limiter les effets néfastes du surpoids

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INFOGRAPHIE – L'excès de poids est un facteur de risque majeur pour l'arthrose du genou, la destruction du cartilage qui touche 10% des plus de 50 ans.

Rien de plus banal qu'un genou douloureux. Avant 50 ans, il est le plus souvent dû à un ménisque, deux amortisseurs cartilagineux de l'articulation pouvant être fissurés par un traumatisme. Mais plus tard, c'est neuf fois sur dix la destruction du cartilage articulaire, ou gonarthrose, ce qui est en cause: 10% des plus de 50 ans, soit 5 millions de personnes en France, souffrent de gonarthrose et 30% entre 65 et 75 ans.

L'examen clinique est essentiel pour le diagnostic. "Une douleur constante dès que vous utilisez votre genou conduit à une arthrose du genou que la radiographie du genou suffit à confirmer", déclare Pr Pascal Richette, rhumatologue à l'hôpital Lariboisière (Paris). Un genou enflé, douloureux la nuit et le matin, qui s'améliore ensuite, s'oriente plutôt vers une pathologie inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde, goutte …) qui confirmera l'analyse de la ponction du liquide synovial. "Un genou instable sans réelle douleur indique plutôt une pathologie ligamentaire.

Principaux facteurs de risque pour l'arthrose du genou, le vieillissement, les traumatismes du genou, mais surtout le surpoids. Selon une méta-analyse récente, l'excès de poids double le risque d'arthrose du genou et d'obésité de 2,5. On parle même d'arthrose métabolique. "En plus de la surcharge mécanique due au surpoids au genou, on suspecte un effet d'inflammation de bas grade associé à l'obésité. Ainsi, plus le surpoids augmente, plus l'incidence de l'arthrose des mains augmente malgré l'absence de stress mécanique", a déclaré le pr Jérémie Sellam, rhumatologue à l'hôpital Cochin (Paris). De plus, les maladies métaboliques associées à l'obésité (diabète, hypertension, syndrome métabolique…), confèrent un risque d'arthrose du genou ajouté à celui de l'obésité seule. "Cette hypothèse est toujours discutée, le stress mécanique restant pour certains le principal problème de surpoids.

Quand la douleur apparaît, c'est déjà très tard: la destruction du cartilage, peu vascularisée, peu innervée et qui régénère peu, a déjà commencé. "Certains patients très affectés devront porter une prothèse dans cinq à dix ans. D'autres garderont une douleur modérée tout le temps. D'autres auront une très mauvaise période, puis la douleur diminuera … Mais l'intensité de la douleur est un marqueur de rapidité d'aggravation ", explique le Pr Richette

Dans ses toutes nouvelles recommandations, la Société française de rhumatologie insiste sur le fait que la gestion des médicaments doit être personnalisée et réévaluée régulièrement, et que des mesures non pharmacologiques doivent être incluses.

"Une perte de poids de 10% a déjà un effet notable sur la douleur et probablement sur la dégradation du cartilage"

Professeur Jérémie Sellam, rhumatologue à l'hôpital de Cochin (Paris)

En cas de surpoids ou d'obésité, la perte de poids est un élément essentiel du traitement, de même que la lutte contre le style de vie sédentaire. "Une perte de poids de 10% a déjà un effet notable sur la douleur et probablement sur la dégradation du cartilage. La chirurgie bariatrique peut être envisagée, par exemple si une personne souffrant d'obésité sévère a une douleur au genou telle qu'elle ne quitte plus son domicile, insiste ler Sellam. L'arthrose douloureuse affecte non seulement la qualité de la vie, mais aussi sa durée en raison des maladies métaboliques associées au mode de vie sédentaire résultant de la douleur. "

Lorsque cette douleur devient trop forte, la pose d'une prothèse peut être nécessaire. En France, 80 000 à 90 000 prothèses de genou sont implantées chaque année. Selon une étude récente, le nombre de personnes interrogées aux États-Unis devrait doubler d'ici 2030 et quadrupler d'ici 2040. Une tendance susceptible d'être globale … La prothèse peut être partielle (seule la partie lésée est retirée) ou totale . "Avec la prothèse partielle, l'intervention et la récupération sont plus rapides, le risque de complications moins important. Mais le geste est plus délicat et le risque d'échec plus grand: 10% d'entre eux doivent être réopérés dans les dix ans, contre 5% du total des prothèses, explique le Pr Jean-Yves Jenny, chirurgien orthopédiste à l'hôpital universitaire de Strasbourg. La prothèse partielle préserve également mieux les ligaments, qui participent à la proprioception du genou. "

Les patients opérés le matin sont parfois parfois levés l’après-midi grâce aux protocoles de récupération accélérée après la chirurgie. "Dans mon département, nous sommes même un tiers de ces interventions en ambulatoire", explique le chirurgien. La réadaptation peut être limitée à la reprise des activités normales.

Les infections et les événements thromboemboliques sont rares (moins de 1%). Mais certains patients peuvent garder la douleur. "Le résultat n'est pas aussi parfait que dans la prothèse de hanche, dont 70% des opérateurs oublient la présence, contre 30% seulement pour la prothèse du genou, l'articulation est plus complexe." Des résultats qui devraient améliorer la personnalisation croissante de ces prothèses …


"Moins je bouge, plus j'ai mal"

La douleur ne me laisse aucun répit. La nuit, je dois mettre un coussin entre mes genoux pour pouvoir dormir. "À 61 ans, Claude souffrait d'arthrose aux deux genoux depuis sept ans. Pas de problème de surpoids dans son cas, mais un terrain familial favorable: sa mère et ses deux soeurs sont touchées.

