LVMH dévoile ses secrets lors de ses "journées privées"

10h45
13 octobre 2018 Tout a commencé avec un grand rire. Jeudi soir à 18h30, au siège du groupe LVMH, 22 avenue Montaigne, 40 artisans représentant les différentes marques du groupe, de Dior à Vuitton en passant par Guerlain et Berluti, étaient réunis devant un photographe perché au sommet d'une grand tabouret. Ils posent dans leurs uniformes de travail pour célébrer le lancement. Pendant trois jours, et pour la quatrième fois depuis 2011, les plus belles marques du géant du luxe sont prêtes à ouvrir leurs portes et à présenter leur savoir-faire au grand public. Antoine Arnault, 41 ans, fils de Bernard Arnault, président et fondateur de la société, est l'initiateur et le pilote de cet événement. Ça glisse naturellement au milieu du groupe. Pour la dernière photo, les énergies sont libérées, les cris de joie se confondent. Chaque pièce, une étapeA quelques minutes plus tard, Antoine Arnault parle devant son père, les principaux dirigeants de la société et un lit d'invités. "Cette année, nous allons ouvrir 77 sites dans 56 de nos foyers répartis dans 14 pays sur cinq continents", explique-t-il. "C'est un endroit à couper le souffle. Nous sommes le seul groupe au monde à offrir un tel événement généreux avec accès à nos coulisses et un patrimoine d'exception. "Pour le confirmer, nous avons suivi le jeune dirigeant pendant les trente-six premières heures de ces journées très spéciales pour lui.Le vendredi matin, à 9 heures. Premier arrêt au 26, rue Marbeuf, atelier Berluti, marque qu'il gère personnellement. Dans un appartement au 3ème étage, les bottiers expliquent comment sont fabriquées des chaussures sur mesure. Chaque pièce correspond à une étape: mesurer le pied, choisir le cuir, faire la forme, mettre en place la tige … Les premiers visiteurs sont déjà là. Antoine Arnault tient à ne pas perturber leur parcours. Une jeune femme applique la patine qui donne son aspect fini aux chaussures. "Ah, la patine de Berluti, souvent copiée mais jamais égale", s'exclame 3000 personnes du groupe mobilisé. Direction le magasin historique Guerlain sur les Champs-Élysées ou le "nez" Thierry Wasser, créateur du parfum La petite robe noire , raconte son travail à un groupe de femmes captivées. Dans une pièce, deux "dames de table" avancent sous nos yeux vers les flasques "barbichage": un travail de décoration manuel à base de bobines de fils qui nécessite deux ans de formation.Sur le chemin de la Place Vendôme, où il est attendu à Chaumet, Antoine Arnault ne cache pas un souci mineur. "Les premières heures sont toujours assez stressantes", raconte-t-il. "La première année, j'ai été rapidement rassurée par les queues qui s'étaient formées avant l'ouverture de nos sites. Rappelez-vous qu'une vieille dame de Toulouse a attendu patiemment pendant des heures réaliser son rêve, voir l’atelier Christian Dior. "Organiser un tel événement à un prix, gardé secret. L'investissement est en millions d'euros, même si les 3 000 personnes du groupe mobilisées pour accueillir le public sont des volontaires et des volontaires. "Chez LVMH, nous avons une obligation de réussite, une obligation de résultat, suppose Antoine Arnault. En 2016, nous avions 150 000 visiteurs, nous visons cette fois le chiffre de 175 000." Bonne nouvelle, dès vendredi matin, il y a déjà une foule à Chaumet pour découvrir les secrets des plus beaux diamants. "Il est important que notre groupe ne soit pas associé à des chiffres" vendredi à 15h30. Nous commençons la tournée des grandes marques de champagne du groupe avec Dom Pérignon. Le temps est superbe, la vue sur les vignes de la montagne de Reims à couper le souffle. Dans un bâtiment éloigné, un quatuor à cordes joue Bartók et Jenkins. Idyllique.
"J'ai eu l'idée de" journées privées "en regardant un reportage sur les journées du patrimoine, assure Antoine Arnault dans sa voiture, en route pour Epernay. Il est important que notre groupe ne soit pas associé uniquement à des chiffres, mais à des résultats économiques." il vend l'idée en interne? "J'ai d'abord préparé une note pour les membres du Comex", se souvient-il, "puis je suis allé voir mon père et il n'a pas été gagné, car il peut parfois me renvoyer dans les cordes. Un week-end et a dit oui."
Moët, Krug, Ruinart, les visites se succèdent jusqu'au dîner organisé à Reims par Jean-Marc Gallot, président de Veuve Clicquot. La table et les bouteilles sont bonnes. Heureusement ce sont des chauffeurs qui nous ramènent à Paris.
Samedi 10 heures, Antoine Arnault accueille son père devant les salons de haute couture de Givenchy, en bas de l’avenue Georges-V. Les deux hommes parlent séparément avant d'accueillir Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. Le fils de Maxime Antoine, âgé de 4 ans et demi, est arrivé avec sa mère, la modèle Natalia Vodianova, se jette dans les bras de son grand-père dont le visage s'illumine soudainement. La créatrice de mode redoutée Suzy Menkes, âgée de 75 ans, est au centre de toutes les attentions.
Deux hauts lieux de LVMH attendent la petite troupe, Christian Dior, avenue Montaigne, où Bernard Arnault passe beaucoup de temps à parler avec les couturières, et l'atelier Louis Vuitton à Asnières, où la jeunesse des maquettistes bat son plein. La maison embauche. Ce dernier endroit est déjà complet pour la journée. Temps d'attente avant d'entrer: environ quatre heures. Ce samedi soir, Antoine Arnault était bien parti pour remporter son pari.

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