Hardy Kruger est mort : au revoir, garçon blond de Berlin

Net Hardy Krüger est également mort.Quiconque dépasse ne serait-ce qu’un peu les années 50 ou 60, quiconque a ne serait-ce qu’une petite expérience cinématographique avec cette époque, verra la fin du monde. Oui, il n’y a pas d’autre moyen de le dire. Avec la mort du charismatique acteur, écrivain, aventurier et éclaireur politique à l’âge de 93 ans, le temps touche enfin à sa fin où le cinéma allemand et la télévision allemande étaient encore en contact avec les débuts de notre système politique. Et même au-delà. Hardy Krüger a fait ses débuts en tant qu’enfant acteur en 1943 dans le film de propagande nazie “Junge Adler” d’Alfred Weidenmann.

C’est une vie allemande exemplaire, qu’aucun autre acteur de sa génération n’a probablement menée, qui s’achève aujourd’hui après de longues années bien remplies. Exemplaire pour la génération dite sceptique, qui avait tiré la seule leçon existentielle de la chute du IIIe Reich : « Plus jamais ça !

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Parce que Hardy Krüger lui-même était censé soutenir le terrible régime hitlérien en tant qu’élève d’élite dans une école Adolf Hitler. Adolescent, il avait assisté aux machinations criminelles du national-socialisme, il s’en était détourné dans l’avant-dernière année de la guerre, il avait déserté et été condamné à mort, mais comme son pays, il s’était relevé comme un phénix après la césure de 8 mai 1945 renaît de ses cendres et prêta main forte, à sa manière, à la reconstruction de son pays.

“Un est passé”

Il a conservé l’image du jeune aigle, l’homme brave, droit et juste. A la fin des années 1950 et au début des années 1960, même à l’international, il aimait donner l’hallodri, mais encore plus le combattant pour la bonne cause : « One came through » était le nom d’un de ses films les plus réussis en 1957, et bien sûr il signifiait la guerre, cette entreprise maudite d’un mégalomane qui utilisait Hardy Krüger et sa génération comme chair à canon.

Et il avait l’air si bien ! fais comme lui ! C’est ce que voulaient les hommes allemands de l’époque. Si jamais nous avons eu une réponse allemande à James Dean, c’était Hardy Krueger. Ni le gentil Claus Biederstaedt, ni le brave Karl-Heinz Böhm, ni même Joachim Fuchsberger, qui s’est également fait connaître pour ses rôles de soldat, et certainement pas la jolie Filou Horst Buchholz. Non, c’était le garçon blond de Berlin, toujours reconnaissable à son museau kodder. Hardy Kruger, un jeune homme en colère bien plus que le rêveur Jimmy Dean, qui semblait toujours un peu impuissant, et qu’on ne pouvait vraiment pas imaginer en uniforme.

Hardy Krüger dans la production britannique

Hardy Krueger dans la production britannique “Head Through the Wall” (1958)

Quelle: photo alliance / Everett Collection

Enfin, Hardy Krüger s’est battu contre la superficialité du cinéma allemand d’après-guerre. Bien sûr, il devait aussi faire bonne figure au mauvais jeu et endosser le rôle principal dans un raté comme “Je ne peux pas épouser tout le monde” (1952). Mais lorsqu’il condescend à l’adaptation de l’opérette “Die Christel von der Post” quelques années plus tard, il pose comme condition qu’une scène de boxe lui soit incluse, afin que l’ensemble ait un caractère un peu plus lapidaire.

Puis il montrait aussi allègrement la peau nue et jouait torse nu, un haut du corps, soit dit en passant, dont, dix ans après la fin de la guerre, on voyait encore les années de faim. Salle de sport : aucune.

Révolte contre l’idylle

C’est aussi un exemple de la biographie de Krüger : la rébellion contre la fuite dans l’idylle que le cinéma de la jeune République fédérale a défendu pendant de nombreuses années. Krüger était attiré par l’Amérique, il voulait voir le monde. Mais lorsqu’il réalise qu’Hollywood a aussi ses contraintes et ne l’utilise jamais que comme soldat allemand (voir “Le pont d’Arnhem”), il en tire vite les conclusions nécessaires et tourne le dos à l’usine à rêves.

L'acteur allemand Hardy Krüger visite un chantier de construction dans sa ferme Momella Game Lodge en Tanzanie avec sa fille Malaika à la main et son fils Hardy à côté de lui.  Enregistrement du 17/11/1970.  L'acteur construit des maisons rondes pour les touristes sur le terrain de sa ferme.  Photo : Horst Ossinger +++(c) afp - Rapport+++ [dpabilderarchiv]

Hardy Krüger, sa fille Malaika et son fils Hardy 1970 à Krüger’s Farm Momella Game Lodge en Tanzanie

Quelle: picture-alliance/ dpa

Dans les décennies qui suivirent, elle étendit considérablement son rayon d’action. Il a écrit des romans, son autobiographie (“Young Unrest”). Il a clarifié le régime nazi, il est allé dans les écoles, est monté sur les podiums pour annoncer son “Plus jamais ça !”. Il a fait campagne pour l’Afrique post-coloniale, a lui-même dirigé une ferme en Tanzanie et a également écrit un livre très acclamé à ce sujet.

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Quand il rentrait en Allemagne et se présentait au public, il y avait toujours un grand bonjour, jusqu’à la fin. Sa chaleur, ses appels à l’optimisme, son refus des larmes et de l’auto-indulgence : ça passe bien. Cela a rappelé à ses compatriotes les qualités qu’ils devaient remercier pour se remettre sur pied après la fin du monde.

Hardy Krueger lit des extraits de son livre 'Tango Africano' dans la librairie Schmorl & von Seefeld.  Hanovre, le 7 octobre 2011

Hardy Kruger lors d’une lecture en 2011

Quelle: picture alliance / Geisler-Fotopress

La génération de Hardy Krüger, Joachim Fuchsberger, a inventé l’expression “vieillir n’est pas pour les lâches”. Un titre de livre de Hardy Krüger pourrait être placé à côté de cela. C’était : “Celui qui meurt debout vit plus longtemps”.

Il est resté debout, aussi dans son engagement politique contre l’extrémisme de droite, jusqu’au bout. Et il a vécu, déterminé et inflexible, plus longtemps que tous ceux avec qui il avait commencé. Le 19 janvier 2022, il est décédé à Palm Springs, en Californie, sa maison d’adoption. Il avait 93 ans. Hardy Krüger, l’un des derniers du genre, avec qui on perd beaucoup.

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