Intimidation, fatigue, insultes ... Câblage et bagarre dans le sac, mode d'emploi

Intimidation, fatigue, insultes ... Câblage et bagarre dans le sac, mode d'emploi

Moscon a été viré du Tour après avoir craqué – AFP (Montage WP)
Gianni Moscon ne le sait peut-être pas, mais il porte très bien son nom en France. Après avoir été suspendu par
le ciel pour des insultes racistes contre Kevin Réza l'année dernière, après avoir supposément provoqué la chute de Sébastien Reichenbach quelques mois plus tard, l'Italien a été renvoyé de
Tour de France 2018, dimanche soir, pour avoir emballé Elie Gesbert alors que ce dernier était interposé pour laisser filer une échappée qui venait de se former et où son leader, Warren Barguil, apparaissait. "Les images que nous n'aimons pas voir pour notre sport", est triste
Adrien Petit (Direct Energie) de Belgique. Consultant pour Eurosport, notre homme de confiance Steve Chainel se permet d'aller plus loin: "Franchement, il est un imbécile, ou il ne comprend pas et quelqu'un doit lui expliquer, ou il le fait exprès."

Tour de France: Moscon, un coéquipier de Froome, exclu de la violence https://t.co/FKMiFGRJn1 via @ 20minutesSport pic.twitter.com/8I5dEKp7kh– 20 Minutes Sport (@ 20minutesSport) 22 juillet 2018

Bête, mauvaise, récidiviste, (Mos) con, mais pas pionnière en la matière: aussi dispersés qu'ils soient (on insiste sur ce point, ça n'arrive pas tous les jours), les combats ont toujours existé à vélo. Dans l'histoire récente des grandes tours, on peut citer par exemple le plus célèbre, entre
Rui Costa et Carlos Barredo en 2013 sur la Grande Boucle, ou l'échange de droits entre Gianlucca Brambilla et Ivan Rovny sur la Vuelta, deux ans plus tard. Dans le rayon de l'anonymat, et toujours en 2015, on peut aussi souligner le coup de poing de nulle part de Dmitriy Gruzdev sur le Tour de Turquie. Bref, il existe (d'autant que, comme le rappelle Chainel, «le cyclisme est un sport de contact»). La question est: comment se fait-on tourner sur les pédales?

La fatigue, le dénominateur commun

Adrien Petit: «Cela arrive le plus souvent sur des courses fatiguées pendant plusieurs semaines comme le Tour de France où nous sommes nerveux à cause de la fatigue, là-bas, il est plus probable que les gars perdent leur sang-froid.

Steve Chainel: "La fatigue peut mener à un combat, quand la fatigue est présente, il suffit qu'il y ait deux, trois échanges verbaux piquants pour que cela mène à une confusion." C'est comme un couple, quand l'un d'eux est mort, il peut s'en aller rapidement (rires) Tout le monde a de l'ego dans la meute pour que ça puisse arriver. "

Le déclencheur

La fatigue expose les coureurs à l'agitation des câbles mais ne les provoque jamais directement. Ce sera toujours un déclencheur, un point de désaccord («sur une tactique de course par exemple», illustre Chainel) conduisant à l'échange de mots doux et plus rarement de coups. Ou un facteur d'agacement. "Pour m'énerver, il fallait vraiment y aller, mais ce qui m'a le plus plu, c'était la petite vague qui vous met à la frontière, quand il y avait un bloc directionnel au milieu de la route et que vous n'étiez pas prévenu. pas ici pour jouer notre vie. »Adrien Petit dira que les arrogants arrogants sont sa kryptonite. "Il y a toujours des gars qui se sentent tous autorisés parce qu'ils ont un maillot d'équipe World Tour, parfois des jeunes qui pensent que parce qu'ils ont ce maillot, ils peuvent avoir tous les droits et être hautains avec vous. C'est un peu désagréable ", dit-il.

L'exception: le sprint, cette institution

Tour de France 2017, 4ème étape, sprint final. Mark Cavendish est sur le point de déborder Peter Sagan sur sa droite, au bout de la route. Le Slovaque se sent dépassé et pousse le coude britannique, qui est envoyé contre les barrières avant de tomber lourdement. Les deux hommes quitteront la Grande Boucle, l'un expulsé, l'autre blessé, suivant ce qui sera qualifié de classique au bout des étapes. En effet, le sprint est une institution au sein du peloton et on sent dans le discours des coureurs une plus grande tolérance à l'équilibre des pouvoirs lorsqu'il s'agit d'explications entre roquettes ou ceux dont la mission est de les placer en parfait état, le fameux poisson pilote. Sans doute parce que tout va plus vite et qu'il s'agit plus de réflexes que d'actes prémédités.

#Rediff VIDÉO. Tour de France 2017: Sagan a tiré le Tour pour son horrible coup de coude sur Cavendish https://t.co/fiu6xWfuLb pic.twitter.com/S1xVZZoJut– 20 minutes (@ 20 minutes) 5 juillet 2017

Adrien Petit: "Un gars qui doit réguler une échappée dans le peloton, il est peintre [coucou Moscon]. Par contre, un gars qui sait que son sprinteur doit être idéalement placé à 200m de la ligne d'arrivée ou un sprinter lui-même, est forcément exposé à un stress important et peut venir jouer aux coudes. "Il y aura toujours beaucoup de friction dans ce cas", ajoute Chainel. Le sprint d'aujourd'hui est la course de réservoir d'hier. De la casse mais aussi une conscience de caste. Nous nous blessons mais nous nous serrons la main à la fin. Il suffit de voir les échanges de classe entre Sagan et Cavendish après le malheureux épisode de l'année dernière pour le remarquer. "C'était plutôt bien", dit le consultant. Le tout est de comprendre l'erreur et non de la reproduire. N'est-ce pas, Gianni?

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