Montauban : l’évêque appelle à ne pas respecter la jauge de 30 personnes pour la messe

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l’essentiel
Dans une lettre adressée ce vendredi 27 novembre à tous les curés et aux paroissiens de Tarn-et-Garonne, Mgr Bernard Ginoux indique qu’il ne faut pas tenir compte de la limite des 30 personnes.

Le plan de déconfinement ne plaît pas à tout le monde. La décision du chef de l’État et du gouvernement de « limiter, sans tenir compte du lieu, à 30 fidèles la participation à la messe est une atteinte à la liberté de chacun », s’est insurgé Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban.

Dans une lettre adressée, ce vendredi 27 novembre, à tous les curés et aux paroissiens, le prélat tarn-et-garonnais demande que « les messes reprennent dans le diocèse aux heures habituelles du dimanche, en pratiquant le protocole sanitaire en vigueur (circulaire diocésaine n° 3) que nous avons toujours respecté. Les fidèles qui le veulent y viennent, sans qu’aucune autorité puisse exiger une autorisation ni établir une interdiction. Il revient au curé, ou à son délégué, de veiller au respect des règles établies en fonction du protocole sanitaire. » Mgr Ginoux déplore ainsi « profondément que le gouvernement refuse d’entendre l’Église catholique et les autres cultes et ignore ouvertement ce que signifie pour nous l’Eucharistie. »

Dans son appel à la désobéissance, l’évêque s’en remet « au Concile Vatican II qui rappelle que l’accès libre aux sacrements dérive directement du droit à la liberté religieuse, déclaration sur la liberté religieuse n° 13. Le texte ajoute que l’Église jouit de toute la liberté d’action dont elle a besoin pour veiller au salut des hommes. »

« Refuser de payer l’amende »

Sur la séparation de l’Église et de l’État, Mgr Ginoux enfonce le clou : « le gouvernement n’a pas à intervenir dans le culte ni dans ses modalités, sauf l’ordre public. La présence de fidèles dans une église n’est pas en soi un désordre public. »

En enfreignant maintenant la loi, « le berger et ses brebis » risquent une amende pour non-respect du confinement, mais aussi une fermeture du lieu de culte par les autorités. L’évêque prend ce risque: « Si certaines personnes (célébrants, acteurs liturgiques, fidèles) faisaient l’objet à la sortie de la messe d’un procès-verbal de contravention, elles devraient refuser de payer l’amende sur-le-champ. Je demande que ces faits me soient transmis et je chargerais l’avocat du diocèse de donner suite. » Et de terminer son sermon, en regrettant « que dans un pays libre nous en soyons arrivés là. Une pandémie qui fait peur ne justifie pas la mainmise sur la messe. »

De son côté, le Conférence des évêques de France a déposé un recours en référé liberté au Conseil d’État sur la jauge de 30 personnes. Mais réprouve toute pratique illégale. « La messe ne peut pas devenir un lieu de combat et de revendication mais rester un lieu de paix et de communion », indique un communiqué diffusé hier.

Enfin, le préfet de Tarn-et-Garonne Pierre Besnard ne peut « accepter qu’une autorité ecclésiastique appelle à ne pas respecter les lois de la République. Il en va de la responsabilité de l’évêque de préserver aussi la santé de ses fidèles. »

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