La galère des aides à la rénovation énergétique des logements

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Sur Internet, la colère gronde. J’ai envoyé à EDF un dossier d’isolation des combles en octobre 2019 pour bénéficier d’une prime estimée à 640 €. En novembre, on m’a demandé de renvoyer certains documents soi-disant illisibles… Et fin septembre, je reçois un mail m’avertissant du rejet pour cause de facture de plus de 10 mois ! Évidemment, puisqu’elle est entre leurs mains depuis bientôt un an.

Les témoignages de ce type fleurissent sur les forums comme ceux de Que Choisir ou de 60 millions de consommateurs. Ils concernent les « primes énergie » d’EDF mais aussi de Total ou encore Engie. Et les sommes se comptent très souvent en milliers d’euros. Un désarroi que constate Virginie Potiron, juriste à l’Institut national de la consommation. Nous recevons des courriers à ce sujet tous les jours. Les consommateurs essuient des refus dont les raisons sont parfois difficiles à comprendre.

Des milliers d’euros partis en fumée

EDF, Total ou Engie sont ce que l’on appelle des obligés dans le jargon du dispositif des Certificats d’économies d’énergie (CEE). Pour répondre à leurs obligations, ces fournisseurs et distributeurs d’énergie peuvent choisir d’inciter les consommateurs à investir dans des équipements peu énergivores. Ils effectuent leurs propres contrôles sur les dossiers avant de les renvoyer à un pôle national.

Mais les allers-retours peuvent être incessants. Ici, il manque le prénom du client ou une date de visite. Là, une coquille s’est glissée dans l’adresse. Pendant ce temps, l’argent promis n’arrive pas. Pire, les dossiers essuient parfois des refus définitifs. Le client voit ainsi des milliers d’euros partir en fumée. Sans qu’il y ait forcément de lien avec la qualité des travaux. Car toutes ces règles ont été créées pour éviter le développement des escroqueries. Mais, à l’arrivée, toucher les sommes promises est loin d’être acquis. Même pour les personnes bien informées et habituées aux démarches administratives. C’est encore plus vrai quand il s’agit d’une rénovation globale, faisant intervenir plusieurs professionnels.

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Épée de Damoclès

Pourtant, le gouvernement communique fortement sur ces aides. Les particuliers qui font une simulation sur le site MaPrimeRénov’voient apparaître non seulement le montant de la prime à laquelle ils peuvent prétendre, mais aussi la somme liée aux CEE. D’ailleurs, le communiqué de presse lui-même affichait ces montants dans la présentation des barèmes. Il faut dire, qu’avec plus de 4 000 € de CEE pour un ménage modeste qui change sa chaudière fioul pour une pompe à chaleur, le dispositif a de quoi séduire.

Sauf que, dans la réalité, rares sont les artisans qui font de bons devis ou factures du premier coup. Avant de signer quoi que ce soit, il faut avoir tout pointé. Encore faut-il que les règles soient affichées dès le départ, ce qui n’est pas toujours le cas.

Difficile de dire quel est le pourcentage de dossiers qui dysfonctionnent. Mais c’est une épée de Damoclès sur tous les projets. L’idéal est de se tourner vers les réseaux d’accompagnement comme les conseillers du réseau Faire, avant de signer tout devis. Notre travail à la base, c’est du conseil technique, pointe Soazig Rouillard, responsable du pôle Grand Public à l’Alec 35. Aujourd’hui, 70 % des conseils que nous donnons concernent les aides financières. Entre les CEE, MaPrimeRénov’, l’Eco-PTZ et les aides locales, monter un projet nécessite d’avoir le cœur bien accroché. Et malheureusement parfois, de pouvoir assumer les travaux sans compter sur ces aides.

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