Facebook fait face à l'hémorragie de ses dirigeants

Chris Cox, l'un des plus proches lieutenants du fondateur, Mark Zuckerberg, a annoncé qu'il quittait le réseau social.

Par Alexandre Piquard Publié aujourd'hui à 17h19, Mis à jour à 17h19

Temps de Lecture 3 min.

Chris Cox a récemment été promu au poste de chef de produit, supervisant Facebook, mais aussi Instagram et WhatsApp. Ici en 2016 à Paris.
Chris Cox a récemment été promu au poste de chef de produit, supervisant Facebook, mais aussi Instagram et WhatsApp. Ici en 2016 à Paris. LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le coup est dur. Le vendredi 15 mars, Facebook a annoncé le départ de deux dirigeants importants. Tout d’abord, Chris Cox, 36 ans, qui était l’un des lieutenants les plus proches du fondateur, Mark Zuckerberg, et a même parfois présenté son successeur potentiel. Arrivé chez Facebook il y a treize ans, il était l'un des quinze premiers ingénieurs. M. Cox a participé au lancement du "fil d'actualité", est devenu le cœur du réacteur de réseau social. Récemment, il a été promu chef de produit, supervise Facebook, mais aussi Instagram et WhatsApp, achetés par le groupe. L’autre dirigeant au départ est le chef de WhatsApp, Chris Daniels, une application sur laquelle Zuckerberg fonde néanmoins une partie de l’avenir de son entreprise.

La perte de ces deux têtes semble liée à des désaccords sur le nouvel axe stratégique de la société: la réconciliation de WhatsApp, Instagram et Messenger pour lancer une messagerie unifiée et cryptée. Ce nouvel horizon a été officialisé par Mark Zuckerberg le 3 mars. Selon New York Times, MM. Cox et Daniels craignaient que cette fusion rende ces plates-formes, très différentes, moins attrayantes pour leurs utilisateurs actuels. Il y a aussi la question de l'autonomie et du modèle commercial de ces filiales: les dirigeants de WhatsApp ont toujours hésité à partager les données des utilisateurs avec Facebook et à leur diffuser des publicités ciblées.

C'est déjà pour ce genre de différend que les fondateurs de WhatsApp ont laissé Facebook dans la tourmente, mi-2018, non sans dire publiquement leurs griefs et leur attachement à la " vie privée ". En septembre, les créateurs Instagram Kevin Systrom et Mike Krieger ont également quitté le groupe puis l’ancien PDG d’Oculus, Brendan Iribe. Mark Zuckerberg ne peut pas garder les brillants entrepreneurs, il a acheté des services concurrents.

Cycle noir ouvert fin 2016

Le cycle noir a ouvert pour Facebook à la fin de 2016. Les accusations de manipulation lors de l'élection de Donald Trump ont provoqué de nombreuses défections. Puis, en 2018, le scandale Cambridge Analytica, du nom du fournisseur qui a aspiré les données de plusieurs millions de profils sur le réseau social, a déclenché une vague de départs: le chef de la sécurité, Alex Stamos, le responsable de la communication et des affaires publiques de dix ans, Elliot Schrage, directeur de la communication, Rachel Whetstone, ou Dan Rose, éminent dirigeant d'entreprise chez Facebook depuis 2006, a quitté l'entreprise.

"Aime le ou deteste le," Zuckerberg est prêt à pousser sa stratégie, "Même face à un défi extrêmement fort" et "Même si cela conduit à des départs cadres extraordinaires qui ne sont pas d'accord, " a commenté sur Twitter Ben Horowitz, Andreessen Horowitz, partenaire du fonds, créé avec Marc Andreessen, membre du conseil d’administration de Facebook.

"Même s'il est triste de perdre de si bonnes personnes, cela crée également une opportunité pour les nouveaux dirigeants, motivés par le chemin que nous empruntons, d'assumer de nouveaux rôles plus importants", voulait positiver le PDG de Facebook dans un communiqué. Zuckerberg a promu Will Cathcart à la tête de WhatsApp et Fidji Simo (France) à la tête de la plateforme Facebook.

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Une enquête est ouverte

D'autres recrues externes ont également renforcé les rangs de l'entreprise, Nick Clegg, ancien vice-Premier ministre britannique, devenant fin 2018 directeur de la communication et des affaires publiques de Facebook.

Ces arrivées ne compensent que partiellement l’importance des départs. D'autant que la numéro deux officielle du groupe, Sheryl Sandberg, est fragile, car elle est chargée de veiller à l'intégrité de la plate-forme Facebook, un domaine qui concentre les critiques, y compris les autorités publiques. Dernier sujet brûlant: une enquête pénale ouverte jeudi aux États-Unis sur l'accès aux données des utilisateurs accordées par Facebook aux entreprises & # 39; Partenaires & # 39; comme Apple, Netflix ou Amazon.

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Ces sollicitations répétées des autorités ont mis en lumière dans la presse américaine la crainte que les dirigeants restants de Facebook ne soient de plus en plus victimes d'un syndrome connu. "distraction". C’est ce qu’aurait été à la fin des années 90 la haute direction de Microsoft, trop occupée par les poursuites en droit de la concurrence pour se concentrer sur l’innovation. La légende du "tech" américain veut qu'il ait favorisé l'émergence de Google … et de Facebook.

Alexandre Piquard

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