l'audition d'Alain Gibelin affaiblit la version de l'Elysée

l'audition d'Alain Gibelin affaiblit la version de l'Elysée

Le directeur de la loi et de l'ordre à la préfecture de police de Paris est auditionné par la commission des lois, d'après Gérard Collomb et Michel Delpuech.
Après Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, et Michel Delpuech, préfet de police, c'est au tour de M. Alain Gibelin, directeur de l'ordre public et de la circulation au siège de la police de Paris, d'être auditionné par l'Assemblée nationale Commission des lois traitant de l'affaire Benalla, créée pour l'occasion par un comité d'enquête.
Dans ses remarques liminaires, M. Gibelin a déclaré avoir été informé de la présence d'Alexandre Benalla sur le terrain, aux côtés de la police, lors de la manifestation du 1er mai, seulement le lendemain, le 2 mai au matin. Comme MM. Collomb et Delpuech, il dit qu'il n'était pas au courant de sa participation à la manifestation avant cela. Il dit également que c'est le chef d'état-major de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), Laurent Simonin, inculpé dans cette affaire, qui a donné la permission à Alexandre Benalla.
"Il a lui-même organisé l'arrivée de M. Benalla à la manifestation", a-t-il déclaré, rappelant qu'il avait, quinze jours plus tôt, personnellement rappelé à Alexandre Benalla les conditions d'autorisation de l'arrivée d'un observateur à la police – qui comprend, selon M. Gibelin, une autorisation directe du siège de la police, qui n'a pas été délivrée. "M. Benalla n'avait aucune autorisation pour assister en tant qu'observateur à cet événement", a confirmé M. Gibelin.
M. Simonin aurait également fourni le casque à M. Benalla. "Je n'ai aucune idée de l'origine des équipements autres que ce casque", a-t-il ajouté, se référant au brassard et à la radio de la police portés par Alexandre Benalla.
"Une grosse connerie"
Alain Gibelin explique également qu'il a été averti de l'article du Monde depuis sa publication, le 18 juillet. Le lendemain, "le commissaire Maxence Creusat est venu me voir à 13h30, face à la défaite, expliquant qu'il a fait dans ses mots "Une grosse connerie." Il aurait déménagé, selon M. Gibelin, aux services de vidéosurveillance de la préfecture pour vérifier la présence d'une vidéo des événements du 1er mai – celui-ci, selon M. Gibelin, "montre la situation de manière très générale, sans pouvoir identifier très précisément les faits qui nous préoccupent ".
M. Creusat a signalé cela à M. Simonin, alors en congé en Normandie. "Laurent Simonin aurait alors contacté M. Benalla pour lui proposer de communiquer cette vidéo, à laquelle il n'avait pas vocation d'accéder", détaille Alain Gibelin. Ces échanges effectués informellement attestent, toujours selon le directeur de l'ordre public et du trafic à la direction de Paris, de "copinage malsain" évoqué plus tôt dans la journée par le chef de la police parisienne, Michel Delpuech, lors de son audition devant la même commission.
"Laurent Simonin pensait que toutes les autorisations lui avaient été accordées, mais il n'y en a qu'une qui prévaut, celle du préfet de police", qui n'a pas été délivrée, a soutenu Alain Gibelin, en contradiction avec la déclaration envoyée lundi par la défense de M. Benalla, dans lequel il a déclaré qu'il se rendait à l'événement sur invitation "du DOPC de la préfecture de police de Paris".
Alain Gibelin, quelque peu contrarié par certains discours des députés, a souligné qu'il y avait «quelques dizaines, pour ne pas dire quelques centaines de personnes qui auraient pu relayer ces faits sous l'article 40, et qui ne l'ont pas fait […]. Qui devrait tirer en premier? Si c'est pour me blâmer, cela doit être le cas pour beaucoup d'autres. "
Mais ce qui affaiblit encore la version officielle, c'est la réponse donnée à Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national. M. Gibelin a en effet constaté la présence d'Alexandre Benalla lors de réunions avec ses services entre le 4 et le 19 mai, période au cours de laquelle la suspension du chef d'état-major adjoint mentionné par l'Elysée était en vigueur. "L'information sur cette sanction ne nous a jamais été envoyée", a-t-il déclaré.
MM. Collomb et Delpuech auditionnés
Gérard Collomb a été auditionné ce matin pendant plus de deux heures par la commission d'enquête. Il a répondu aux questions des députés, renvoyant la responsabilité d'éventuels manquements au préfet de police et au cabinet d'Emmanuel Macron.
Le chef de la police de Paris, Michel Delpuech, a ensuite été entendu dans l'après-midi. Il a expliqué que ces faits étaient «le résultat d'excès individuels inacceptables, condamnables, sur fond de copinage malsain». Interrogé sur cette dernière formule, M. Delpuech a engagé la responsabilité de l'Elysée. "La relation quotidienne de proximité et de confiance entre le commissariat de police et les services de l'Elysée est une nécessité: lorsque nous nous déplaçons dans un lieu de proximité d'une relation qui perd sa pureté, nous prenons des risques, c'est ce que je voulais évoquer par cette expression. "
Notre sélection d'articles sur l'affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus relatifs à l'affaire Benalla, du nom de l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, identifié par Le Monde comme agresseur d'un manifestant en marge des manifestations du 1er mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo postée le 1er mai sur YouTube.Le public découvre alors le visage de cet homme et de son "groupe", qui ne sort jamais du sillage d'Emmanuel Macron depuis l'élection présidentielle. Le siège de la police de Paris est embarrassé et affaibli par l'affaire Benalla. En cinq jours, l'affaire est devenue un scandale étatique: découvrez les événements qui se déroulent dans le monde. ordre chronologique. A l'Assemblée nationale, une commission d'enquête fut mise en place et auditionnée par le ministre de l'Intérieur, qui dégagea l'administration. Le point sur les pouvoirs de cette commission, mise en place pour un mois. Dommages collatéraux, la révision de la révision constitutionnelle a été formellement suspendue et ne reprendra pas avant le début de l'année scolaire. Après des jours de silence, Emmanuel Macron a enfin commencé à organiser la réponse, près d'une semaine après nos révélations.Pour Jean-Pierre Mignard , avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron: "L'Elysée a sous-estimé la faute d'Alexandre Benalla, Paul Cassia, professeur de droit à Paris-I, estime que" l'affaire Benalla appelle à un vaste changement institutionnel ".

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