Les forces turques «entourent» la ville kurde syrienne

Les forces turques «entourent» la ville kurde syrienne

Des civils syriens traversent Ain Dara dans la région d’Afrin, dans le nord de la Syrie, alors qu’ils fuient la ville d’Afrin le 12 mars 2018 au milieu de batailles entre les forces soutenues par la Turquie et les combattants kurdes

La Turquie a déclaré mardi que son armée et ses rebelles alliés avaient encerclé la ville kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie, laissant entrevoir la perspective d’un nouveau siège dévastateur dans le long conflit du pays.
Alors que la guerre en Syrie entre dans sa huitième année cette semaine, les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, notamment autour d’Afrin et dans la Ghouta orientale près de Damas, où des préparatifs étaient en cours mardi pour l’évacuation des civils blessés.
Alors que l’attention s’est focalisée ces dernières semaines sur un assaut féroce du régime contre la Ghouta tenue par les rebelles, dans le nord de la Syrie, les forces turques et les rebelles syriens alliés ont avancé dans leur offensive contre l’enclave kurde d’Afrin.
Dans un communiqué publié mardi, l’armée turque a déclaré avoir bouclé l’encerclement de la ville d’Afrin, qui abrite quelque 350 000 personnes et est défendue par une milice kurde bien armée, les Unités de protection du peuple (YPG).
L’armée turque n’a fourni aucun autre détail.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme, un observateur basé en Grande-Bretagne, a déclaré que les forces turques avaient de facto encerclé la zone en se déplaçant à l’intérieur du champ de tir de la dernière route menant à des zones contrôlées par le régime. Il a déclaré que la zone comprenait quelque 90 villages à l’ouest de la ville d’Afrin.
Les environs de la ville d’Afrin constitueraient une étape clé dans l’opération “Olive Branch” de la Turquie, lancée le 20 janvier et visant à évincer YPG, un partenaire clé de la coalition menée par les Etats-Unis contre le groupe État islamique.
Ankara considère les YPG comme un groupe terroriste et une branche de militants en Turquie qui ont mené une insurrection pendant des décennies.
Des centaines de civils ont été vus fuyant la ville d’Afrin lundi vers des zones contrôlées par les forces pro-régime syriennes.

La tragédie humaine en Syrie

Reste à savoir quelle sera la prochaine étape pour la Turquie, certains analystes suggérant qu’elle se contentera d’assiéger Afrin pendant un certain temps et de permettre aux civils de partir pour éviter une offensive à haut risque.
Les forces loyales au président Bachar al-Assad ont, quant à elles, lancé un assaut pour reprendre l’enclave de la Ghouta orientale, la dernière forteresse rebelle proche de Damas.
– Les évacuations de Ghouta sont attendues –
Depuis son lancement le 18 février, les forces pro-régime ont repris près de 60% de l’enclave, ramenant le territoire rebelle à trois poches isolées.
Soutenu par la Russie, l’avancée a frappé la Ghouta orientale avec des frappes aériennes, des tirs d’artillerie et de roquettes, soulevant une inquiétude internationale généralisée et provoquant des appels urgents pour un cessez-le-feu.

Fumée à Zamalka, dans l’enclave rebelle syrienne de la Ghouta orientale à la périphérie de Damas, lors d’un bombardement par les forces gouvernementales syriennes le 12 mars 2018

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution le mois dernier appelant à un cessez-le-feu de 30 jours pour permettre des livraisons d’aide et des évacuations médicales de l’enclave, mais les deux ont été sporadiques.
Le Croissant-Rouge se préparait mardi à évacuer plus de personnes ayant désespérément besoin de soins médicaux grâce à un corridor humanitaire établi par le régime et son allié la Russie.
La faction rebelle contrôlant la ville principale de Douala, Jaish al-Islam, a déclaré qu’un groupe de “cas médicaux critiques” serait évacué mardi à travers le checkpoint de Wafideen au bord de l’enclave.
Un journaliste de l’AFP au poste de contrôle a vu des ambulances du Croissant-Rouge arabe syrien en attente.
Une source militaire au checkpoint a confirmé “l’évacuation aujourd’hui de blessés et de graves cas médicaux avec un certain nombre de civils”.
Plus de 1 180 civils ont été tués depuis que l’attaque a été lancée sur la Ghouta orientale, où vivent 400 000 personnes qui vivent sous un siège gouvernemental paralysant depuis 2013.
Les efforts internationaux pour mettre fin à l’offensive ont largement échoué. Les Etats-Unis ont présenté un nouveau projet de résolution au Conseil de sécurité lundi, alors que la France a exhorté la Russie à faire pression sur Damas pour mettre fin à ce que son envoyé de l’ONU a appelé un “bain de sang”.
Le conflit syrien a éclaté en mars 2011 avec des manifestations pacifiques contre Assad, mais une répression du régime a ouvert la voie à une guerre à part entière.
Au moins 353.935 personnes sont mortes depuis, dont plus de 106.000 civils, selon l’Observatoire.

Les rebelles syriens soutenus par la Turquie font un geste alors qu’ils descendent une route dans la région de Hallubi, au nord d’Afrin, le 8 mars 2018

Grâce en grande partie au soutien militaire et diplomatique russe, les forces d’Assad ont réussi à reprendre la plus grande partie du territoire saisi par les combattants de l’opposition pendant le conflit.
Les troupes syriennes ont utilisé des tactiques de siège dans plusieurs zones, scellant le territoire tenu par les rebelles et pressant une opération militaire avant d’obtenir un accord d’évacuation.
Le gouvernement aurait entamé des négociations séparées sur les trois poches de la Ghouta orientale tenues par les rebelles, centrées sur des trêves locales ou des accords d’évacuation potentiels pour les rebelles et les civils.
Les forces de l’opposition ont nié avoir eu des entretiens avec le régime.
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