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La France allume l’électricité au charbon dans le cadre d’un renversement de politique face à la pénurie nucléaire redoutée

La France va permettre à ses deux dernières centrales au charbon en exploitation de produire des émissions excessives cet hiver pour conjurer la menace de pénuries d’électricité résultant de la fermeture de certaines centrales nucléaires.

En vertu d’un décret gouvernemental devant être adopté d’ici la fin du mois, les centrales au charbon seront probablement portées à 1 000 heures de fonctionnement jusqu’au 28 février, contre 700 heures autorisées sur l’ensemble de l’année.

Le charbon ne couvre généralement pas plus de 2 % des besoins énergétiques de la France, loin derrière le nucléaire, qui produit 70 % de l’électricité.

Les médias allemands n’ont pas tardé à souligner le paradoxe de la situation, qui intervient au milieu d’un bras de fer entre Berlin et Paris sur leurs politiques énergétiques respectives.

Bien que l’Allemagne soit toujours fortement tributaire du charbon, elle abandonne progressivement le charbon et l’énergie nucléaire – cette dernière d’ici la fin de 2022 – avec l’intention globale de compter sur les énergies renouvelables pour 80 % de son futur mix électrique.

Réduction de puissance

Pendant ce temps, avec une dizaine de ses 56 réacteurs à l’arrêt pour maintenance, la France ne produit pas autant d’électricité qu’à l’accoutumée. Selon BFM TV, cela place le parc nucléaire français à 78 % de sa capacité de production.

Les températures froides récentes ont exacerbé les craintes d’une pénurie d’électricité, y compris vers le nucléaire que la France exporte.

Cependant, le ministère de la Transition écologique a déclaré à l’AFP que la décision de “relancer” le charbon ne modifierait pas le calendrier de fermeture des deux centrales à charbon encore actives en France : Cordemais, dans la vallée de la Loire, et Saint-Avold, en Moselle, qui borde l’Allemagne.

Alors que la centrale de Moselle doit être définitivement déconnectée du réseau en mars, celle de Cordemais pourrait continuer à fonctionner jusqu’en 2024 en raison de ce qui a été qualifié de “risques de tension de réseau”.

Les scientifiques du groupe d’experts sur le changement climatique du GIEC de l’ONU affirment que la production d’électricité au charbon, très polluante, émet 68 fois plus de CO2 que les centrales nucléaires pour produire de l’électricité.

Des centrales à charbon ont déjà été fermées au Havre, dans le nord de la France, et à Gardanne, dans le sud.

Ambitions nucléaires de l’UE

Le 31 décembre de l’année dernière, la Commission européenne a dévoilé une proposition controversée visant à qualifier les centrales nucléaires et à gaz de « vertes » en vertu de son taxonomie livre de règles d’investissement.

L’Allemagne et la France ont “convenu d’être en désaccord” sur la décision, mais si une majorité d’États membres la soutiennent, les nouvelles règles deviendront une loi de l’UE à partir de 2023.

La France a été l’un des principaux moteurs du mouvement. Dans un entretien avec le quotidien français le Journal du Dimanche le 9 janvier, le commissaire européen Thierry Breton a déclaré que l’UE devait investir massivement dans les centrales nucléaires de nouvelle génération.

Le Français a estimé un budget de plus de 500 milliards d’euros d’ici 2050 – dont 50 milliards d’euros seraient consacrés aux centrales existantes avant 2030.

« La transition écologique entraînera une révolution industrielle d’une ampleur sans précédent », a déclaré Breton.

L’UE veut devenir le premier continent neutre en carbone d’ici 2050. Pour y parvenir, le bloc s’est engagé à réduire les émissions de carbone de 55% cette décennie.

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