le tour de vis de la Ville

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Elle avançait masquée, la crise sanitaire tombe aujourd’hui le… masque. Le rapport (et non plus débat) d’orientation budgétaire , introduit lundi soir en conseil municipal par l’adjoint aux finances Jean-Charles Louis, se teinte, pour la première fois sous l’ère Cuny, d’une note rougeoyante.

L’an de disgrâce 2020 laissait déjà transparaître un très net ralentissement de la capacité d’autofinancement de la Ville en se concluant sur un modeste résultat positif de 35 000 €. Une tendance qui s’aggrave en 2021 : cette précieuse capacité d’autofinancement bascule « en territoire négatif » à hauteur de 300 000 €. Baisse des recettes, hausse des dépenses (nettoyage des écoles, primes Covid, achat de masques et de gel, etc.) : les motifs de cette plongée en eaux troubles sont connus. À cela, il convient d’ajouter la contraction d’un emprunt Covid d’un montant de 1,4 M€ que la majorité s’engage à solder avant la fin du mandat. « Nous devons retrouver une épargne nette positive, fixe comme cap Jean-Charles Louis. Et pour cela, il faut diminuer la dépense. »

28 M€ de masse salariale

Pour y parvenir, la majorité municipale entend agir sur les charges de personnel lesquelles, avec 28M€, représentent 58 % du chapitre fonctionnement : « Tous les départs ne seront pas systématiquement remplacés, prévient l’élu. Nous travaillons avec les services sur une réorganisation. » La mesure vise à réduire, en moyenne, cette masse salariale de 1 % par an.

Cet objectif comptable, pas franchement du goût de l’opposition (lire par ailleurs), est assumé par Emmanuel Bertin. L’adjoint municipal en charge de l’éducation et des ressources humaines détaille le mécanisme : « Oui, nous souhaitons accompagner la montée en compétences et ce n’est pas un gros mot. Oui, nous souhaitons développer la polyvalence et ce n’est pas un gros mot non plus. Rassurez-vous, nous ne voulons pas faire d’un maçon un ingénieur. » Par contre, il serait possible pour une Atsem de devenir chef du service scolaire : « C’est le cas parce qu’elle en a les compétences, poursuit l’élu. Avec 20 départs à la retraite programmés par an, nous nous poserons la question sur l’opportunité de tous les remplacer. Et cela ne concerne pas que les personnels de catégorie C comme j’ai pu l’entendre. La preuve, on ne remplacera pas un membre du conseil d’administration ces prochains mois. »

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Autre piste explorée pour compenser cette réduction d’effectif : la mise en conformité de la Ville avec une loi datant de… 2001. Celle-ci dispose d’un plancher et d’un plafond de 1607 heures annuelles de temps de travail pour les agents de la fonction publique. Alors qu’à Thionville, un agent effectue en moyenne entre 1520 et 1530 heures par an, « nous devons parvenir à une solution acceptable car dans les faits, nous sommes astreints à cette obligation au 1est janvier 2022. »

1,3 M€ de fonds propres : « On maintient la subvention ? »

Trois millions d’euros de subventionnement direct et trois autres millions de frais annexes : où le coût de fonctionnement annuel du monde associatif thionvillois. « Pour une ville de notre strate, le ratio doit être le plus élevé de France », observe Pierre Cuny. Le projet de revoir le montant du subventionnement de « certaines associations, au cas par cas, afin de réévaluer les besoins au plus près de la réalité », était déjà amorcé par le maire avant même la pandémie.

La crise sanitaire n’aura finalement joué qu’un simple rôle d’accélérateur. Il s’en explique en prenant un exemple saisissant : « Est-ce bien responsable de maintenir en l’état la subvention d’une association qui détient 1,2 M€ de fonds propres ? La question se pose également pour d’autres associations qui perçoivent nos subventions avant de les redonner aux adhérents pour qu’ils payent moins cher leur licence. On ne crée pas une association pour avoir de l’argent public. » Ce sont ces acteurs du monde associatif – d’ailleurs pas franchement en phase avec une législation qui prohibe, dans leur cas la détention de plus de six mois de trésorerie – qui sont visés par une potentielle diminution des subsides municipaux : « Pour ces associations, une baisse de l’ordre de 5 à 10 % ne changera pas le cours de leur existence ». Par contre, pour les comptes de la Ville, le bénéfice s’annonce réel…

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