L'assurance maladie ralentit les progrès, disent les experts

Les experts du cancer du col utérin dénoncent le non remboursement d'un test de détection du virus impliqué dans cette maladie, recommandé par les autorités de santé depuis 2017 pour éviter des interventions chirurgicales inutiles.

Le frottis, un outil de détection du cancer. La prévention du cancer du col utérin repose sur le frottis et le traitement des lésions précancéreuses chez les femmes âgées de 25 à 65 ans, affirment ces spécialistes de la Société française de la colposcopie et de la pathologie cervico-vaginale (SFCPCV). La vaccination contre le virus du papillome humain (VPH, virus transmissibles sexuellement qui causent le cancer) complète l'arsenal de la prévention, disent-ils.

Le frottis est utilisé pour prélever doucement les cellules du col de l'utérus pour analyse. Cependant, de nouvelles recommandations pour la gestion des frottis anormaux (anomalies cellulaires ou indéterminées) ont été publiées en janvier 2017 par l'Institut national du cancer (INCa) avec le soutien de cette société savante.

Une projection à 35 euros non remboursée. "Dix-huit mois après leur publication, Medicare ne les a pas inclus dans les remboursements, laissant ainsi à la plupart des femmes de notre pays un dépistage optimal", avertissent les experts. Le test HPV (35 euros), "indispensable" dans le cas envisagé dans les nouvelles recommandations, reste de la responsabilité de la femme, déplore le docteur Bernard Huynh, gynécologue-obstétricien, trésorier du SFCPCV. Et "s’ils n’ont pas d’argent, ils ne peuvent pas se le permettre, ce n’est pas normal", dit-il.

Selon lui, les nouvelles recommandations visent à distinguer les femmes nécessitant une surveillance simple de celles nécessitant une intervention chirurgicale. Le test n'est remboursé que pour les cas prévus par les anciennes recommandations, mais ne prend pas en compte les nouvelles. "Cette absence de mise à jour des remboursements empêche les plus défavorisés d’accéder au progrès", accuse Huynh.

3000 femmes touchées par ce cancer. Le cancer du col utérin est un cancer à progression lente dû à une infection persistante par un ou plusieurs HPV oncogènes humains, selon l'INCa. Ce cancer touche près de 3 000 femmes et provoque environ 1 100 décès chaque année en France. Le dépistage est recommandé tous les trois ans chez les femmes âgées de 25 à 65 ans, après deux tests de frottis normaux consécutifs effectués à un an d'intervalle.

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