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La France autorise l’extradition de François Compaoré, frère de l’ex-président du Burkina Faso

by Nouvelles

La France a autorisé vendredi l’extradition de François Compaoré, le frère de l’ancien président du Burkina Faso, vers son pays d’origine où il est recherché pour le meurtre d’un éminent journaliste.

Le Conseil d’État, la plus haute juridiction française pour les affaires impliquant les administrations publiques, a rejeté un appel des avocats de Compaoré contre une décision antérieure d’extradition, affirmant qu’il n’y avait aucun motif constitutionnel ou autre pour annuler la décision.

Compaoré est le frère cadet de Blaise Compaoré, qui a été évincé lors d’un soulèvement populaire en 2014 – après 27 ans au pouvoir qui ont commencé par un coup d’État – et s’est exilé en Côte d’Ivoire.

Le journaliste assassiné était Norbert Zongo, directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant et reporter d’investigation. Son corps carbonisé a été retrouvé le 13 décembre 1998, avec trois collègues tués dans une voiture incendiée sur une route au sud de la capitale Ouagadougou.

Les meurtres ont déclenché des manifestations de masse dans Burkina Faso et a attiré la condamnation internationale.

Au départ, un seul suspect, Marcel Kafando, membre de la garde présidentielle, a été inculpé pour le meurtre puis acquitté.

Zongo enquêtait sur la mort de David Ouedraogo, le chauffeur de François Compaoré.

Le Burkina Faso a clos l’enquête après avoir libéré le gardien, mais la justice a rouvert l’affaire après la destitution de Blaise Compaoré.

Une enquête indépendante ordonnée par le gouvernement suivant a conclu que l’assassinat était lié aux activités professionnelles du journaliste qui avait l’habitude de découvrir des irrégularités dans le régime de Compaoré.

Six suspects, tous membres de la garde présidentielle, ont été identifiés par les enquêteurs indépendants et trois ont été inculpés.

« Dignité, honneur et responsabilité »

La justice burkinabè soupçonne François Compaoré d’avoir ordonné le coup, bien qu’il n’ait été jusqu’à présent inculpé d’aucun crime.

police française l’a arrêté à l’aéroport Charles de Gaulle à Paris en octobre 2017 à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par le gouvernement de son pays. En 2020, le Burkina Faso a passé un accord avec la France pour son extradition.

Les avocats de Compaoré ont déclaré vendredi que leur client était prêt à affronter la justice de son pays “avec dignité, honneur et responsabilité”.

Mais ils ont ajouté dans un communiqué transmis à l’AFP qu’il estimait que l’extradition était motivée par des considérations politiques, et que le Conseil n’avait pas pris en compte le risque de torture, de traitement inhumain et d’un procès inéquitable qui l’attendait.

“Il serait certainement exposé à de tels risques s’il était remis au Burkina Faso”, ont-ils déclaré.

Compaoré a fait appel devant la Cour européenne des droits de l’homme dans l’espoir d’arrêter l’extradition, ont-ils déclaré.

(AFP)

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