Le dernier adieu - Un aperçu de Vladimir Poutine d'il y a dix ans

Le dernier adieu - Un aperçu de Vladimir Poutine d'il y a dix ans

SCOTT BEVAN: Les journalistes disent souvent que l’une des grandes choses de leur travail est de leur donner une place au premier rang de l’histoire. Eh bien, alors que je prends ma place à la dernière conférence des médias de Vladimir Poutine en tant que président, je me rends compte que je suis sur le point d’assister à l’histoire. Le seul problème est, je suis dans la rangée arrière. Je suis assis dans une grande salle du Kremlin avec des centaines d’autres représentants des médias du monde entier. Il y a déjà un béguin de caméras et de microphones ici, et ce qui remplit aussi ce vaste auditorium est un air d’anticipation. POMRENZE YONATAN: Je m’appelle Yonatan Pomrenze et je travaille pour la télévision américaine, NBC, ici à Moscou. SCOTT BEVAN: Yonatan Pomrenze est assis à côté de moi. Comme tout le monde dans la salle, il a hâte de voir comment M. Poutine répondra aux questions. YONATAN POMRENZE: Il ne donne pas souvent des conférences de presse. Même quand il les donne, je ne suis pas sûr du nombre de réponses que nous obtiendrons, mais c’est en quelque sorte … vous devez prendre ce que vous pouvez obtenir ici quand vous avez accès. SCOTT BEVAN: Mon autre voisin profite au maximum de son opportunité. RAISA: Mon nom est Raisa (phonétique) Je viens du Daghestan. SCOTT BEVAN: Raisa veut demander à M. Poutine s’il a apprécié sa récente visite au Daghestan, mais pour poser cette question, elle se rend compte qu’il ne suffit pas de simplement lever la main. Alors, elle griffonne un panneau avec le nom de sa région d’origine qu’elle peut tenir. RAISA: Je veux que Poutine voie que je suis là, je suis au Daghestan. SCOTT BEVAN: Vous voulez être remarqué. RAISA: Oui. SCOTT BEVAN: Dois-je faire un signe disant “Je viens d’Australie”? RAISA: (rires) Si tu veux. SCOTT BEVAN: Je regarde autour de moi et je remarque qu’il y a beaucoup d’écritures impromptues en cours. Malheureusement, je n’ai pas assez de papier pour écrire “Australie”. Ensuite, le président avance sur la scène. (Son de Vladimir Poutine parlant) Il parle environ 10 minutes, puis appelle à des questions. Les mains et les signes montent, et les 86 régions de la Russie battent sous mes yeux. Le président pointe vers quelqu’un qui lui demande de décrire les succès et les échecs au cours de ses huit années au sommet. Cela fait penser à M. Poutine. Au départ, aucun échec ne semble venir à l’esprit. Puis il mentionne un couple comme l’inflation étant trop élevée. Mais les succès ont mordu? Eh bien, ça le fait vraiment parler. (Son de Vladimir Poutine parlant) Et les mots continuent à circuler à travers une série de sujets tels que le bouclier antimissile planifié des Etats-Unis en Europe de l’Est, les responsabilités d’un leader, et pourquoi il n’a jamais été tenté de changer la constitution pour un troisième mandat comme président. Les minutes passent. Le président a maintenant parlé et répondu aux questions pendant une heure seulement, et il continue encore et il n’y a pas encore de fin à la conférence en vue. Il y a évidemment encore beaucoup à dire. Ensuite, c’est au Kosovo, aux Jeux Olympiques, qu’il y ait une nouvelle guerre froide qui émerge. Nous avons dépassé la marque des deux heures. Sûrement, il ne peut pas y en avoir trop à dire. Je veux dire, quels grands sujets sont laissés? Nous sommes à la barre des trois heures et le président vient d’être interrogé sur le Moyen-Orient, ce qu’il faut faire. Nous pouvons être ici pour un certain temps. Enfin, les grands sujets semblent être épuisés, mais pas le président. Il y a beaucoup de petits sujets à discuter. C’est maintenant la marque des trois heures quarante, et ceux qui ont assisté à ces conférences de presse me disent que c’est un nouveau record pour la longueur. Et il va maintenant région par région. Ces signes sont projetés dans l’air avec un désespoir sans cesse croissant. Je regarde ma montre avec un désespoir sans cesse croissant. Il y avait un moment d’espoir quand nous pensions que la conférence allait se terminer quand le président a regardé sa montre et a dit: “Quatre heures et 15 minutes, tous les records ont été cassés maintenant”, et on aurait dit qu’il allait être emballé mais il vient de répondre à une question de Sibérie. Au bout de quatre heures et 22 minutes, mon voisin Yonatan Pomrenze se dirige vers la sortie. YONATAN POMRENZE: Nous avons pensé qu’il allait battre son record, mais je me suis dit que ce serait peut-être de quelques minutes pour qu’ils puissent écrire qu’il l’a cassé. Et il semble que peut-être puisque c’est son dernier, il essaye de protéger le disque de toute personne qui le fait dans le futur, parce qu’il semble qu’il va fort. SCOTT BEVAN: Raisa a baissé son signe Daghestan, probablement en raison de la fatigue. Puis enfin. (Applaudissements) Il est 17h40, quatre heures et quarante minutes après que le président a commencé à parler. Il vient de quitter la scène. Si une semaine est longue en politique, alors quatre heures et quarante minutes dans une conférence de presse politique sont encore plus longues. SCOTT BEVAN: Parmi tous les jalons que Dmitri Medvedev voudra peut-être définir au cours de sa présidence, je prie pour que le record de Vladimir Poutine pour la plus longue conférence de presse n’en soit pas un. Voici Scott Bevan à Moscou pour le rapport des correspondants.

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