Jean-Michel Blanquer aime les évaluations ... mais pas pour lui

La ministre de l'Éducation croit beaucoup à l'évaluation, "Un levier de progrès indiscutable". De plus, en septembre, Jean-Michel Blanquer a décidé que tous les étudiants de CP, CE1, sixième et deuxième passeraient des tests nationaux de fissa pour évaluer leur niveau. Et ainsi, dit-il, aider les enseignants à adapter leurs pratiques d’enseignement.

Au ministre inquiet et méfiant, le ministre répond: "Nous devons aborder ces évaluations de manière informelle. N'essayez pas de créer des peurs, elles ne sont pas angoissantes, mais rassurantes. Sur le plateau de France 2, il a même déclaré: "Vous savez que c'est très agréable, tout le monde le fait, même pendant les vacances à la plage. Vous ne vous arrêtez pas pour tester vos magazines et, à la fin, vous êtes heureux parce que vous avez votre portrait. mordu la même idée … on vous dit qui vous êtes. "

Mais alors, si les évaluations sont un progrès, de plus "agréable"Pourquoi voulez-vous abolir le Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco), qui a pour mission d'évaluer l'efficacité des politiques éducatives? Le ministre aurait-il peur que sa propre action soit évaluée?

Une instance séparée

Bien que peu connu du grand public, Cnesco produit des études intéressantes et utiles pour le débat public. Nous lui devons la grande enquête sur la mixité sociale qui a permis de chiffrer une réalité vécue par des milliers d’élèves et d’enseignants. Ou le travail de fond sur l’enseignement professionnel, révélant l’écart qui existe entre les politiques qui répètent que le parcours professionnel est essentiel, tout en laissant les voies ouvertes connues des opportunités d’insertion, maigres ou inexistantes … Les rapports de Cnesco, nourris par des scientifiques travaux de recherche ont également le mérite de mettre en évidence des sujets qui ne sont pas nécessairement à l’ordre du jour des politiques.

Fini les folies et l'indépendance! Dans un projet de loi, que les syndicats ont découvert cette semaine, Cnesco se métamorphose en un "conseil pour l’évaluation des écoles". Sur le papier, la mission semble la même: "Le conseil, placé auprès du ministre de l'Education nationale, est responsable de l'évaluation indépendante de l'organisation et des résultats de l'éducation scolaire." Les similitudes s'arrêtent là.

Un organe d'évaluation des institutions?

Cnesco pourrait être autonome. Pas le nouveau conseil. La composition n'a rien à voir. Créé par la loi de 2013, Cnesco consistait en une voiture distincte. Pour garantir son indépendance, il avait deux députés et deux sénateurs de partis politiques différents. À partir de maintenant, ce sera un député et un sénateur choisis par les présidents des deux chambres, ainsi que par la majorité. Et pour le reste … Le nouveau conseil comptera quatre "Personnalités choisies par le ministre pour leur compétence dans le domaine de l'éducation" et "Quatre représentants du ministre". Il n'y aurait plus de représentants du Conseil économique, social et environnemental (CESE) comme aujourd'hui.

Le travail des membres sera un peu moins excitant. Dans l’état actuel du projet de loi, le conseil sera responsable de"Rédiger un résumé des différents travaux d'évaluation sur le système éducatif". Une agence pour produire des résumés de rapports produits par les services de l’éducation nationale? Merci pour l'utilité … En réalité, le conseil aura une autre mission, qui intéresse beaucoup plus le ministre: il sera responsable de l'évaluation des écoles. "La France est en effet l'un des derniers grands pays à ne pas avoir développé de politique nationale d'évaluation de ses écoles", justifie le ministère dans les motifs du projet de loi. Jean-Michel Blanquer croit beaucoup aux avantages de l’évaluation, pour "avancer". Sauf pour lui.


Marie Piquemal

Leave a comment

Send a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.