Les actionnaires de Bayer renient la direction après le rachat de Monsanto

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Une petite majorité d'entre eux (55,5%) a rejeté "les actions du conseil d'administration" du groupe, alors que l'annuaire avait reçu l'approbation de 97% l'an dernier. Un redressement dû à la prise de contrôle de Monsanto. L'opération soulève des divergences d'opinion entre les actionnaires.

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Plus de la moitié des actionnaires du groupe chimique Bayer n’ont manifestement pas apprécié l’acquisition de Monsanto en juin 2018. Une assemblée générale rejetée à 55,5% "les actions du répertoire" Dirigé par le patron Werner Baumann, vendredi 26 avril. Ce vote n’a pas de conséquence claire dans les statuts du groupe, mais il contraste nettement avec le plébiscite accordé à la direction l’année dernière, avec une approbation de 97%.

Entourée de plusieurs centaines de manifestants environnementaux, l’assemblée générale du groupe s’est tenue à Bonn (Allemagne) dans un climat inhabituellement orageux, la chute du cours de l’action alimentant 13 heures de débat.

La police est confrontée aux vendredis pour les militants de Future le vendredi 26 avril 2019 à Bonn, en Allemagne, en marge d'une réunion générale du groupe chimique allemand Bayer. (OLIVER BERG / DPA / AFP)

Werner Baumann a une nouvelle fois défendu son pari historique de dépenser 63 milliards de dollars pour acquérir le géant américain GMO et OGM Monsanto, après deux ans d’efforts pour convaincre les autorités de la concurrence. À long terme, Bayer mise sur le soutien croissant de la chimie à l'agriculture pour nourrir une population mondiale croissante, alors que le changement climatique perturbe déjà les terres arables.

Mais la lune de miel des deux groupes a coïncidé avec deux condamnations bien connues aux États-Unis autour de l'herbicide au glyphosate de Monsanto, RoundUp, qui a ouvert la voie à 13 400 applications similaires. "La direction de Bayer a totalement sous-estimé les risques juridiques de son accord avec Monsanto", a notamment critiqué Janne Werning du Union Investment Fund, cité par l’agence allemande DPA.

Les investisseurs ont été alarmés par la chute de près de 40% du cours de l’action de Bayer depuis l’acquisition de Monsanto, alors que les problèmes juridiques pour la nouvelle entité s’accumulaient. Depuis son effondrement des marchés boursiers, l'inventeur de l'aspirine a une valeur de plus de 57 milliards d'euros, soit un peu plus que le prix convenu pour avaler sa cible. L'année dernière "était un cauchemar pour les actionnaires" et "la bourse nous promet des nuits blanches"a déclaré Mark Tümmler de la DSW Investors Federation.

Bayer espère que les cours d'appel saisies dans les deux premières affaires américaines "va prendre des décisions différentes", "basé sur l'analyse scientifique et non sur l'émotion", a plaidé le chef. Le groupe allemand martèle depuis l'été dernier qu'aucun régulateur dans le monde n'a conclu à la dangerosité du glyphosate depuis sa commercialisation au milieu des années 1970, et avance "800 études rigoureuses" sur ses effets. Le Centre international de recherche sur le cancer, une branche de l'OMS, a estimé en 2015 que le glyphosate était "probablement cancérigène", ainsi que les jurés californiens qui ont condamné Monsanto.

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