La SNCF veut des trains autonomes à partir de 2023

Les chemins de fer ne veulent pas être à la traîne de l'industrie automobile dans le développement de véhicules autonomes. La SNCF a annoncé mercredi, en partenariat avec plusieurs entreprises technologiques et industrielles de premier plan, la création de deux consortiums "pour développer d'ici cinq ans des prototypes de trains autonomes". Les deux groupes seront dirigés par le groupe public et l’Institut de recherche technologique (IRT) Railenium. Le premier comprend Alstom, Ansaldo (ancien spécialiste des chemins de fer italiens, acquis en 2015 par Hitachi), la société d'ingénierie Altran et Apsys, filiale d'Airbus spécialisée dans la cybersécurité. Leur consortium travaillera à la conception d'un prototype de train de marchandises autonome. Le deuxième groupe se concentrera sur le même sujet, mais dans le transport de passagers. Il réunit Bombardier, Bosch, Thales et Spirops, une société spécialisée dans l’intelligence artificielle. Ils devront développer un train régional autonome (TER), basé sur un modèle Bombardier existant, le Regio 2N. Quatre niveaux d’autonomie différents «Train autonome» ne signifie pas nécessairement sans présence de conducteur ou de personne à bord. L’Association internationale des transports publics distingue quatre niveaux d’automatisation. Dans le premier cas, la conduite reste manuelle, même si elle est prise en charge par ordinateur. Lors de la deuxième étape, l'ordinateur de bord communique directement avec le système de signalisation de la voie et prend en charge les phases d'accélération et de décélération du train. Avec la clé des économies d'énergie, mais aussi et surtout une réduction de l'intervalle de sécurité minimum entre deux trains, ce qui permet de circuler plus sur la même ligne. La SNCF travaille déjà à la mise en place de ce système sur la ligne TGV Paris-Lyon, qui est saturée pour passer de 13 à 16 trains par heure en 2023. Au troisième stade de l'automatisation, la conduite est entièrement par ordinateur, mais il y a toujours du personnel à bord pour ouvrir et fermer les portes et pour prendre la relève en cas de panne, par exemple. Enfin, à la quatrième et dernière étape, le train est entièrement automatique. C'est déjà le cas sur certaines lignes de métro, telles que le 1 et le 14 à Paris. Prototypes entièrement automatisés d'ici 2023 L'objectif est plus compliqué à atteindre pour les trains qui circulent dans un environnement ouvert, avec une probabilité de risques plus élevée et un environnement plus complexe à surveiller. La SNCF souhaite néanmoins mettre en circulation des trains de marchandises semi-autonomes à partir de 2020 et finaliser des prototypes de trains entièrement automatisés d'ici 2023. Déjà, le tronçon en cours d'extension du RER E à Paris doit être équipé du système de signalisation Nexteo. Cela permet la circulation d'un plus grand nombre de trains, avec un intervalle de 108 secondes entre les trains, à une vitesse plus élevée, jusqu'à 120 km / h.Lionel Steinmann

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