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Le STC, syndicat nationaliste : “Une autonomie en Corse doit garantir de réelles avancées sociales”

Le STC compte faire entendre “la voix des travailleurs” dans les négociations entre les élus corses et l’État sur une éventuelle évolution institutionnelle. À l’aube du processus, le syndicat nationaliste revendique une place à la table des discussions et veut jouer le rôle de “garde-fou”

“Le 12 mai dernier, nous prenions position pour défendre une autre vision économique et sociale de la Corse. Plusieurs mois sont passés et la situation n’a pas évolué. Nous sommes là pour réitérer cette exigence.'” Jean Brignole plante le décor.

Entouré de militants et de responsables du SCce jeudi matin à la Maison des syndicats, à Bastia, le secrétaire général du syndicat nationaliste n’y va pas par quatre chemins. À l’aube d’une rentrée sociale mouvementée et des négociations à peine ouvertes entre les élus insulaires et le gouvernement sur une éventuelle évolution institutionnelle de l’île vers un statut d’autonomie, le STC n’entend pas rester en retrait.

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“En 2002, lors des accords de Matignon, qui avaient entériné le précédent statut, le volet social avait été délibérément écartéconsidère Jean Brignole. Vingt ans après, la Corse, région la plus pauvre de France, fait toujours face à une précarité galopante avec 75 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté, et des atteintes permanentes au droit social et au droit du travail. Il ne pourra pas y avoir de règlement politique sans accompagnement social.” Le STC veut faire entendre “la voix des travailleurs” qui ne doivent pas être, à ses yeux, les laissés-pour-compte de ce processus.

Un contexte social (très) tendu

La première organisation syndicale de salariés de Corse, forte de 7 500 adhérents, n’en reste pas moins amère de ne pas être à la table des discussions, à l’heure où celles-ci s’intéressent notamment au modèle économique et social de l’île. “Les organisations syndicales ont toutes leur place dans ces négociations, et en particulier la nôtreappuie le chef de file du STC. Or, à ce jour, le ”Monsieur Corse” du gouvernement n’a pas daigné nous rencontrer pour discuter de notre vision de ce que pourrait être l’évolution institutionnelle. Nous sommes une force de propositions et il est regrettable que nos élus, dans la majorité comme dans l’opposition territoriale, n’en aient pas pris conscience.”

Difficultés d’accès au logement, situations monopolistiques, “décorsisation des emplois”, captation des richesses par une minorité, inflation, réforme des retraites tendue… l’organisation dépeint un contexte social écarlate.

D’autant plus inquiétant, estime-t-elle, que le patronat insulaire ne semble pas disposé à faire des efforts. “Le refus de deux organisations patronales de ratifier un véritable accord pour une indemnité de trajet de 300 euros annuels a été une gifle pour les travailleurstonne Jean Brignole. Dès lors, on voit mal comment pourraient être déployées dans ces entreprises la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat ou des augmentations de salaires. Il est donc absolument nécessaire d’imposer des contreparties sociales pour chaque aide aux entreprises.”

“Mettre le pied en travers de la porte”

Aux yeux du syndicat, les évolutions institutionnelles devraient permettre de légiférer dans plusieurs domaines permettant des “avancées sociales”. Par exemple, l’instauration d’un salaire minimum de croissance (Smic) corse, mieux disant que le Smic “français”, et plus à même de faire face, selon le STC, au coût de la vie dans l’île.

Autre revendication phare : la mise en place d’une régulation des prix des carburants avec, dans un premier temps, une baisse significative, suivie d’un blocage des prix à la pompe. “Nous bénéficions aujourd’hui de remises sur les carburants, mais cette mesure est limitée dans le tempssouligne Jean Brignole. Nous avons besoin d’un dispositif pérenne.”

Pour le syndicat, une évolution institutionnelle ne doit pas se limiter à donner à la Corse la possibilité de légiférer. Un nouveau statut devra aussi définir les contours de la prise en compte de la représentativité territoriale des organisations syndicales. En tant que syndicat local, le STC n’a en effet pas accès à certaines instances qui requièrent une représentativité nationale, comme les organismes de sécurité sociale ou le conseil d’administration de la Mutualité sociale agricole (MSA). “Le prochain statut devra nous permettre de ne plus nous appliquer le droit commun françaisestime le syndicat. Il faut saisir cette nouvelle donne pour adapter la norme nationale à la réalité locale et prendre en compte notre spécificité.”

Pour le STC, en tout cas, le message est clair : une évolution statutaire doit être synonyme, avant tout, de nouveaux acquis sociaux. Le syndicat entend bien jouer le rôle de garde-fou et “mettre le pied en travers de la porte” pour s’opposer à d’éventuelles “dérives”. “On ne peut pas concevoir une autonomie si elle ne garantit pas d’avancées socialesprévient Jean Brignole. Il n’y aurait aucun avantage à donner plus de pouvoir au monde économique si la situation sociale ne s’en trouve pas améliorée.”

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