La Jordanie va donner de l’électricité au Liban en pleine crise énergétique

Walid Fayad, ministre libanais de l’énergie, a annoncé que le pays déchiré par la crise commencerait à importer de l’électricité de Jordanie, qui devra passer par la Syrie, dans le but de faire face à une crise énergétique en cours, selon un AFP rapport.

L’approvisionnement en électricité du Liban est très instable – voire inexistant – dans une grande partie du pays depuis le début de sa crise financière en 2019. L’électricité n’est fournie que par intermittence pendant aussi peu que deux heures par jour dans de nombreuses régions. Le projet d’importer de l’électricité de Jordanie fait partie des efforts du gouvernement pour assurer un approvisionnement stable pendant au moins huit heures par jour, selon Fayad.

“L’accord est important car il augmentera l’approvisionnement en électricité de l’État, qui est plus propre et moins cher” que l’énergie produite par des générateurs privés, a déclaré le ministre. En raison du manque de fiabilité du réseau électrique central du Liban, de nombreux citoyens du pays dépendent de générateurs à essence. Cependant, comme ces générateurs sont beaucoup plus chers qu’un réseau public fonctionnel, leur utilisation n’a fait qu’aggraver la situation économique du pays.

La Jordanie devrait vendre au Liban une offre totale de 250 mégawatts pendant la journée et de 150 mégawatts la nuit, suffisamment pour couvrir l’électricité pendant deux heures complètes par jour à travers le pays. Une délégation jordanienne doit négocier les détails du contrat à Beyrouth la semaine prochaine. Après la négociation d’un accord de transit avec la Syrie, les expéditions pourront commencer librement.

Fayad a indiqué que l’accord serait probablement structuré comme un paiement « en nature », dans lequel la Syrie est libre d’utiliser une partie de l’électricité passant par son réseau. L’accord serait soigneusement structuré afin d’éviter de violer les sanctions américaines qui interdisent les relations financières avec le régime du président syrien Bachar al-Assad.

En plus de ses importations directes d’électricité de Jordanie, le gouvernement libanais a importé du mazout d’Irak et entend augmenter ses importations de gaz d’Égypte via le gazoduc arabe. Comme l’accord avec la Jordanie, le gaz du gazoduc arabe passerait par la Jordanie et la Syrie avant d’atteindre le Liban. Un accord similaire doit d’abord être négocié avec la Syrie, et Fayad a noté que les autorités égyptiennes avaient l’intention d’attendre la confirmation des États-Unis que payer Damas en gaz n’entraînerait pas une violation des sanctions.

Les deux ensembles d’importations coûteront au Liban 400 millions de dollars par an. La Banque mondiale a prêté au pays 300 millions de dollars pour le projet, sous réserve de réformes du secteur énergétique du pays, telles que l’augmentation des prix, et Fayad a indiqué que 100 millions de dollars devraient être levés auprès d’autres sources.

Trevor Filseth est rédacteur d’actualités et d’affaires étrangères pour le Intérêt national.

Image : Reuters.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest

Leave a Reply

Your email address will not be published.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

ADVERTISEMENT