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Pablo Picasso jugé en Angleterre : narcissique, sociopathe et violent

Pablo Picasso jugé en Angleterre : narcissique, sociopathe et violent

The Guardian a lancé la première pierre, se retrouvant à critiquer les célébrations du cinquantenaire de la mort de Pablo Picasso si débordantes de flatteries. Et si le génie espagnol – mort le 8 avril 1973 à Mougins, sur la Côte d’Azur – était justement un artiste à stigmatiser plutôt qu’à célébrer ? D’accord, le Guardian a toujours été excessif dans son attention à l’inclusivité, au respect des minorités et des droits, au point de mériter la définition de “réveillé”, un mot qui ne peut pas être traduit en italien, mais qui est proche de signifier “trop ​​éveillé”. “.

Selon le tabloïd anglais, cet anniversaire – rythmé par une pléthore de célébrations, d’expositions et de conférences – devrait plutôt être l’occasion de sonder l’homme Picasso bourré de vices intolérables. L’accusation ne reste pas générique, le Guardian les énumère : un monstrueux misogyne, notoirement cruel, usurpateur culturel, “vampire, sociopathe, narcissique qui a laissé derrière lui des trahisons et des suicides”. Pour dénoncer ces gigantesques défauts, c’est le critique du journal anglais, Adrian Searle.

Elle ouvre donc officiellement le débat qui ne restera certainement pas cantonné outre-Manche. Demandez aux experts, critiques et autres artistes : le traitement indicible des femmes par Picasso peut-il éclipser des chefs-d’œuvre comme Guernica ? En fait, même en parcourant sa biographie, le Guardian a quelques raisons.

Une personnalité autoritaire et tyrannique
Certes, celui de Picasso était une personnalité dominatrice, qui s’en prenait souvent, les accablait, aux femmes qu’il fréquentait, les poussant dans un gouffre d’amour et de haine alternés. «Les femmes sont des machines faites pour souffrir», telle était en réalité la loi de Picasso selon des critiques faisant autorité comme Miguel Gomez. Il les a divisés en deux catégories bien définies, précisant qu’ « il n’y a que des paillassons et des déesses ». «Mais l’origine de ses relations troublées avec les femmes plonge ses racines bien plus profondément que ses premiers engouements amoureux – explique encore Gomez – il suffit de penser au patronyme de l’auteur, acquis de sa mère, Maria Picasso, une femme avec qui il entretenait un lien affectif à la limite sur l’obsession et pour laquelle il nourrissait une immense estime, seulement avec elle, il a toujours eu un comportement impeccable et on ne peut pas en dire autant des femmes qu’il impliquait dans ses relations amoureuses”.

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« Je mourrai sans avoir jamais aimé », déclare un Picasso furieux à Françoise Gilot, seule femme échappée au massacre psychologique auquel l’artiste a soumis toutes ses conquêtes féminines. Des femmes qui furent une source d’inspiration, chacune liée aux changements de style ultérieurs, comme le remarquait aussi le marchand Kahnweiler : « Je n’ai jamais vu un art aussi fanatiquement autobiographique. Il n’y a pas de figure féminine qui ne soit le portrait de la bien-aimée de ce moment».

Toutes ses femmes, toutes maltraitées
Pablo Picasso est né en 1881 à Malaga et s’installe à Paris à l’âge de 19 ans, où son talent commence à s’épanouir. C’est dans ce cadre qu’il rencontre sa première muse, Fernande Olivier. Ils se rencontrent en 1904, elle devient sa muse pour certains tableaux, mais le cauchemar de la jalousie de Pablo refait immédiatement surface forçant Fernande à poser exclusivement pour lui. Elle accepte et devient une inspiration, elle le suit pendant huit ans, traversant la période rose et cubiste, tout en l’aidant à sortir de la dépression de la période bleue. Fernande est abandonnée en 1912, sans excuses : dans ces années-là, le succès apparaît et la vie de Picasso commence à changer. Fernande, quant à elle, mourut dans la misère totale en 1966, et ce qui semblait être une histoire malheureuse prit valeur d’avertissement aux futures femmes du peintre, qui brûlaient quiconque le rencontrait. La deuxième femme importante de sa vie arrive la même année qu’il quitte Fernande, Marcelle Humbert, rebaptisée Eva par le peintre. Picasso lui avoue “Tu es Eva et pour moi le monde commence maintenant”. À cette époque, ses peintures parlent d’un éros fort et de couleurs vives. Mais cette fois aussi, l’histoire se termine tragiquement. La jeune Eva meurt en 1915 de la tuberculose. Pablo accuse le coup et malgré tout, pendant la maladie d’Eva il accompagne d’autres femmes.

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Quelque temps plus tard en 1917, alors qu’il travaille sur les décors du spectacle “Parade” de Cocteau, Picasso a l’occasion de rencontrer une danseuse russe, Olga Khokhlova, Pablo décide de se relancer dans une relation complexe deux ans après la disparition d’Eva. L’année suivante, il décide de l’épouser et en 1921 leur premier enfant, Paulo, est arrivé. Khokhlova est la femme qui a présenté Picasso à la haute société parisienne, mais cela a souvent été la cause de discussions acharnées. Le peintre n’était pas enclin à avoir toujours un comportement retenu et modéré, en effet il avait un esprit plutôt bohème.

En 1944 le peintre rencontre la seule femme capable de le quitter tout au long de sa vie, c’est Françoise Gilot. Un jeune élève de vingt-deux ans alors qu’il en avait déjà soixante-trois. Pour Picasso, elle sera à nouveau la source d’un nouvel élan artistique. Il eut d’elle deux enfants, Claude en 1947 et Paloma en 1949. Même avec elle, Picasso ne manquait pas de comportements cruels et souvent destructeurs. Pendant les grossesses l’artiste adorait et gâtait la femme puis juste après l’accouchement il la rejetait. De plus, il exigeait qu’il s’habille de manière très chaste à cause de sa jalousie sans bornes, alors qu’il aimait passer du temps avec d’autres femmes. En 1953, la jeune femme trouve enfin le courage de quitter le grand artiste, et elle sera la seule à le faire, au point de susciter en lui une rage aveuglante au point de le rendre capable de gestes impensables comme éteindre un cigarette sur son visage.

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