Mondial féminin: Tunisie, Minguettes et jumelles… Aux origines d’Amel Majri

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Cette histoire de France commence… en Tunisie. Amel Majri, latérale gauche des Bleues et sa soeur jumelle Et c'est de l'autre côté de la Méditerranée que la défenseuse de l'OL a touché son premier ballon.

«J'avais quatre ans et j'ai joué avec mon oncle, sourit la jeune femme. C'est vraiment lui qui m'a fait découvrir le pied. Le ballon et moi, cela a été vite un amour réciproque. »Tous les moyens sont bons avec que soit rond. La n ° 10 tricolore parfait sa technique avec une balle de tennis et ses passes à la piscine… pour jouer au beach-soccer. Son pied à elle se pratique à l'école ou dans la rue. Pas sur un rectangle vert.

«Mon prof de CM1 me voyait jouer dans la cour et me disait: mais qu'est-ce que tu fous là? Pourquoi tu n'es pas encore en club? Moi, jouer au quartier me suffisait, confie-t-elle. Il a insisté et c'est grâce à lui que j'ai franchi le pas. »Hafsia, la maman, n'a pas les moyens de financer deux licences. À 12 ans, Amel rejoint l'AS Minguettes. Rachida attendra encore un peu.

«Si tu n'es pas bonne, tu joues… dans la cage»

«J'avais peur d'aller, confesse la gauchère tricolore de 26 ans, qui devait attendre 20 ans. Tu entres dans un truc que tu ne connais pas. Tu arrive, tu as comme la pression! Dans le quartier, on ne va pas vraiment à juger. Si tu es bonne, tu joues. Si tu n'es pas bonne, tu joues aussi… mais dans la cage! Bien jouer au foot, c'est aussi le moyen d'être facilement accepté par les garçons. Et cela m'a sans doute permis d'éviter de traîner avec d'autres personnes… »

À l'AS Minguettes, les filles sont sur… un doigt. «Comme j'étais timide, c'était un stress en plus, souffle la Lyonnaise, mais j'ai réussi à créer un petit truc. Au début, ma mère n'était pas trop pour que je joue, mais c'est très protecteur. Après, quand elle m'a vue jouer, rigoler, elle me suivait et m'accompagnait aux matchs. Amel ne connaît pas encore l'existence de sections féminines. Sauf la sienne.

«Dans la rue, il y avait trois copines qui ont fini de me rejoindre et qui faisait filles contre garçons, se souvient-elle. On avait pris les lettres de notre prénom pour fonder l'équipe M.A.R.S. Comme on n'était que quatre, on prenait tout le temps un garçon… pour le mettre à la cage! C'était un peu le monde à l'envers. »

«Ne pas perdre le contact»

La reine du cinq a yeux de Chimène pour Ben Arfa ou Ronaldinho. En grandissant, elle découvre sur YouTube les arabesques de l'extraterrestre brésilienne Marta… qu'elle vient d'éliminer en huitième de finale du Mondial! Après deux ans de matchs au milieu des grandes barres HLM des Minguettes, l'adolescente émigrée à l'OL. La capitale voisine du pied féminin. Si loin et si proche de la nuit de ce que l'internationale aux 50 sélections Un garde chevillé au cœur.

«J'y retourne souvent depuis ma soeur là-bas, explique-t-elle. Pour moi, c'est une pionnière. Elle passe à Genas (NDLR: à 6 km du Parc OL). Il n'y a pas beaucoup de filles qui s'entendent, c'est à l'image de ce qu'était le pied pour les joueuses il y a quinze ans. Je la motif, elle me motif aussi. J'aime bien des nouvelles personnes avec lesquelles j'ai grandi, ne perdez pas le contact. C'est très important pour moi. »

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