La campagne pour le hamburger belge fait mal et enflamme les réseaux

Une entreprise néerlandaise a choisi le dessin d'un homme frappant une femme pour promouvoir son phare de hamburger en Belgique. Elle l'enleva après quelques heures.

Par Jean-Pierre Stroobants Publié aujourd'hui à 03h34, mis à jour à 03h56

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L'image promotionnelle du hamburger a été publiée sur la page Facebook de la société GoodLife Foods, qui l'a retirée dix heures plus tard, après une vague de protestations sur les réseaux sociaux, le 9 octobre.
L'image de promotion du hamburger a été publiée sur la page Facebook de la société GoodLife Foods, qui l'a retirée dix heures plus tard, après une vague de protestations sur les réseaux sociaux, le 9 octobre. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Elle n'a pas rapporté le bon hamburger à sa chère et tendre et a ensuite reçu un coup de poing au visage: cette boîte de BD, imaginée pour une campagne de publicité, a suscité un véritable tumulte en Belgique.

Visiblement hermétique au phénomène #metoo et aux informations sur le féminicide (38 cas en Belgique l'année dernière) et sur la violence à l'égard des femmes, la société néerlandaise qui produit le Bicky, produit phare des friteries belges, n'avait, semble-t-il, pas mesuré degré de colère qui déclencherait son image. Celle d'un homme en costume et à la mâchoire carrée s'exclamant " Sérieusement? Un faux Bicky! " et poussant une jeune femme sur le tapis.

La société basée à Breda, GoodLife Foods, aurait été entourée par une agence dont elle préfère ignorer le nom pour cette campagne désastreuse. Elle a publié la photo sur sa page Facebook et l'a rapidement retirée environ 10 heures plus tard après une vague de manifestations sur les médias sociaux. Tentant d’abord de lui faire croire qu’elle voulait dénoncer les imitations de son burger, la firme a présenté ses excuses et ses regrets et elle " comprendre pour le débat dans les médias ".

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"Nous avons fait les mauvais choix", a déclaré un responsable de la société, qui prétend maintenant vouloir clore la controverse et demander "Actes positifs". Y compris l'aide aux institutions luttant contre la violence. Hypocrite? C'est l'opinion de beaucoup de gens. Et un coup d'œil sur les campagnes passées du fabricant indique que, moins brutal sans doute, ils émettent toujours un fort parfum de machisme.

Des centaines de plaintes

En Belgique, citoyens, ministres, médias et syndicats se sont, de toute façon, alliés, mercredi 9 octobre, pour dénoncer une campagne honteuse. le Comité d'éthique publicitaire a reçu des centaines de plaintes et les transmettra à son homologue néerlandais. Et les exploitants de "barils frits" – que GoodLife Foods appelle ses "revendeurs" – ont également exprimé leur consternation. Il fallait regarder sur le site de la firme pour trouver, quand même, un peu de banalisation de l’épisode et en invitant à " passez ".

Il reste à voir quel sera l'impact commercial de cette sinistre erreur sur le "hamburger belge" inventé en 1981 et devenu néerlandais depuis … Symbole de la "malbouffe" d'Outre-Quiévrain, ce mélange réunissant, il semble, la viande différente, est recouverte de chapelure, trempée dans de l'huile bouillante et noyée dans trois sauces avant d'être agrémentée d'une salade de concombres et d'oignons frits.

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