"Gilets jaunes" et justice fiscale

Article réservé aux abonnés La crise des "gilets jaunes" pose une question centrale pour la France et l'Europe: celle de la justice fiscale. Depuis son élection, Emmanuel Macron a passé son temps à expliquer au pays qu'il est nécessaire de chérir le "premier cordée" et que la priorité était d'accorder des réductions d'impôts aux plus importants patrimoines, à commencer par la suppression des ISF. . Tout cela a été réalisé de manière éclatante, avec un sentiment de toute-puissance et une conscience totale. Même Nicolas Sarkozy avait été plus prudent en 2007 avec son "bouclier fiscal", qu'il devait néanmoins annuler en 2012. Inévitablement, tous ceux qui ne se considéraient pas comme des "leaders de la corde" se sentaient abandonnés et humiliés par le discours macronien. voici comment nous nous retrouvons dans la situation actuelle. Le pouvoir en place a commis une série d'erreurs factuelles, historiques et politiques, qu'il est urgent de corriger aujourd'hui. Il a d'abord cherché à justifier la suppression des FSI par l'idée que cette taxe était à l'origine d'une hémorragie d'actifs hors de France. Le problème est que cette déclaration est totalement fausse d'un point de vue factuel. Depuis 1990, le nombre et le montant des avoirs déclarés à l'ISF ont augmenté de manière spectaculaire et continue. Cette tendance s’est manifestée dans toutes les tranches des FSI, en particulier les plus élevées, où le nombre et la quantité de patrimoine financier ont augmenté encore plus rapidement que les avoirs immobiliers, qui ont eux-mêmes augmenté beaucoup plus rapidement que les avoirs immobiliers. PIB et masse salariale. Les baisses des marchés boursiers de 2001 et 2008 ont temporairement apaisé cette tendance, mais les tendances à long terme ont repris dès les dernières crises. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les "vestes jaunes" visent la suppression des ISF, le "péché originel" de Macron Un contrôle fiscal insuffisant Au total, les revenus des ISF ont plus que quadruplé entre 1990 et 2017, passant de 1 milliard à plus de 4 milliards euros, tandis que le PIB nominal a été multiplié par deux. Tout cela malgré les nombreuses concessions, exonérations et plafonds accordés au fil des ans aux ISF contribuables, et malgré le fait que le seuil d’entrée dans les ISF a été progressivement relevé de 0,6 million d’euros de valeur nette en 1990 à 1,3 million d’euros depuis 2012 (après déduction de 30% sur la valeur de la résidence principale). Le contrôle fiscal de cette taxe a d'ailleurs toujours été insuffisant. Considérons, par exemple, que des déclarations préremplies existent depuis dix ans pour l'impôt sur le revenu, mais qu'elles n'ont jamais été appliquées pour l'ISF, alors que les banques pourraient parfaitement transmettre toutes les informations nécessaires aux autorités fiscales. En 2012, la déclaration détaillée est même tombée au-dessous de 3 millions d'euros (il suffit d'indiquer un montant total d'actif, sans aucune possibilité de contrôle systématique).

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