Tuesday, February 18, 2020

Joël Pommerat “Avec ces êtres fabriqués, on peut aller découvrir de quoi est faite l’humanité vivante”

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Joël Pommerat dit qu’il a du mal à parler de ses spectacles et celui-ci en particulier, qu’il n’est pas en mesure de commenter ou que les produire ne l’amuse pas, surtout quand le travail est si nouveau, et qu’il va rester en mouvement pendant longtemps. Et pourtant, sa parole n’est pas liée. Nous l’avons rencontré dans un fast-food japonais à Lyon.

Lisez aussi Joël Pommerat, les robots pour être réels

«Je ne suis pas entré dans ce projet avec une pensée mature et structurée. Je commence parfois un spectacle avec la ligne d’une histoire, ou de certaines grandes situations, de personnages, et presque un thème qui émerge. Pour Contes et légendes, Ce n’était pas le cas. Mon idée était de partir de l’enfance et de continuer avec ça. Mais l’enfance est tout et rien, elle ne détermine aucun contour, elle est vaste. Lorsque les robots sont apparus, j’ai essayé de comprendre, au-delà de l’intérêt et de la fascination de faire d’un jeu humain une “chose”, quel était leur lien avec l’enfance. Au creux, ces êtres manufacturés ont permis de mieux chercher de quoi était faite l’humanité vivante. Le point de départ est de créer une présence théâtrale, d’activer un processus qui est presque de l’ordre du phénomène à observer, sans le prétexte d’une histoire. Car souvent, assez rapidement, l’histoire prend le plus de place, ce dont on parle et on perd de vue la raison d’être de la pièce. L’essentiel de mon travail sur les robots a été de me plonger dans des fichiers, des livres, des vidéos, avec Marion Boudier, qui a également travaillé sur Ça ira bien, Fin de Louis.

«Nous sommes loin de concevoir des robots qui ressembleraient à ceux du salon. La rationalité occidentale s’est plutôt prononcée en faveur des êtres artificiels qui doivent se donner comme non humains. Mais je suis prêt à parier que plus nous pouvons le faire, plus les humains voudront que les objets robotiques leur ressemblent. Parce que même les relations avec les êtres dotés d’une intelligence artificielle se développent grâce au mimétisme et à un sentiment d’empathie.

“Dans Contes et légendes, il ne me semble pas que les enfants sont comme ceux que j’imagine quand je monte Cendrillon ou le petit Chaperon rouge. Les personnages des contes sont destinés à permettre aux enfants de s’identifier à eux. Pendant cette émission, je ne me préoccupais pas de construire des enfants qui intéressent d’autres enfants. C’est mon souffle de les faire exister sur une scène de théâtre et d’inventer, comme dans un miroir, le robot qui questionne leur authenticité. Faire quelque chose qui semble vraiment faux, sincèrement faux, m’a plongé dans un abîme de métaphysique et c’était un défi théâtral.

«Je ne sais pas si je ferais du théâtre toute ma vie. Avant de concevoir Contes et légendes et pour forger une autre équipe, une autre troupe, j’ai traversé une crise. L’envie, l’enthousiasme, l’énergie n’étaient plus là. J’étais fatigué mentalement et dans mon corps. Ce n’est pas le théâtre qui pose problème, mais pour être sûr que le projet en vaut la peine, que l’on embarque toute une équipe dans une aventure qui prend la route, que l’on n’interrompra pas à mi-chemin. Cependant, j’ai fait pendant cette période trois spectacles à la maison centrale d’Arles avec des personnes en détention, douces et simples. J’ai également mis en scène deux opéras, Pinocchio avec le compositeur Philippe Boesmans, et inondation co-écrit avec Francesco Filidei d’après la nouvelle d’Evgueni Zamiatine (1) … Donc, le stress d’une création, je le savais parfaitement.

“Cet état de vulnérabilité dans lequel j’ai été amené m’a conduit à m’écouter encore plus sur les raisons pour lesquelles nous créons un spectacle: pourquoi, avec qui, pour qui. J’ai aimé constituer une nouvelle troupe pour Contes et légendes et travailler avec des gens que je ne connaissais pas du tout, nous nous sommes choisis, ce fut un grand plaisir de faire des recherches ensemble.

“Je suis nomade, je vis rarement longtemps au même endroit, et j’ai rêvé de réhabiliter un lieu et d’en faire un théâtre. Il serait commode de répéter en un seul endroit. Pour Contes et légendes, nous avons répété près de six mois et dans une demi-douzaine de lieux différents. Pour moi, la forme extérieure de l’outil n’est pas la plus importante. Si je me sens bien aux Amandiers à Nanterre, c’est parce que le théâtre est parfait et paisible. Mais je ne voudrais jamais diriger une structure, aussi agréable soit-elle.

“Je suis dans les villes et je reste trop longtemps dans les salles de travail pour aller assez au théâtre, c’est une pénurie. J’aimerais vraiment prendre une année entière pour faire ça: voir les spectacles des autres. J’ai une inquiétude J’ai lu, j’essaye de suivre ce qui se joue aujourd’hui. Je suis peut-être sorti des moments de plomb qui me traversent parfois. “

(1) Prochaines dates à l’Opéra de Rennes (35) les 15, 16 et 18 janvier puis à l’Opéra de Nantes (44) les 29 et 30 janvier 1st et le 2 février.

Envoyée spéciale d’Anne Diatkine à Lyon

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