La Norvège refuse 30 millions d'euros au Fonds de conservation de la forêt amazonienne

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Après l’Allemagne, la Norvège bloque à son tour 30 millions d’euros d’investissements, initialement prévus pour la protection de la forêt amazonienne brésilienne. Brasilia est accusée par Oslo de "Je ne veux plus arrêter la déforestation" et la rupture de l'accord avec les différents donateurs du Fonds de conservation de la forêt amazonienne. Ce fonds, créé en 2008, vise à prévenir et combattre la déforestation et à préserver l’Amazonie brésilienne. Avec près de 828 millions d'euros payés depuis 2008, la Norvège est le principal investisseur.

Mais plus récemment, le Brésil a suspendu unilatéralement le conseil d’administration et le comité technique de l’Amazon Fund, ce qui va à l’encontre de sa réglementation, selon le ministre norvégien de l’Environnement et du Changement climatique. Cette suspension a été confirmée par le controversé ministre brésilien de l'Environnement, Ricardo Salles, qui a expliqué que les règles "La gouvernance du fonds amazonien est en discussion" et il attendait de voir les résultats. Chaque année, la Norvège paie plus ou moins au Brésil. Ce dernier dépend des résultats obtenus dans la lutte contre la déforestation. Selon les estimations d'un comité technique et sur la base des résultats de la déforestation de 2018, la Norvège aurait dû verser 30 millions d'euros au Brésil cette année, ce qu'elle refuse maintenant de faire.

Samedi dernier, c'était l'Allemagne qui avait annoncé ne pas vouloir donner une partie du montant initialement prévu. La ministre de l'Environnement, Svenja Schulze, a déclaré que les 35 millions d'euros versés par son ministère seraient bloqués jusqu'à l'apparition de signes encourageants de réduction de la déforestation. Elle croit que "La politique du gouvernement brésilien en Amazonie soulève des doutes quant à un réel désir de réduire la déforestation". Le ministère allemand de la Coopération économique et du Développement pourrait encore verser près de 55 millions d'euros pour la protection de la forêt tropicale. Son ministre n'envisage pas de bloquer cette somme, considérant que "Tous ceux qui connaissent l'importance de cette forêt pour le climat doivent renforcer ces mesures au lieu de les éliminer".

Climatoscepticisme et déforestation

Quant à savoir si ces deux décisions vont réagir le président brésilien, rien n'est moins certain. De l'autre côté de l'Atlantique, comme d'habitude, Jair Bolsonaro n'a pas mâché ses mots et s'est assuré qu'il ne voulait pas recevoir de leçons des pays donateurs. Suite à la décision norvégienne, il a déclaré aux journalistes: "La Norvège n'est-elle pas le pays où les baleines sont tuées au pôle Nord?" Avant de conseiller Oslo: "Prends cet argent et aide Angela Merkel à reboiser l'Allemagne."

Bolsonaro fait partie du club climatosceptique et ses politiques en sont l'exemple parfait: réduction du budget alloué au climat, quasi-élimination du ministère de l'Environnement ou remise en question de l'espace vital des peuples autochtones. Depuis son arrivée au pouvoir en janvier, il n’a pas mis en garde ses homologues avec prudence et considère le réchauffement climatique comme une farce, proposant par exemple de ne pas "Caca tous les deux jours" Pour protéger l'environnement. Selon l’ONG Global Witness, le Brésil est le quatrième pays le plus dangereux pour les défenseurs du climat, avec vingt personnes tuées en 2018.

Il n’est donc pas étonnant que, malgré la poursuite du Brésil dans les accords de Paris, la déforestation soit devenue beaucoup plus prononcée, mettant en danger les populations autochtones et la biodiversité. Les dernières données fournies par l'Institut national de recherche spatiale brésilien (INPE), l'organisme chargé de mesurer la déforestation en Amazonie, montrent qu'en juillet 2019, environ 2254 kilomètres carrés de forêt tropicale ont été défrichés. C'est quatre fois la superficie de juillet 2018 et presque la taille du Luxembourg. Cependant, le président brésilien a assuré que les mesures prises par l'organisation étaient fausses et a contraint le directeur de l'INPE, Ricardo Galvão, à démissionner le 2 août.

Grand défenseur de l'agriculture intensive, Jair Bolsonaro envisage de développer les rives du fleuve Amazone. Il est donc très incertain que les décisions allemande et norvégienne l’incitent à changer de ligne politique. L’Amazonie est considérée comme essentielle par les scientifiques dans la lutte contre le réchauffement climatique. Qualifié de "Poumon vert" La forêt pluviale terrestre abrite 50 à 70% de la biodiversité mondiale selon le WWF et constitue une source importante de captage de CO2. Pourtant, peu de pays ont proposé des mesures concrètes pour tenter de contrer les politiques du président brésilien. Après la conclusion du texte sur l'accord commercial avec les pays du Mercosur, seule la France a exprimé une certaine réticence et demandé des garanties sur la protection de la forêt tropicale.

Lucie Lespinasse

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