«Cela a commencé par une douleur dans le creux du genou. Ce n’est que deux ans plus tard, lorsque la douleur s’est accrue et qu’il se situait devant et sur le côté du genou, on a parlé d’une arthrose au genou confirmée par la radio. "Cela affecte l'articulation de la rotule du fémur. "Il m'est de plus en plus pénible de monter et de descendre les escaliers et de marcher." Claude a également besoin d’un temps de repos après un réveil prolongé. "Quand je me lève, j'ai une horrible sensation d'être paralysée pendant une minute ou deux …"

Côté médicaments, le paracétamol soulage à peine. Elle prend aussi des anti-inflammatoires "mais très peu, à cause des effets secondaires, même si cela soulage beaucoup de douleur …". Après avoir été suivi par le rhumatologue, Claude est dirigé vers l’hôpital de Cochin. "On m'a fait un lavage intra-articulaire avec des injections de corticostéroïdes, qui m'ont bien soulagée, puis plusieurs injections intra-articulaires d'acide hyaluronique qui n'ont pas eu beaucoup d'effet." La douleur a également provoqué une boiterie. Comme l'articulation est déformée, une ostéotomie (section de l'os, récupération et maintien de cette correction, Ed) est pratiquée pour la corriger, "mais cela n'a aucun effet sur la douleur".

"Je suis très actif, et c’est ce qui me fait avancer. Mais la douleur chronique finit par être déprimante, en utilisant

Claude

Cependant, Claude refuse l'inaction. "Je vis, je bouge même si je boitais. Je porte des semelles, des genouillères pour marcher longtemps, parfois je prends une canne … Le pire, ce sont les transports publics. Heureusement, je conduis toujours, même si j'ai parfois du mal à me procurer dans ma voiture. "Professeur, Claude a dû abandonner la crèche qu'elle adorait pour postuler à un emploi dans le primaire, moins dur physiquement. Elle n’a pas été là depuis longtemps, ne peut pas faire les longues randonnées qu’elle aimait, mais continue à aller à la piscine toutes les semaines. Membre de l'Association française de lutte antirhumatismale (Aflar), elle a même suivi une formation pour animer des séances d'éducation thérapeutique. "Mieux comprendre la maladie, être actrice et souffrir moins."

"En fait, moins je bouge, plus je ressens de douleur. Bouger me soulage", explique-t-elle. "Je suis très actif, et c'est ce qui me permet de continuer. Mais la douleur chronique finit par être déprimante en utilisant." Claude a donc opté pour la prothèse. "D'abord sur le genou droit, en novembre prochain, puis le second suivra." Son conseil? "Utiliser tous les moyens disponibles pour souffrir moins, avoir un mode de vie sain, bouger, bouger …"


Feu n'importe quel bois contre la douleur

En l'absence de traitement curatif, la prise en charge de l'arthrose du genou doit combiner tous les moyens pour réduire la douleur et limiter son aggravation.

Aucun médicament ne peut guérir ou ralentir la progression de l'arthrose du genou à ce jour, mais il aide à lutter contre la douleur. "Le paracétamol n'est pas très efficace. Les opioïdes faibles (tramadol, lamaline, codéine), assez efficaces, ne sont pas toujours bien tolérés. Les anti-inflammatoires sont parfois contre-indiqués", déclare Pr Richette Les gels anti-inflammatoires topiques sur la zone douloureuse, en particulier la nuit, sont efficaces et sans effets secondaires.

Alternativement, des infiltrations de cortisone ou d'acide hyaluronique (qui ont été enlevées) dans l'articulation du genou. Les injections intra-articulaires d'anticorps anti-TNF ou anti-interleukine-1, actifs dans le rhumatisme inflammatoire, n'ont aucun effet sur l'arthrose du genou. Celles du PRP (plasma riche en plaquettes) n’ont pas fait l’objet d’une évaluation convaincante. "Les anticorps anti-NGF sont prometteurs contre la douleur, mais sans aucune action sur le processus. D'autres molécules testées, telles que les inhibiteurs de Wnt ou la sprifermine, pourraient avoir un effet protecteur sur le cartilage", explique le rhumatologue.

"La prescription d'une genouillère, qui possède des propriétés antalgiques, des orthèses, des semelles absorbant les chocs …"

Pr Rannou, spécialiste en médecine physique et réadaptation à l'hôpital de Cochin et chercheur à l'Inserm

La prise en charge non pharmacologique doit d’abord porter sur le genou. "Il peut passer par la prescription d'un genou, qui a des vertus antalgiques, des orthèses, des semelles amortissantes … à chaque fois, on gagne un peu sur la douleur, dit le Pr Rannou, spécialiste en médecine physique et en réadaptation à l'hôpital de Cochin et chercheur à l'Inserm. La physiothérapie cherchera à renforcer les muscles qui stabilisent l'articulation, ceux qui s'opposent à l'hyperpression sur la partie douloureuse du genou et à travailler sur la proprioception, le schéma corporel, pour contrebalancer les circuits de la douleur chronique. Mais il n'y a pas de place pour la manipulation ostéopathique! "

Un autre aspect majeur des soins, la lutte contre la sédentarité: "Marcher, faire du vélo, nager … L’activité physique, l’amélioration de la forme, réduit la douleur. Mais il faut éviter les sports pivots comme le tennis, le football, le rugby, plus traumatisants, "Avec un aspect particulier, les aînés de 60 ans qui veulent reprendre le sport:" C est de plus en plus possible. Nous testons même un exosquelette du genou qui permettrait aux patients de skier à nouveau! " médecin.

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