occupé par plus de 5 000 manifestants, l'aéroport international annule tous ses vols

Après avoir été violemment dispersés par la police la veille, les manifestants ont organisé un sit-in contre les violences policières.

Publié hier à 11h48, mis à jour hier à 15h37

Temps de Lecture 3 min.

Manifestants à l'aéroport international de Hong Kong, le lundi 12 août.
Manifestants à l'aéroport international de Hong Kong, le lundi 12 août. THOMAS PETER / REUTERS

L’occupation depuis vendredi d’une partie du hall d’arrivée de l’aéroport par des manifestants s’est déroulée dans une atmosphère de bonne humeur, avant d’être réprimée par la police le dimanche 11 août au soir, à la fin du mois de Hong Kong. dixième week-end de protestation depuis la mi-juin.

Lundi, les manifestants se sont à nouveau rendus à l'aéroport et ont organisé un gigantesque sit-in contre les violences policières de la veille. Selon la police, plus de 5 000 personnes ont pris rendez-vous lundi à l'aéroport. Une mobilisation massive qui a poussé la direction à annuler pour le reste de la journée les vols prévus au départ et à l'arrivée.

L'annulation de tous les vols de la journée est une décision majeure pour cet aéroport reconnu internationalement pour son efficacité. En 2018, il était le huitième plus parcouru au monde, avec 74 millions de passagers.

Un passager dans le hall des départs au milieu des manifestants, lundi 12 août.
Un passager dans le hall des départs au milieu des manifestants, le lundi 12 août. THOMAS PETER / REUTERS

Pékin voit des "signes de terrorisme" dans les manifestations

Le hall des arrivées de son terminal principal est depuis vendredi le théâtre d’un impressionnant sit-in. Des milliers de manifestants vêtus principalement de noir sont massés là pour " d'accueillir " et sensibiliser les visiteurs étrangers à leur mobilisation par des chants, des slogans et une distribution de tracts expliquant le sens des manifestations prodémocratiques qui ont mis le feu à la ville depuis juin.

Dimanche, les forces de police n'ont pas hésité à attaquer violemment les manifestants. À la suite du tir reçu, un manifestant pourrait perdre un œil et devenir un symbole de mouvement. Lundi, la plupart des manifestants portaient un bandage à l'œil droit en hommage à ce manifestant. Des images la montrant allongée sur le sol, le visage baigné de son sang, sont rapidement devenues virales et ont même été collées sous le slogan "œil pour œil", appelant à de nouvelles manifestations. L'expression a également été peinte en chinois à plusieurs endroits de l'aéroport.

Un manifestant porte un masque sur lequel est inscrit "Retour", à l'aéroport de Hong Kong, le lundi 12 août, en hommage à un manifestant qui a reçu une balle dans la yeux dimanche.
Un manifestant porte un masque sur lequel est inscrit "Retour", à l'aéroport de Hong Kong, le lundi 12 août, en hommage à un manifestant qui a reçu une balle dans la yeux dimanche. VINCENT THIAN / AP

Sous la pression de la Chine, Cathay Pacific, société hongkongaise, a averti lundi ses employés qu'ils pourraient être licenciés s'ils "Soutenir ou participer à des manifestations illégales" à Hong Kong.

L'avertissement intervient alors que la compagnie aérienne fait face à des représailles de Pékin suite à la mobilisation à Hong Kong, sans précédent depuis sa restitution à la Chine en 1997 par la Chine.

L'Autorité de l'aviation civile chinoise a ordonné vendredi les noms du personnel à bord de ses vols à destination de la Chine ou traversant son espace aérien. Pékin a annoncé que les employés soutenant le mouvement pro-démocratie ne seraient pas autorisés sur ces vols. Cathay Pacific a déjà indiqué qu'il se conformerait à ces demandes.

Mais dans un message adressé au personnel, le directeur général, Rupert Hogg, a réaffirmé que les employés de Cathay étaient engagés "Conséquences disciplinaires" s'ils étaient impliqués dans les manifestations pro-démocratie.

Aéroport de Hong Kong, lundi 12 août.
Aéroport de Hong Kong, lundi 12 août. MANAN VATSYAYANA / AFP

Exercices militaires annoncés aux portes de Hong Kong

Le gouvernement chinois a multiplié lundi sa dénonciation des manifestations pour la démocratie à Hong Kong, affirmant "Les signes du terrorisme" derrière le défi violent du pouvoir au pouvoir.

"Les manifestants radicaux à Hong Kong ont à plusieurs reprises utilisé des objets extrêmement dangereux pour attaquer des policiers, ce qui est déjà un crime grave et révèle les premiers signes de terrorisme"Le porte-parole du bureau des affaires à Beijing, Hong Kong et Macao, Yang Guang, a déclaré depuis Beijing.

M. Yang, qui a averti la semaine dernière que "Qui joue avec le feu se brûle à mort", accusé "Une infime minorité" de "Un défi sérieux à la prospérité et à la stabilité de Hong Kong". Des cocktails Molotov ont été lancés sur des policiers, a-t-il déclaré.

Alors que le ton continue de monter à Beijing, deux médias publics, le Quotidien du peuple et le Global Times, émanations directes du parti communiste au pouvoir, ont diffusé une vidéo censée représenter des transports de troupes blindés se dirigeant vers Shenzhen, la métropole située aux portes de Hong Kong. Vingt véhicules de la police militaire "Préparez-vous pour des exercices à grande échelle", dit le Global Times, laissant la menace d'une opération militaire chinoise sur le territoire.

Les manifestants exigent la démission de Carrie Lam, chef du gouvernement local pro-Pékin, l'élection d'un successeur au suffrage universel direct, et non sa nomination par Pékin, comme c'est actuellement la règle. Ils exigent également une enquête sur les violences qu'ils accusent contre la police et l'abandon définitif d'un projet de loi controversé autorisant l'extradition vers le continent.

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