Le FM russe Sergueï Lavrov affirme la politique “Une Chine” avant la visite de Nancy Pelosi

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exprimé vendredi 29 juillet son soutien à la politique “Une Chine” de Pékin avant la visite controversée à Taïwan de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi. La remarque de Lavrov est intervenue après que le président chinois Xi Jinping, lors d’un appel téléphonique avec le président américain Joe Biden, a mis en garde contre l’ingérence dans les affaires intérieures chinoises dans un avertissement plutôt flagrant, et a rejeté d’autres sujets clés du commerce, de la coopération bilatérale ainsi que de la coopération technologique.

“Ne jouez pas avec le feu sur l’île [Taiwan]”, Jinping a averti Biden au cours de la conversation téléphonique.

Lors de sa visite de travail de deux jours à Tachkent le 27 juillet, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé que Moscou n’avait « aucun problème à faire respecter le principe de la souveraineté de la Chine ». En outre, il a précisé que la position de la Russie sur l’existence d’une seule Chine “reste inchangée”.

Le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie a fait la déclaration en marge de la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de coopération de Shanghai [SCO] qui comprend la Chine, l’Inde, le Pakistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie, le Tadjikistan et d’autres pays d’Asie centrale.

Le président chinois Xi Jinping, centre gauche, et le président russe Vladimir Poutine. Crédit : Associated Press

Le président russe Vladimir Poutine, à droite, passe en revue une garde d’honneur militaire avec le président chinois Xi Jinping lors d’une cérémonie de bienvenue devant le Grand Palais du Peuple à Pékin. Crédit : Associated Press

“Ce n’est pas une bonne idée…”: l’armée américaine

Alors que la présidente de la Chambre des États-Unis, Pelosi, s’apprêtait à faire un rare voyage à Taïwan auto-administré, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a averti que Pékin recourra à des “mesures résolues et fortes” si Pelosi décidait de poursuivre ses plans provocants malgré l’objection de la Chine. Le démocrate californien devrait faire la tournée en août, bien qu’une confirmation officielle de la date soit toujours en attente. Le président américain Joe Biden avait précédemment déclaré lors d’une conférence que l’armée américaine avait indiqué que la visite n’était “pas une bonne idée” dans le contexte de la politique d’une seule Chine qui sert de pierre angulaire aux relations sino-américaines.

La Russie reconnaît Taïwan comme partie inaliénable de la Chine conformément à la déclaration conjointe russo-chinoise. “La Russie et la Chine s’opposent aux tentatives de forces extérieures de saper la sécurité et la stabilité dans leurs régions voisines communes”, avait précisé le Kremlin dans un communiqué conjoint.

“La partie russe réaffirme son soutien au principe d’une seule Chine, confirme que Taïwan est une partie inaliénable de la Chine et s’oppose à toute forme d’indépendance de Taïwan”, lit-on dans la déclaration sino-russe.

Comme Pelosi sera le premier haut responsable américain à se rendre à Taïwan depuis 1997 après que le président de la Chambre Newt Gingrich, Washington, qui reconnaît des liens officiels avec la Chine plutôt qu’avec l’île de Taïwan dans le cadre de la politique “Une Chine”, s’est retrouvé face à un dilemme. Alors que Gingrich qui a atterri à Taïwan en 1997 était une politicienne républicaine dont le gouvernement américain s’était ensuite distancié, la visite de Pelosi est considérée comme une question plus sensible car elle est une politicienne démocrate du même parti que le président américain Joe Biden.

Il est à noter que l’ancien secrétaire à la Santé et aux Services sociaux de l’administration Donald Trump, Alex Azar, a également été considéré comme un haut responsable américain par Pékin pour atterrir à Taïwan en violation de sa diplomatie d’une seule Chine. En avril 2022, une délégation du Congrès américain a également effectué une visite très controversée à Taiwan.

Le secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, Alex Azar, au centre, s’entretient avec le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, Tien Chung-kwang, à son arrivée à l’aéroport de Taipei Songshan à Taipei, Taiwan. Crédit : Associated Press

Le président américain Joe Biden n’a pas encore reconnu publiquement dans la presse si sa propre administration soutient le voyage potentiel de Pelosi qui a fait fureur parmi les législateurs américains. Lorsqu’on lui a demandé de clarifier sa position, le leader démocrate et le chef de l’État Biden ont répondu que ses forces armées ont suggéré qu’il ne serait pas dans le meilleur intérêt que le président se rende sur l’île.

Les récents commentaires du président américain échappent à sa position de mai 2022 dans laquelle il menaçait d’une réponse armée contre Pékin s’il déjouait une invasion de style ukrainien sur le continent asiatique. Les États-Unis interviendront “militairement” si la Chine envahit Taïwan, avait déclaré Biden dans un terrible avertissement à la RPC.

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