La grippe bien implantée en Corse

L'épidémie a progressé dans l'île avec une prédominance du virus de type A (H1 N1) pendant dix jours. Les médecins généralistes et les pédiatres multiplient les consultations et leur rappellent les mesures préventives prises pour limiter la contagion.

L'épidémie de grippe est arrivée en Corse avec un peu de retard par rapport au continent. Il est maintenant bien installé. Daté du 3 février, le dernier bulletin du réseau Sentinelles avait un taux d'incidence de 457 cas pour 100 000 habitants (avec une moyenne de 536 cas en France métropolitaine).

De nouvelles données seront publiées demain sur le site du réseau qui regroupe 60 généralistes corses. "Il est difficile pour le moment de savoir si nous avons atteint le sommet ou non, explique Antoine Grisoni, généraliste à Sari-Solenzara et président des médecins libéraux URPS de Corse. La grippe n'est pas le seul virus en cours et de nombreuses personnes présentant des symptômes pseudo-grippaux pensent qu'elles sont touchées. La grippe se caractérise par une forte fièvre soudaine, des douleurs corporelles sévères et une toux douloureuse. Nous voyons entre 5 et 6 cas de grippe par jour dans nos bureaux, avec de nombreux enfants touchés. "

Même histoire à Calenzana, où travaille le Dr François Agostini, médecin généraliste: "Nous avons raison avec une grippe de type H1N1, assez violente, avec un nombre important d'enfants affectés, mais il convient de noter que ces derniers répondent toutefois mieux à la symptomatologie de la grippe que les personnes âgées."

À Ajaccio, la pédiatre Sylvie Sandid voit les cas dans son bureau: "La grippe survient un peu plus tard que l'année précédente, mais elle frappe beaucoup d'enfants à la fois", note le médecin spécialiste.

Les médecins généralistes et les pédiatres sont à la pointe des infections respiratoires aiguës dues au virus de la grippe. En cas d'urgence, le nombre de cas identifiés ne pose pas de problème particulier pour le moment: "La situation est la même que celle que nous connaissons chaque année, avec environ deux ou trois cas par jour, une trentaine de cas depuis le 1er février, ce qui n’est pas énorme. Cinq ou six personnes ont été hospitalisées, mais nous n’avions pas à nous organiser une organisation spécifique pour gérer le nombre de patients atteints de grippe, mais avec ce type de virus, les choses peuvent changer très rapidement. Soudain, une situation qui implique un changement de logistique "André De Caffarelli, chef du service des urgences de l'hôpital de Bastia, explique que les patients sont traités avec des antiviraux qui réduisent la durée de la maladie et sa contagiosité.

Dans les urgences d’Ajaccio, le docteur Ioan Patrut veut aussi faire attention: "Nous ne pouvons pas vraiment savoir si nous avons déjà atteint le pic. J'étais en service samedi soir et j'ai vu 4 cas de grippe confirmée, 3 enfants et un adulte, et pour l'instant nous avons environ 4 patients dans le secteur de la grippe."

Anne-Marie McKenzie, responsable de la cellule de veille, gestion des alertes et de la santé, estime que le pic n'a pas encore été atteint. Et le médecin doit rappeler toutes les mesures à prendre pour limiter la contagion. "Cette année, nous sommes confrontés à une épidémie de H1N1 avec un vaccin qui a priori, selon le ministère, n’est pas très efficace et est en rupture de stock dans les pharmacies. Il est donc nécessaire de multiplier les mesures de protection: le patient doit éviter de se frotter aux autres, en utilisant des mouchoirs qu'il jette à la poubelle. Le masque est une bonne pratique pour limiter la contagion puisque le virus traverse la toux et les postillons. " Un autre geste de "sens commun", n'oubliez pas: lavez-vous les mains fréquemment.

L’année dernière, l’épidémie de grippe a duré 9 semaines en Corse, du 1er janvier au 4 mars.

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