Le BCG, un futur allié contre les formes sévères?

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Recherche sur le vaccin BCG dans un laboratoire de la société Task, au Cap, en Afrique du Sud, le 11 mai 2020. MIKE HUTCHINGS / REUTERS

Le BCG, ce bon vieux vaccin contre la tuberculose, prend un nouveau souffle. Ce presque centenaire – il date de 1921! – pourrait, en effet, devenir un précieux allié contre le Covid-19. “Un système immunitaire bien entraîné, grâce à la récente vaccination par le BCG, pourrait combattre le nouveau virus responsable de la pandémie plus rapidement et plus efficacement [le SARS-CoV-2] “, espère Andreas Diacon, professeur à l’Université du Cap, en Afrique du Sud.

Au moins sept essais ont été lancés chez l’homme pour tester les effets du BCG sur Covid-19: aux Pays-Bas, en Australie, en Afrique du Sud, en Espagne, en France, en Égypte et en Colombie. “Tout le monde évaluera l’intérêt du BCG pour les personnels de santé les plus exposés au virus”, dit le professeur Odile Launay de l’hôpital Cochin à Paris. Elle coordonnera elle-même l’un de ces essais, qui sera prochainement lancé avec plus de 1 000 personnes en France. «Nous espérons ainsi limiter le nombre de formes graves de la maladie. Mais le BCG n’est pas censé empêcher l’infection. “

Immunité innée “assez large”

Cet espoir repose sur deux observations inquiétantes. “Dans les pays qui bénéficient d’une vaccination BCG universelle et bien contrôlée, il y a une baisse significative du taux de mortalité lié à Covid-19”, précise Michael Sieweke du Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy (CNRS, Inserm) et de l’Université de Dresde (Allemagne). Cela ne prouve cependant pas l’existence d’un lien de cause à effet. Deuxième constat: chez les personnes vaccinées par le BCG, une baisse surprenante de la mortalité par infection respiratoire virale est mesurée depuis longtemps. Cette baisse va au-delà de l’effet attendu de la seule baisse de la mortalité liée à la tuberculose.

Le BCG est un vaccin fabriqué à partir d’une bactérie de la tuberculose bovine qui a perdu sa virulence chez l’homme. Alors, comment peut-il agir contre les infections virales? “Ce type de vaccin est censé stimuler de façon permanente une immunité innée assez large, non spécifique à l’agent contre lequel il a été conçu”, résume Odile Launay. Cependant, il y avait un manque de preuves pour soutenir cette hypothèse. Une étude expérimentale publiée le 7 mai dans la revue Cellule souche cellulaire, en fournit un. Il est signé par l’équipe de Michael Sieweke.

Petit rappel de nos cours de lycée. Après une infection, le système immunitaire déclenche deux types de contre-attaques. La première est très rapide: c’est l’immunité “innée”. Il n’est pas spécifique au pathogène, mais envoie des bataillons d’urgence de monocytes, granulocytes au front de l’infection. La deuxième ligne de défense est spécifique, mais beaucoup plus lente: c est l’immunité “adaptative”. Il mobilise les lymphocytes B et T. Après leur première rencontre avec un pathogène, ces cellules subiront un entraînement drastique, affûtant méthodiquement leurs armes (anticorps, réponse T). Résultat: lors d’une infection ultérieure par ce même pathogène, ils le neutraliseront immédiatement. La vaccination est basée sur ce principe.

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