et les États-Unis en matière de sécurité et de défense et aux efforts visant à conclure un arrangement administratif entre l’Agence européenne de défense et les États-Unis, comme décidé lors du sommet UE-États-Unis en juin dernier.

La pacification d’hier, à Rome (Italie), lance formellement un processus sur ce thème complexe, car il touche au cœur des intérêts vitaux des pays partenaires, et impacte les industries de défense. Or, les Européens sont divisés sur ce point, et certains pays, comme la Pologne, le Danemark ou la Hongrie, très réticents. Le soutien de Joe Biden devrait permettre à Emmanuel Macron de rendre plus robuste son projet de sommet européen de la défense, dans quelques mois.

Coopération et partenariat dans l’Indo-pacifique

Enfin, le troisième signal attendu portait sur la région dite indopacifique, théâtre majeur du XXIEt siècle. Il n’y a aucun endroit au monde où nous ne puissions coopérer, a déclaré hier Joe Biden. Autrement dit Europe, Moyen-Orient, Sahel…. et donc Pacifique compris. Là encore, le communiqué conjoint entre plus en détail sur le sujet.

Les États-Unis se félicitent du rôle ancien de la France en tant que partenaire indo-pacifique, considérant que son engagement de longue date, sa géographie et ses capacités militaires basées dans toute la zone en font un acteur clé pour contribuer à une région indopacifique libre et ouverte et garantir la sécurité de celle-ci. Les États-Unis saluent également la stratégie de l’UE pour la coopération dans la région indopacifique et entendent continuer de mener des consultations approfondies sur leur propre stratégie. […] Suite à l’accroissement des déploiements aériens et maritimes de la France et d’autres nations européennes dans la région, les États-Unis entendent accroître leur soutien et leur contribution matérielle à ces derniers.

Interviewé par le New York Times, le Général Burkhard, chef d’État-Major des armées, affirmait il y a quelques jours que les États-Unis sont toujours notre principal allié, mais ce dont nous avons besoin c’est d’un signal très clair pour garder confiance. Le signal était hier au rendez-vous. Reste tout un processus à confirmer.

.

Previous

Benzema s’absente du voyage au Real Madrid alors qu’Ancelotti donne une pause au skipper

Il n’y aura pas de cadeaux, Noël tombe. Les clients de Bohemia Energy sont écrasés par la croissance rapide des avances

Next

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.