Grand Est: un haut responsable a drogué ses collègues pour qu'ils urinent devant lui

0
14

Un haut responsable du ministère de la Culture aurait humilié 200 femmes en neuf ans. Il a été démasqué alors qu'il prenait des photos sous la jupe d'un sous-préfet de la Moselle.

Ministère de la culture à Paris, le 4 avril 2007. (© AFP / Archives / JACQUES DEMARTHON)

Diurétiques dans le café: les femmes accusent un vieil homme haut fonctionnaire du ministère de la culture de les avoir humiliés en les incitant à uriner devant lui et en les photographiant. L’homme est poursuivi notamment pour agression sexuelle.

Libération, qui détaille vendredi 8 novembre 2019, dans une longue enquête, les actes reprochés à cet ancien recruteur du ministère, affirment qu'il aurait fait plus de 200 victimes en 9 ans. L'affaire avait été révélée par le Canard Enchaîné mai dernier.

"C’est une folle affaire de pervers" a réagi vendredi sur Europe 1 le Ministre de la Culture Franck Riester. Il a déclaré avoir été "choqué" par les événements survenus avant son entrée en fonction rue de Valois en octobre 2018.

Lire aussi: #Metoo et les inégalités entre hommes et femmes: les Français plus conscients, mais des progrès restent à faire

Au ministère de la Culture puis à Drac Grand Est

"Entre 2009 et 2018, plus de 200 femmes (…) ont été photographiées et / ou intoxiquées par des diurétiques, à leur insu, au ministère de la Culture puis au Direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région du Grand Est"Écrit Libération, basé sur de nombreux témoignages.

Selon le journal, cet ancien directeur adjoint des politiques de ressources humaines d'abord versé un diurétique dans une boisson chaude, qu’il a proposé aux candidats à des postes au ministère. Il a ensuite isolé ses victimes pour exhortez-les à uriner devant luipar exemple en leur offrant une visite du quartier, en suivant un itinéraire "pour isoler leurs victimes et les éloigner des cafés ou des musées où elles pourraient trouver des toilettes". Une femme témoigne dans la vie quotidienne:

"J'étais au bord de l'inconfort. Sous un pont (…), j'ai uriné. En attendant, il tenait son manteau devant moi pour me cacher et me regarder au visage.

Arrêté en train de photographier les jambes d'un sous-préfet

Le DRH a consigné ses actes dans un fichier informatique intitulé "Expériences", contenant des détails et des photographies, dans lequel il a enregistré, minute après minute, les ennuis de ses victimes, selon cette enquête.

"Je voulais être arrêté avant", déclare l'ancien haut responsable de Libération, reconnaissant pour sa part avoir en état d'ébriété "dix ou vingt" femmes.

L'affaire a été révélée le 15 juin 2018 au Drac du Grand Est, où l'homme a été attrapé sur place photographier "discrètement" les jambes d'un sous-préfet de la Moselle. Il a été suspendu en octobre puis licencié en janvier 2019.

Placé sous contrôle judiciaire, il fut inculpé pour "administration de substance nocive", "agression sexuelle de la part d'une personne abusant de l'autorité conférée par sa fonction", "d'atteinte à la vie privée par la fixation d'images" ", de" Violence de la part d'un fonctionnaire "et "infraction en matière de drogue", selon une source judiciaire.

Lire aussi: Plainte pour harcèlement sexuel: une évaluation psychiatrique de Jean-Marc Morandini demandée

Informations judiciaires ouvertes

UNE l'enquête judiciaire a été ouverte 24 octobre 2019 par le bureau du procureur de Paris.

"Une procédure disciplinaire a été ouverte à son encontre, entraînant son limogeage", confirme le ministère de la Culture.

"Dès que le ministère a été informé des informations de ses agents, il a entamé des démarches auprès du procureur. C'est à cet égard qu'une procédure judiciaire est en cours", a déclaré l'AFP au ministère de la Culture.

Celui-ci mis en place une cellule d'alerte, d'écoute et de reporting, destiné à tous ses agents.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.