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La marche contre l’antisémitisme à Paris : un rassemblement calme et silencieux

La marche contre l’antisémitisme à Paris : un rassemblement calme et silencieux

Le soleil commence à percer à travers le ciel gris après la fin de la pluie, alors que la foule commence à affluer sur l’esplanade des Invalides à Paris un dimanche après-midi. Des petits groupes de personnes, en famille ou entre amis, se dirigent vers le lieu, certains accompagnés d’un chien en laisse, une dame portant même son chat sur l’épaule, comme lors d’une promenade un dimanche d’automne. La trentaine, la quarantaine, la cinquantaine, voire plus, sont représentées dans la foule, mais peu de jeunes sont présents dans ce rassemblement contre l’antisémitisme.

Ce qui frappe immédiatement, c’est le silence et le calme. De la tombe de Napoléon au pont Alexandre III, la foule qui se déplace et se disperse des stations de métro bondées n’émet que des chuchotements et des murmures.

Certains manifestants tiennent des drapeaux français à la main, mais aucun drapeau israélien. Il n’y a presque pas de banderoles, de slogans, seulement des applaudissements occasionnels en signe de félicitations pour leur présence. Une dame tient la main de “Touche pas à mon pote” des années 1980, des drapeaux corses et belges sont visibles dans le ciel, un groupe de militants kabyles arbore leur emblème en dansant. Une petite dame brune à lunettes explique : “Nous sommes solidaires des juifs.”

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Le conflit entre Israël et le Hamas n’est pas mentionné une seule fois pendant le cortège. Seule la lutte contre l’antisémitisme rassemble ces citoyens dont rien ne laisse deviner l’appartenance politique ou religieuse, à part quelques kippas portées. Comme si les participants tenaient à montrer que la dignité devait être présente plus que jamais, les rares incidents perturbateurs ont été immédiatement condamnés.

L'esplanade des Invalides, lors de la marche contre l'antisémitisme, à Paris, le 12 novembre 2023.

Lorsqu’un petit groupe de manifestants scandent “Mélenchon antisémite, Mélenchon antisémite!”, ils sont immédiatement réprimandés par des voix anonymes : “Chut, chut, pas de polémiques.” La même scène se produit lorsque d’autres tentent de lancer: “Pas de fachos dans mon quartier, pas de quartiers pour les fachos.”

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La foule grossit, rejoignant les rangs des premiers arrivés, pour atteindre bientôt 105 000 à Paris, selon la police. Ils sont 182 000 dans toute la France, répartis dans plus de soixante-dix villes (7 500 personnes à Marseille, 5 000 à Strasbourg, 3 700 à Grenoble, 3 500 à Bordeaux, 3 000 à Nice et à Lyon, 2 000 à Nantes ou La Rochelle).

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Laure, une comédienne blonde et élégante, arrive seule aux Invalides : “J’aurais préféré être accompagnée mais ce n’est pas facile quand on est de gauche, en ce moment, de demander à ses amis s’ils viennent marcher contre l’antisémitisme,” soupire-t-elle. La présence du Rassemblement national (RN) ne l’a pas fait hésiter : “Je ne les regarderai pas.” Ils ne sont pourtant pas loin.

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