L’économie française résiste mieux que ses voisins en partie grâce aux "mesures de la jaquette jaune"

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L'économie française montre une bonne résistance, selon la Banque de France, qui publie jeudi ses prévisions pour les trois prochaines années. Avec le ralentissement de l'économie mondiale, la croissance de la France devrait se situer entre 1,4% et 1,5% entre 2019 et 2021.

Ces prévisions ne sont pas aussi bonnes que les précédentes, l'institut monétaire comptait sur 1,6% cette année et 1,7% sur les suivants. Mais les performances tricolores restent meilleures que celles des autres pays européens. La BCE et l’OCDE prévoient à peine plus de 1% de croissance pour la zone euro, l’Allemagne devrait en faire moins et l’Italie est en récession technique (depuis au moins deux trimestres consécutifs la baisse du PIB, le NDLR).

Certes, ces niveaux sont bien inférieurs à ceux de 2017, lorsque la France avait connu une sorte de "mini-boom". En 2018, l'activité a ralenti presque continuellement tout au long de l'année, mais cette tendance semble être terminée, suggérant qu '"une bonne partie du ralentissement est déjà derrière nous", analyse Olivier Garnier, directeur général de la statistique et des études économiques à la Banque. de France.

La France est moins exposée aux aléas du commerce international

Pourquoi la France fait-elle mieux que les autres? Sur le plan extérieur, l’économie tricolore ne fait pas exception à la règle et subit le grand coup de frein du commerce international – qui peut aussi être un peu plus fort que prévu, c’est pourquoi la Banque de France prévoit une croissance de 1,4% cette année, contre 1,5% % dans son estimation précédente.

Mais comparé à d’autres économies, l’ampleur de ce choc est relativement faible. Tout simplement parce que les entreprises françaises exportent autant vers les pays de l’Union européenne que vers le reste du monde. Cependant, c’est surtout dans les pays tiers, comme la Chine, que la demande est en baisse. À l'inverse, l'économie allemande est plus ouverte, exportant beaucoup plus vers le reste du monde et subissant par conséquent un choc plus violent, la croissance devrait donc ralentir davantage cette année.

"Le plus grand gain de pouvoir d'achat depuis 2007"

Ces effets négatifs seront compensés sur le marché intérieur par la forte augmentation du pouvoir d'achat, ce qui devrait stimuler la consommation. Les 10 milliards d'euros de "mesures d'urgence économiques et sociales" publiés par Emmanuel Macron en décembre pour faire face à la crise des vestes jaunes, généreront une augmentation de 0,7 point du revenu disponible. "Il s'agit du plus important gain de pouvoir d'achat depuis 2007", a déclaré Olivier Garnier. L'augmentation des salaires par habitant sera plus soutenue, passant de 1,9% en 2018 à 2,3% cette année. À l'inverse, l'inflation devrait tomber de 2,1% à 1,3% sur la même période, grâce à la chute des prix du pétrole.

"La combinaison de ces effets entre accélération des salaires, baisse de l'inflation et mesures d'urgence contribue à cette augmentation du pouvoir d'achat", résume Olivier Garnier.

Toute la question est de savoir ce que les Français vont faire de cet argent. La Banque de France part du principe qu’elles «adouciront» leur consommation, c’est-à-dire qu’elles mettront une partie de cet argent en plus et la dépenseront au fur et à mesure. Les effets de la hausse du pouvoir d'achat devraient donc s'étendre sur cette année et la suivante. Au total, l’institut monétaire estime à 2019 et 2020 l’impact des mesures «vestes jaunes», avec un impact sur le PIB de plus de 0,3 point de PIB, l’essentiel de ce gain étant pour cette année.

Chômage à 8% en deux ans

Ces prévisions dépendent évidemment de certaines conditions. L’environnement international est rempli d’incertitudes: entre l’issue du Brexit, la guerre commerciale et l’ampleur du ralentissement des économies émergentes, notamment de la Chine. Et puis, il faudra que les Français dépensent effectivement leurs gains de pouvoir d’achat et cela dépend de la confiance. Si un événement les rend prudents et les incite à épargner, les gains de pouvoir d'achat ne se traduiront pas, ou du moins dans une moindre mesure, en croissance économique.

Si tout se passe comme prévu, cette résistance de l'économie française est une bonne nouvelle pour l'emploi. La croissance augmentant plus vite que le taux de croissance de la France, le chômage continuera de baisser. Il devrait passer de 9,1% en 2018 à 8% en 2021. Emmanuel Macron ne sera toujours pas promis de ramener ce taux à 7% d'ici la fin du quinquennat.

Ne pas "différer" la diminution de la dette

Du côté des finances publiques, le déficit s'élèvera à 3,2% en 2019. Mais cet excès est exceptionnel, car il s'agit cette année du CICE, sans lequel le déficit serait de 2,3% (moins que 2017) mesures "gilets jaunes". Le déficit devrait normalement être inférieur à 2% d'ici 2021. Quant à la dette publique, elle ne devrait pas dépasser le seuil symbolique de 100% du PIB, mais sa diminution est reportée à 2020 au lieu de cette année.

"Nous devons utiliser ce contexte plutôt favorable en termes de croissance et de taux d'intérêt pour" réduire la dette publique et la ramener progressivement à 60% du PIB, a déclaré Olivier Garnier de la Banque de France. "Nous devons absolument poursuivre nos efforts pour contrôler les dépenses et réduire le déficit public et ne pas utiliser le contexte actuel pour différer cet ajustement."

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