Fatigués d'être exploités, des livreurs indépendants créent leur propre plateforme de distribution de repas

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Un livreur de vélo (illustration) – GERARD JULIEN / AFP

  • FeedMi est la première application de livraison de repas créée par des livreurs indépendants à Lille.
  • Le système est gagnant-gagnant pour le client, le restaurateur et le livreur.
  • C’est aussi un moyen de lutter contre les monstres de la livraison de repas à domicile.

"On en a marre d'être pigeon et de passer pour des esclaves. Ce cri en forme de cœur de ras-le-bol sort de la bouche d'Abderrahim Taoufiq-Allah. Ce Lilleois de 27 ans travaille depuis longtemps pour des plateformes de livraison de repas. (Deliveroo, Uber Eats, Foodora …) pour financer ses études d'ingénieur.

Mais après avoir été licencié du jour au lendemain, le jeune homme a eu l’idée avec son cousin Abdelhalim, développeur de sites Web, de créer la première plate-forme de distribution indépendante de produits alimentaires dans la métropole lilloise. FeedMi. "Nous voulons créer des emplois pour nous, explique cet étudiant de Polytech Lille. Si une plateforme impose ses heures, ses tarifs et sa facture, elle n'est plus un statut d'auto-entrepreneur."

Après quatorze mois de travail et un investissement de plus de 50 000 euros, Abderrahim et ses amis, qui travaillent tous pour des plateformes de diffusion, ont lancé l'application FeedMi au début du mois d'août. Le principe est le gagnant pour tout le monde: le restaurateur, le client et, bien sûr, le livreur.

Un système gagnant-gagnant

"Dans les plates-formes de livraison, le restaurateur reçoit 65% du prix de la commande et la plate-forme, 35%, explique le président-fondateur de FeedMi. Le livreur reçoit en moyenne de 3 à 3,5 euros par course et par partie Avec FeedMi, cela correspond à 75% du prix de la commande pour le restaurateur, à 17% pour le livreur indépendant et à tous les frais de livraison, les 8% restants étant utilisés pour financer le développement de l'application. le client paiera le même prix que celui affiché au restaurant, frais de port exclus. "

Concrètement, pour une livraison de 40 euros, où le conducteur peut atteindre une moyenne de 5 euros sur une plateforme, il peut atteindre près de 7 euros avec FeedMi.

"C'est le même système, mais sans me faire arnaquer"

"Et si le conducteur effectue 10 à 15 livraisons par jour, il peut gagner 100 euros par jour en travaillant six ou sept heures. En gros, il s’agit du même système (comme les plates-formes traditionnelles), mais pas de l'arnaque. Nous proposons un contrat où le conducteur est toujours le gagnant. Nous travaillons pour nous-mêmes. Il a été proposé aux livreurs d'investir pour nous aider à développer le projet tout en devenant actionnaire ", résume Abderrahim Taoufiq-Allah.

En moins de deux semaines, 25 pilotes se sont inscrits sur l'application. Un chiffre qui pourrait doubler d'ici la fin août. Quant aux restaurants, ils ont seize ans à accepter de travailler dans quelques jours avec la nouvelle plate-forme. Premier du genre à concurrencer les géants du marché sur son territoire, FeedMi espère donner des idées à d’autres livreurs en France. Même s'il faudra d'abord conquérir le marché lillois.



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