Le rebond des exportations ralentit le déficit commercial

Selon le dernier communiqué des services des douanes publié vendredi, le déficit de la France a diminué de 1,4 milliard d'euros pour atteindre 4,1 milliards en octobre. Cette bonne nouvelle pour le commerce français survient après une légère amélioration en septembre et une très forte détérioration en août. Dans leur dernière note de conjoncture, les économistes de l'INSEE annoncent que le commerce extérieur retrouverait de la vigueur sur la deuxième partie de l'année. La contribution du commerce extérieur au produit intérieur brut (PIB) "serait légèrement positive au second semestre de l'année". Rebond des exportations Les résultats des douanes annoncent un net rebond des exportations en octobre dernier. L'administration affirme que "l'augmentation des exportations est presque entièrement due à la fermeté des livraisons finales d'Airbus". "Les livraisons d'Airbus s'élèvent à 3,2 milliards d'euros pour 41 avions (y compris un A380), contre 2,2 milliards d'euros pour 27 avions en septembre. livraisons finales à l'étranger. "L'augmentation des ventes d'autres avions (moins de 15 tonnes) et de pièces détachées en Allemagne et aux États-Unis n'a eu qu'un impact" très minime ". navires de croisière, ainsi qu’une forte augmentation des ventes de produits pharmaceutiques. Dans ce contexte, le déficit des seuls produits manufacturés est tombé à 2,4 milliards d’euros, contre 3,7 milliards d’euros en septembre. Par zone géographique, le déficit vis-à-vis des pays hors d’Europe est revenu à 2,78 milliards d’euros, après avoir atteint 4,08 milliards en septembre. Celui avec les autres pays de l'Union européenne a été réduit à 2,77 milliards (contre 3,04 milliards). Avec la seule zone euro, elle s’est inscrite à 3,48 milliards d’euros contre 3,68 milliards un mois auparavant. Une balance des paiements favorable Pour sa part, la Banque de France a indiqué ce matin que la balance des paiements avait également retrouvé de la couleur. Selon les données de l'institution bancaire, le solde de la balance courante a été réduit en octobre de 1,2 milliard, pour atteindre 0,7 milliard d'euros, grâce à "une amélioration de la balance des biens hors énergie", selon une communication. Hors énergie, la balance des biens est en effet positive avec un excédent de 0,9 milliard d'euros. En revanche, la balance des services s'est détériorée de 0,4 milliard d'euros, même si elle reste positive. Enfin, les investissements directs "ont un solde positif faible". Une mesure controversée Le calcul de la balance commerciale a récemment suscité une vive controverse. En effet, selon une note de la Direction des douanes révélée par le canard chaîné, le déficit commercial de la France serait beaucoup plus élevé que les chiffres annoncés par le ministère. Il y aurait donc un écart de 5 milliards d'euros entre les données diffusées par l'administration française et les chiffres fournis par Eurostat. Alors que les douanes ont déclaré un déficit extérieur de 62,3 milliards d'euros en 2017, la Commission européenne a annoncé un déficit de 67,3 milliards d'euros. Dans un communiqué, le service des douanes a justifié cet écart par des "asymétries": "Les écarts mis en avant par le journaliste" Canard enchaînés "entre nos statistiques et celles de l'ensemble de nos partenaires ne sont pas des erreurs; ils sont liés au incertitude des mesures présentes dans toutes les statistiques.Ces asymétries sont observées dans tous les pays et, dans la quasi-totalité des États membres de l'Union européenne, vont dans le sens d'une amélioration de la balance commerciale. "Cependant, ces différences importantes peuvent avoir conséquences sur la politique économique et commerciale d’un pays comme la France. Toutes ces difficultés sont régulièrement signalées dans les documents relatifs au commerce extérieur. Déjà dans une étude réalisée pour le Sénat en 2009, les auteurs ont souligné l'existence de "divergences internationales". "Il existe une asymétrie des" flux miroirs ", liée aux difficultés inhérentes à la mesure du commerce et aux divergences persistantes entre les systèmes statistiques nationaux, dont les conséquences sont non seulement bilatérales mais aussi multilatérales. En fait, est problématique, que ce soit au niveau européen "Au niveau mondial ou au niveau mondial", les exportations déclarées par les pays membres de l'UE sont "généralement supérieures d'environ 5% (avec de fortes variations) aux importations estimées par le pays partenaire". Parmi les facteurs explicatifs évoqués figure la suppression des contrôles douaniers aux frontières du Vieux Continent qui auraient joué "un rôle notable". Changement de méthode Enfin, un représentant de la Direction générale des douanes, Denis Boisnault, s'est récemment inquiété d'un éventuel changement de méthode pour la mise en place d'une base de données sur le commerce extérieur à l'échelle européenne. Ainsi, "il serait envisagé de supprimer la base légale pour la collecte des importations" et de la remplacer par un échange de données. "Dans un système basé sur l'échange de données plutôt que sur la collecte des importations, les exigences asymétriques des différents États membres pourraient également entraîner des disparités en matière de qualité des données – certains États membres conservant des taux de couverture des données. Leur collecte relativement faible, pouvant aller jusqu'à 70%. "

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