L’hommage au combat pour la liberté de Samuel Paty

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Nous avons tous, ancré dans nos cœurs, dans nos mémoires, le souvenir d’un professeur qui a changé le cours de nos existences. Samuel Paty était de ceux-là. De ces professeurs qu’on n’oublie pas.

Les mots d’Emmanuel Macron, d’abord adressés à la famille et aux amis de l’enseignant assassiné vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), sont forts et justes. L’hommage national organisé mercredi 21 octobre à la Sorbonne pour celui qui aimait passionnément enseigner, […] transmettre à ses élèves, à ses proches, la passion du savoir, le goût de la liberté , a démarré par la remise de la Légion d’honneur, à titre posthume. Il a également été fait commandeur des palmes académiques, reconnaissance emblématique du monde de l’Éducation, avant que son cercueil, porté par les gardes républicains, n’arrive dans la cour d’honneur, au son de Un, célèbre titre du groupe U2.

Texte de Jean Jaurès

En raison de la crise sanitaire, seulement 400 invités, proches, professeurs, élèves, représentants d’institutions et politiques, ont pu assister à la cérémonie. Courte et solennelle, ponctuée de lectures émouvantes, à commencer par un célèbre texte de Jean Jaurès, publié en 1888, rédigé à l’intention des institutrices et instituteurs de France.

Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie , commence à lire un enseignant. Une autre, après lui, déclame le poème À Samuel, écrit par le chanteur Gauvain Sers, horrifié par l’attentat. Il se termine par ces mots : « Paraît qu’on s’habitue / aux horreurs qu’on vit là / Mais l’innocent qu’on tue / Je ne m’habitue pas ».

Message aux enseignants

Dans le silence de la cour d’honneur monte la clameur des applaudissements de la foule massée à l’extérieur de l’université. La lecture de la lettre écrite par Albert Camus à son premier instituteur, Louis Germain, lorsque l’écrivain reçu le Prix Nobel de littérature, en 1957, pour remercier celui sans qui rien de tout cela ne serait arrivé est saluée de même. Comme toutes les interventions.

La dernière, le discours du chef de l’État, raisonnera longtemps. Au-delà de l’émotion et de la compassion, il a aussi permis à Emmanuel Macron d’adresser une série de messages à tous les enseignants de France. Faire des républicains, c’était le combat de Samuel Paty, souligne-t-il. Et si cette tâche aujourd’hui peut paraître titanesque, notamment là où la violence, l’intimidation, parfois la résignation prennent le dessus, elle est plus essentielle, plus actuelle que jamais.

« Nous continuerons, professeur »

Le Président poursuit en promettant de redonner aux professeurs le pouvoir de faire des républicains , tout comme la place et l’autorité qui leur reviennent , en les formant et les considérant. Nous les soutiendrons, nous les protégerons autant qu’il le faudra, dans l’école, comme hors de l’école,martèle-t-il. Les pressions, l’abus d’ignorance et d’obéissance que certains voudraient instaurer, n’ont pas leur place chez nous.

Ultime promesse d’Emmanuel Macron, cette fois directement à Samuel Paty : Nous continuerons, professeur. Nous défendrons la liberté que vous enseigniez si bien et nous porterons haut la laïcité. Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent. […] Nous continuerons ce combat pour la liberté et pour la raison, dont vous êtes désormais le visage. Parce que nous vous le devons, parce que nous nous le devons, parce qu’en France, professeur, les lumières ne s’éteignent jamais.

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