La France dénonce l'opposition des Etats-Unis à "25 ans de progrès en faveur des droits des femmes"

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Le Conseil de sécurité des Nations Unies à New York le 13 juillet 2011 – Stan Honda AFP

La France a vivement critiqué l'attitude des Etats-Unis, mardi au Conseil de sécurité de
l'ONU, qui a vidé un projet de résolution allemand censé renforcer la protection des femmes victimes
violence sexuelle en période de conflit.

"Nous sommes consternés par le fait qu'un État a exigé la suppression de la référence à la santé sexuelle et génésique qui avait été approuvée" dans des résolutions antérieures de 2009 et 2013, a déclaré l'ambassadeur de France auprès de l'ONU, François Delattre.

Le texte amputé à la demande des États-Unis

"Nous regrettons que les membres permanents de ce Conseil aient menacé de veto pour contester 25 années de progrès en faveur des droits des femmes dans les situations de conflit armé", a-t-il ajouté. Après avoir été amputée de nombreuses mentions à la demande des États-Unis, mais aussi de la Russie et de la Chine, la résolution a été adoptée par 13 voix et deux abstentions, celles de Moscou et de Beijing.

"Des concessions importantes ont été accordées sous la pression de plusieurs membres permanents qui n'ont pas laissé le texte aller aussi loin que nous l'aurions souhaité", a déclaré François Delattre. "Il est inexplicable que l'accès à la santé sexuelle et reproductive ne soit pas explicitement reconnu aux victimes de violences sexuelles, qui sont souvent la cible d'atrocités et de mutilations barbares", a ajouté le diplomate.

Washington ne veut pas promouvoir l'avortement

Alors que "les victimes ont évidemment besoin de ces soins", "cette omission est inacceptable et porte atteinte à la dignité des femmes", a-t-il insisté. "De même, il est intolérable et incompréhensible que le Conseil de sécurité ne soit pas en mesure de reconnaître que les femmes et les filles qui ont subi des violences sexuelles en période de conflit et qui n'ont manifestement pas choisi d'être enceintes ont le droit de mettre fin à leur vie. grossesse, "at-il dit.

"Les femmes doivent pouvoir disposer librement de leur corps", a-t-il déclaré. Selon les diplomates, l'opposition de l'administration conservatrice de Donald Trump était décisive pour empêcher un consensus sur ce sujet. Depuis plus d'une semaine, Washington tente de supprimer dans le texte les références aux femmes qui tombent enceintes après un viol, afin de ne pas favoriser les avortements.

"Qu'est-ce que la communauté internationale veut rendre justice aux victimes"

Les lauréats du prix Nobel de la paix congolais Denis Mukwege et Yazidie Nadia Murad ont appelé le Conseil de sécurité de l'ONU
justice pour les victimes de violences sexuelles dans les conflits. "Aucune personne n'a été traduite en justice pour esclavage sexuel", a dénoncé Nadia Murad, faisant référence à sa communauté détruite par le groupe djihadiste "Etat islamique" en Irak et en Syrie.

"Nous faisons des discours à l'ONU mais aucune mesure concrète n'a été prise" sur la justice et "rien n'a été fait", a-t-elle insisté. "Ce que la communauté internationale attend pour rendre justice aux victimes", a également demandé Denis Mukwege, appelant également à la mise en place de tribunaux nationaux ou internationaux dédiés au procès des coupables de violences sexuelles dans le conflit.

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