Jean-Marie Avisard, gardien de Monet

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Ce matin d'avril, à Giverny, dans l'Eure, la pluie ne s'est pas gâte à la lecture des parterres de tulipes roses qui font des clins à la façade – rose, également – et aux volets vert de la maison ( 1) où le peintre Claude Monet a travaillé de 1883 à sa mort, en 1926. Le nouveau chef jardinier, Jean-Marie Avisard, a fait les honneurs de ce jardin qui est vraiment l'un des plus photographiés au monde. And is is now, derrière le Mont-Saint-Michel, l’endroit le plus fréquenté de France avec 700 000 visiteurs annuels.

Cette affluence préoccupée par Hugues R. Gall, directeur de la Fondation Monet qui gère le lieu mais refuse d’augmenter le prix des billets d’entrée pour ne pas pénaliser les familles modestes. Il est arrivé encore que Jean-Marie Avisard et ses jardiniers aient été visiblement mieux accueillis par les visiteurs, alors, pour mieux les recevoir, les allées ont été élargies, bétonnées, et les massifs protégés par les bordures en brique…

L’esprit Monet

Devant la maison, des allées de graviers séparent les parterres d’où jaillissent d’innombrables tulipes. Rouges aux extrémités, elles sont orange, alors que l’on se rapproche de l’allée centrale, surmontée d’arceaux, où s’épanouissent les tons roses et blancs. «Cette année, nous avons planté 130 variétés de tulipes, 500 variétés de plantes bisannuelles et de vivaces. Au total, 400 000 végétaux », note Jean-Marie Avisard.

«Ces jardins s’apparentent à une œuvre picturale grandeur nature», explique le chef jardinier qui connaît par cœur. Il y travaille depuis trente et un ans. Jardin et espaces verts au lycée horticole d’Évreux et premier emploi dans un château, suivi par quelques contrats, il a travaillé à Giverny, comme saisonnier, pendant deux étés. Puis il a été embauché. «Au départ, je n’avais pas l’esprit Monet, confie-t-il. Quand arrive ici, il faut acquérir au contact avec les anciens. »

Monet et Auburtin, L’amour du paysage

Très vite, il est devenu responsable du «jardin d’eau». C’est sans doute la partie la plus célèbre et la plus belle des jardins de Giverny. En effet, après avoir aménagé le «clos normand» autour de sa maison, Claude Monet avait acheté une pâture de l’autre côté de la route (on y accède désormais par un passage souterrain).

S'avisant qu'un long longuer ce terrain, il y a fit creuser un étang, ceinturé par une promenade piétonne ponctuée de vivaces, d'iris, d'azalées, d'arbustes… À un bout, d'immenses glycines escaladent un pont japonais; à l’autre, les longues branches d’une saule pleureur flirtent avec l’eau. C’est sur cet étang que Monet a passé les dernières années de sa vie à la suite des effets de lumière de ses célèbres Nymphéas.

Un jardin-musée

Sur la renaissance de Giverny, après que Michel, le deuxième fils du peintre, une légende de la propriété à l'Institut de France, Jean-Marie Avisard est intarissable: c'est à Gérald Van der Kemp, ancien conservateur du château de Versailles, que l'on doit maintenant restaurer la maison et le jardin, désormais ouvert au public depuis quarante ans. C’est sa choulette et celle du premier chef jardinier, Gilbert Vahé, que le jardin «A été refait à l’identique, (à l’aide) photos et peintures de Monet ». «Bien sûr, quand ces documents n’existaient pas, il est un interprète fallu», admet Jean-Marie Avisard.

Aujourd’hui encore, même si ce jardin a toujours changé de couleur très souvent, «Rester fidèle à l’esprit de Monet» constitue l’immuable ligne de conduite des jardiniers. Le prédécesseur de Jean-Marie Avisard, qui s’était risqué d’innovations voire d’interprétations personnelles, a dû partir.

Les «Nymphéas» de Claude Monet, un don en hommage à la France

«La véracité historique doit être, par exemple, par exemple, introduire de nouvelles variétés parce que les anciennes disparaissent des catalogues des pépiniéristes», insiste Jean-Marie Avisard. Monet a été un précurseur, quand il a inventé un nouveau paysage et même créé des variétés d’iris, des pavots et des dahlias, jusqu’à maintenant. Le nouveau chef jardinier rétorque que Giverny est un «Jardin-musée dont il faut respecter l’esprit». Cela exclut-il le changement? «Non, mais il faut procéder par petites touches. »

Alors que les départs à la retraite se succèdent dans l’équipe des jardiniers qui ont remis en état le petit paradis de Claude Monet, il lui faut procéder à de nouvelles embauches pour récupérer «La volonté de travailler dans le même état d'esprit». Un gros défi.

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Inspiration de fils. La palette du peintre

«C’est évidemment Monet qui m’inspire. Ce jardin, c’est lui qui a voulu, pensé, aménagé. On retrouve sur ses toiles. Cet héritage nous oblige. Dans le jardin d'aujourd'hui, on doit retrouver la palette du peintre, les petites touches de couleurs qu'il utilisait, les dégradées quand même. Il faut que ce jardin soit très coloré, et en même temps composé avec des plantes très simples que le peintre aimait. »

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