Explication : Pourquoi y a-t-il une ligne de pêche entre la France et le Royaume-Uni ?

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Les relations entre la Grande-Bretagne et la France ont plongé à un niveau historiquement bas au milieu d’une dispute de longue date sur les droits de pêche post-Brexit.

Paris a menacé de représailles si les ministres n’accordaient pas plus de licences aux pêcheurs français, la Commission européenne déclarant que le différend devait être réglé d’ici le 10 décembre.

La principale source de discorde est le nombre de licences de pêche dans les eaux autour du littoral britannique pour les petits navires français qui peuvent prouver qu’ils opéraient dans ces eaux avant le Brexit.

Une nouvelle dispute a éclaté en octobre après que les autorités françaises ont arrêté un navire lors de contrôles pendant la nuit au large du port nord du Havre. La ministre française des Mers, Annick Girardin, a affirmé plus tard que le bateau n’était pas autorisé à pêcher dans les eaux territoriales françaises.

La dégradation des relations a été accentuée par une querelle sur les migrants traversant la Manche et l’exclusion de Paris du pacte de défense AUKUS.

La norme examine comment la ligne de pêche a éclaté.

Que se passe-t-il le 10 décembre ?

La Commission européenne a fixé au 10 décembre la date limite pour que le Royaume-Uni résolve son différend sur la pêche avec la France.

Après cette date, les ministres français chercheront à faire pression sur les autres pays du bloc pour qu’ils prennent des mesures punitives contre le Royaume-Uni.

Cela diffère des mesures de rétorsion dans le passé qui n’ont été menacées que par la France.

Lors du dernier acte de protestation du 26 novembre, des pêcheurs français ont bloqué des ferries tentant d’accéder au port nord de Calais.

Une demi-douzaine de bateaux ont bloqué les navires de fret britanniques à l’approche du port.

«Nous voulons récupérer nos licences», lit-on sur une banderole en anglais accrochée à l’un des navires.

Selon le Quotidien Expressles ministres britanniques pourraient être contraints de modifier la mise en œuvre des règles de pêche dans l’accord sur le Brexit afin d’apaiser les responsables de l’UE.

Un blocage potentiel des ports et des contrôles accrus des marchandises pourraient provoquer le chaos dans les semaines précédant Noël, craint-on.

Qu’est-ce qui a causé la dispute ?

La France affirme que le Royaume-Uni a refusé d’accorder à ses pêcheurs le nombre total de licences pour opérer dans les eaux britanniques qui, selon la France, sont justifiées.

Cependant, la Grande-Bretagne affirme qu’elle ne délivrera des licences qu’aux navires qui répondent à ses critères.

Dans le cadre de l’accord sur le Brexit conclu par Boris Johnson, les bateaux français de moins de 12 mètres de long sont autorisés à pêcher dans les eaux côtières du Royaume-Uni.

Pour ce faire, les chalutiers doivent fournir aux autorités un dossier de leur expérience de pêche antérieure dans ces zones et une licence appropriée.

Mais la fureur française a été déclenchée après que le gouvernement de Londres a annoncé en septembre qu’il n’avait approuvé que 12 des 47 demandes qu’il avait reçues de petits bateaux français.

En décembre, le gouvernement britannique a déclaré qu’il avait autorisé près de 1 700 navires de l’UE à pêcher dans les eaux britanniques, mais n’a pas fait le point sur le nombre de petits navires qui avaient obtenu une licence.

Que s’est-il passé au Havre en octobre ?

La ligne de pêche s’est approfondie fin octobre après que deux bateaux de pêche britanniques ont été condamnés à une amende après que l’un n’a pas respecté les contrôles de police et que l’autre n’a pas été en possession d’une licence appropriée, selon le ministère français de la Marine.

Un chalutier a été condamné à une amende pour obstruction aux contrôles après avoir initialement refusé une demande d’embarquement par la police, selon le communiqué.

Cependant, il a été constaté par la suite qu’il n’avait pas enfreint la réglementation.

Le ministère français de la Marine a déclaré que le deuxième bateau ne figurait pas sur une liste de navires britanniques titulaires de licences accordées par la Commission européenne et la France. Le bateau reçoit alors l’ordre de se dérouter vers Le Havre.

Qu’est-ce que les Français ont menacé de faire sans un accord ?

En représailles, le ministre français de l’Europe, Clément Beaune, a déclaré la semaine dernière que les mesures punitives pourraient inclure une interdiction pour les chalutiers britanniques de débarquer leurs prises entre l’ensemble de l’UE et le Royaume-Uni.

Il a déclaré la semaine dernière à la radio française RTL: “C’est la Commission européenne qui a dit aux Britanniques – donc toute l’Europe ensemble – que si vous ne faites pas de grands gestes avec beaucoup de licences le 10 décembre, nous ne sommes plus dans un Dialogue européen.

Sur l’éventuelle interdiction par les Français, M. Beaune a ajouté : « C’est une des options possibles mais il vaut mieux, pour être honnête, avoir des mesures européennes.

« Toutes les options sont sur la table, car il vaut mieux dialoguer, mais… si cela ne porte pas ses fruits, nous pouvons prendre des mesures européennes.

La France a déjà menacé d’interdire à tous les navires britanniques de débarquer leurs prises dans ses eaux.

Paris s’est également engagé à interdire toutes les importations britanniques de fruits de mer et à imposer des contrôles supplémentaires sur les marchandises en provenance et en provenance du Royaume-Uni.

Qu’a dit la Grande-Bretagne pendant la dispute?

Dans ses derniers commentaires sur la question, un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré que des “discussions techniques” se poursuivaient avec la Commission européenne et les autorités françaises.

Ils ont ajouté: «Notre approche des licences de pêche est fondée sur des preuves et parfaitement conforme à l’accord de commerce et de coopération. Au total, nous avons autorisé près de 1 700 navires de l’UE à pêcher dans nos eaux.

“Lorsque les navires ont fourni les preuves requises, nous avons délivré des licences et continuerons de le faire.”

Ils ont ajouté: “Nous continuerons d’examiner les preuves à l’appui des demandes restantes et les discussions se poursuivront avec la Commission européenne cette semaine.”

Downing Street a précédemment promis de riposter à toute menace proférée par les Français. Suite à la dispute au Havre, ils ont insisté sur le fait qu’une réponse suivrait et serait “appropriée”.

“Il sera calibré”, ont-ils ajouté. « Nous voulons poursuivre les discussions avec le gouvernement français et l’UE. Nous sommes prêts à réagir de manière appropriée.

Que signale la ligne ?

La relation anglo-française – l’un des partenariats diplomatiques les plus vitaux d’Europe – a sans doute atteint son point le plus bas depuis des décennies.

La dispute s’est intensifiée le mois dernier après que 27 migrants tentant d’atteindre le Royaume-Uni se sont noyés lorsque leur bateau a chaviré – ravivant une guerre des mots entre Paris et Londres à propos de la crise dans la Manche.

Boris Johnson a déclenché la fureur en France en publiant une lettre au président Emmanuel Macron appelant à de nouvelles mesures à la suite de la tragédie.

Cela a incité Paris à désinviter le ministre de l’Intérieur Priti Patel à une réunion conjointe avec les ministres de l’Intérieur de France, des Pays-Bas, de Belgique et de la Commission européenne pour discuter de petites traversées en bateau – sans la présence de responsables britanniques ou du ministre de l’Intérieur Priti Patel.

L’amère querelle a vu des rapports selon lesquels M. Macron a qualifié M. Johnson de “clown” et de “crétin”.

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