Paris: un tableau de Buren dégradé au cutter au Centre Pompidou

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Il a agi en quelques secondes. Trop vite pour être bloqué. Ce jeudi, en milieu de journée, un des visiteurs du musée d'art moderne du Centre Pompidou (IVe) s'est précipité sur une toile de Daniel Buren, un cutter à la main. Avant d’être maîtrisé, il a effectué plusieurs coupes dans la peinture d’œuvres à rayures du célèbre artiste.

La blessure pourrait être très élevée

L’agresseur, un sans-abri âgé de 54 ans, a été remis à la police par des agents de surveillance du musée qui l’ont neutralisé sans difficulté. Selon les premiers éléments de l'enquête, cet homme aurait attaqué la toile de Buren dès son entrée dans le musée, mais sans violence envers les autres visiteurs ou le personnel du musée.

À l'issue de sa garde à vue, au cours de laquelle il n'aurait tenu que des propos incohérents, il a été placé à l'institut psychiatrique du siège de la police où il se trouvait encore vendredi.

Le Centre Pompidou a confirmé dans un communiqué qu'une peinture subissait "une détérioration grave et délibérée". Sans plus de détails sur l'étendue du dommage et ses conséquences financières. Les experts du Centre Pompidou n’ont pas encore estimé le montant des dégâts. Mais cela pourrait être très élevé. Exposé dans des musées du monde entier, Daniel Buren est très bien noté sur le marché de l'art contemporain.

En 2016, un tableau du peintre français vendu en marge de la FIAC à Paris a été vendu pour 1,2 M €. "

"Peinture. Démonstration 3", la toile vandalisée jeudi, a été transférée dans les réserves du Centre Pompidou et remplacée vendredi par une autre œuvre de l'artiste.

Un autre assaut contre Duchamp en 2006

Ce n'est pas la première fois que le Centre Pompidou est victime d'un acte de vandalisme sur l'un de ses chefs-d'œuvre. En janvier 2006, un artiste "interprète et provocateur" a martelé une sculpture de Marcel Duchamp appelée "fontaine": il s'agit en réalité d'un "simple" urinal issu de la collection d'œuvres toutes faites de Duchamp.

L'auteur de la dégradation (qu'il a ensuite présentée comme un geste artistique) a été condamné un an plus tard à payer les réparations … mais pas les 420 000 € réclamés par le musée pour "dégradation dégradée". Beaucoup plus récemment, il s'agissait d'un graffiti que le mystérieux artiste de rue Bansky avait peint l'année dernière dans les environs immédiats du Centre Pompidou (à l'extérieur du musée), qui avait été volé par des étrangers.

En pleine rénovation

Le centre d'art contemporain situé au cœur de Paris fait actuellement l'objet de rénovations majeures. Le chantier qui doit permettre la réparation de la fameuse "chenille" (les tuyaux extérieurs qui abritent les escaliers mécaniques) a nécessité le retrait de la porte d'entrée du chantier, de l'avant-cour à la rue Beaubourg à l'arrière du centre.

Une enquête interne a été ouverte pour déterminer comment l'auteur des dégradations avait réussi les contrôles de sécurité (portail de détection de sacs et de détecteur de métaux) à l'entrée du centre. L'établissement culturel, qui abrite un musée, une bibliothèque, un restaurant …, accueille plus de 3,5 millions de visiteurs par an.

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