“Il était indomptable” – The Hollywood Reporter

Réalisateur Denis Villeneuve (Arrivée, Blade Runner 2049, Dune) rend hommage à son compatriote et compétiteur bien-aimé Jean-Marc Vallée (Dallas Buyers Club, sauvage, gros petits mensonges), qui est mort cette semaine à 58 ans.

Jean-Marc Vallée aimait la vérité. Je dois donc commencer par remettre les pendules à l’heure.

Je ne suis pas l’ami le plus proche de Jean-Marc Vallée. Nous étions des frères de compétition luttant pour l’attention de notre mère à tous, la Sainte Province de Québec. Jean-Marc n’arrêtait pas de dire qu’il était plus âgé que moi et que je devais le respecter. Il était plus en forme que moi. Plus sexy que moi. Il savait tout de la musique. C’était un prince. C’était une rock star. Il était tellement Jean-Marc ! Je l’aimais profondément et je l’admirais. Je ne sais pas ce qu’il pensait vraiment de moi. Sincèrement, je pense que j’étais le petit frère agaçant qui voulait jouer avec ses jouets.

Jean-Marc était un poète singulier. Un homme aux contrastes élevés. Il était charismatique, magnétique, d’un leadership fort, modeste et timide à la fois. Il était flamboyant, mystérieux et discret. Il était à l’épicentre de toutes les attentions mais très protecteur de sa vie privée. Il était doux, adorable, chaleureux mais pouvait être tumultueux. Il était passionné et attentif. Il détestait les écureuils et les mauvais conducteurs. Il était honnête, authentique, véridique et incroyablement généreux. C’était un homme nostalgique et un artiste ultra moderne. Il était solide comme une montagne mais hyper sensible. C’était un personnage pour le moins complexe.

À Montréal, après son succès à l’étranger, Jean-Marc devient un phare. Celui qui nous a montré le chemin. Il savait où étaient cachées les clés de la voiture. Il connaissait des passages secrets. Sa maison était ouverte. Sa table toujours remplie de bonne bouffe et de bon vin. À la fin de la nuit, nous étions tous rivés, écoutant les histoires incroyables de ses dernières aventures. C’était un conteur fantastique. Jean-Marc était curieux, il savait tout sur tout. Il aimait partager des découvertes culturelles. Il était fasciné par les nouveaux artistes, il aimait leur dynamisme, leur ambition, partageait leur vulnérabilité. Il aimait la jeunesse. Il comprenait la jeunesse. Cet âge où le monde est à vos pieds. Cet âge dévoré par cet appétit vorace de changement. Jean-Marc était jeune. Il était également passionné de rock & roll. Il a partagé la sensualité, le sex-appeal, la mélancolie et les cris des douleurs intérieures exposées des rock stars. Il aimait les rebelles.

Jean-Marc était lui-même un rebelle. Il était indomptable. Il n’a jamais suivi les règles d’Hollywood. Hollywood a accepté ses propres façons de faire les choses. Il était un vent d’air frais bien nécessaire dans un paysage cinématographique parfois léthargique. C’était un homme sans compromis. Il visait la vérité émotionnelle et l’authenticité de la vie. Son cinéma était consacré aux forces de gravité entre les êtres humains et aux inévitables collisions de sujets à grande vitesse évoluant dans un salon exigu. Son cinéma était entièrement familial. Famille élargie. Famille reconstituée. Famille brisée. Famille éclatée. Famille pulvérisée. Torture de la famille. Les ruines de la famille. La renaissance de la famille. Lien de famille. L’amour de la famille. L’essence de l’essentialité de la famille. Matrice fondamentale de la désorientation et des gloires humaines.

Jean-Marc aimait l’humanité là où elle fait mal, se concentrant sur ce foyer intérieur caché de douleur, de honte et de chagrin. Il a embrassé nos blessures, nos faiblesses, nos côtés les plus sombres, sans jugement, mais avec une empathie infinie. Il aimait l’humanité, ne cherchant pas sa rédemption ni son évolution, mais embrassant sa condition. Plus précisément, il a été profondément ému par l’âme torturée, le décrocheur, le marginalisé. Ceux qui portent la croix de la différence dans des sociétés où la différence reste un fléau. Son cinéma est né de l’humanité de l’or brut pur.

Et comme cadeau de lumière, il se plaisait à ajouter ce qu’il appelait, une touche de magie : un garçon qui pouvait guérir les autres, une nuée de papillons apportant un moment de paix, des pas fantomatiques sur une plage au lever du soleil, des ronds parfaits de fumée de cigarette danser sur David Bowie’s bizarrerie de l’espace.

Avec Jean-Marc, il s’agissait d’amour, de foi, de musique, de passion et de l’insoutenable solitude des êtres.

C’était un génie dans l’âme et son cœur était une supernova.

Mes sincères condoléances à sa famille, ses amis et collègues.

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