Européens: Marine Le Pen prédit de "beaux jours" malgré les affaires

"La RN a de bons jours d’élection devant lui." Marine Le Pen est optimiste pour son retour très européen dimanche 16 septembre à Fréjus (Var), en se focalisant sur les principaux vents nationalistes en Europe, malgré les procès et un parti peu développé. Le jeudi 13 septembre, un sondage Odoxa a été réalisé. Il place le Rallye côte à côte avec la République en mouvement (21,5% pour le LREM contre 21% pour le RN) lors des élections européennes de mai prochain.

Lire aussi. Nicolas Bay: "L'Union européenne a accéléré la submersion migratoire"

Que réjouir le député Louis Aliot, cité pour diriger la liste RN comme l'eurodéputé Nicolas Bay ou l'essayiste Hervé Juvin: l'étude d'opinion "démontre que nous sommes toujours là, toujours dans les mêmes proportions", ce premier tour de l'élection présidentielle, où Marine Le Pen avait recueilli 21,3% des voix. Pour le sociologue Sylvain Crépon, "la situation de la RN d'un point de vue électoral n'est pas si catastrophique étant donné toutes les balles qu'il tire". Il a rappelé qu'en 2002, Jean-Marie Le Pen est arrivé au deuxième tour après une scission qui avait vu Bruno Megret apporter "la moitié du dispositif".
"Renonciation"
Sylvain Crépon note également que le cas des emplois fictifs au Parlement européen, pour lequel Marine Le Pen est à nouveau convoqué par les juges en octobre, ne découragera pas nécessairement les électeurs, car "il ne fait pas partie de l'enrichissement personnel comme (l'affaire) Pénélope Fillon ", qui avait largement contribué à la défaite du candidat à la présidentielle LR François Fillon.
Cette affaire a cependant pesé sur les finances du parti, déjà lourdement endetté. À la fin du mois de juin, les juges ont ordonné la saisie de 2 millions d’euros d’aide publique en raison de la RN, craignant que la partie utilise cet argent pour rembourser ses dettes au lieu de payer des dommages. Les dégâts approchent les 7 millions d’euros. La RN risque également un nouveau procès sur le financement de ses campagnes en 2014 et 2015. "Ce sont des persécutions" dignes d'un "régime totalitaire", affirme un proche du finaliste de l'élection présidentielle de 2017.

Lire aussi. Rallye national: sans le sou, le parti perd son relais sur le terrain

Bien que manquant d’argent, la RN imprimera ses affiches du dos à l’école montrant Marine Le Pen à côté de son allié italien devenu ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini. Inspiré depuis longtemps, Marine Le Pen se tourne désormais vers l'expérience de son ami au pouvoir pour l'aider au sein de l'Europe. "Partout en Europe, nos idées prennent le pouvoir", insiste le chef de la RN, qui considère "excitant" les progrès des partis nationalistes et populistes sur le continent.
Prudente sur l'euro
L'objectif n'est pas tant "d'avoir un ou deux députés supplémentaires", après avoir remporté le vote de 2014 (25% des voix), que de former le Parlement européen "une minorité de blocage". Promu en quelque sorte comme le premier rival d'Emmanuel Macron, lorsque le président a revendiqué le rôle du premier opposant des "nationalistes", Marine Le Pen fera campagne notamment contre l'immigration, dénominateur commun de ses amis en Europe. Mais il faut faire attention à la sortie de l'euro, qui n'est plus sa priorité et divise ses électeurs.
Son ancien bras droit, Florian Philippot, qui est parti après l'élection présidentielle, à ce sujet dans un livre qui sera publié mercredi. Il affirme ressentir chez Marine Le Pen un "renoncement à la victoire" qui expliquera, selon lui, son évolution vers une identité plus thématique, sous l'influence d'anciens mégétistes, dont son conseiller Philippe Olivier. Marine Le Pen doit encore la convaincre qu'elle peut se rapprocher des autres formations pour gagner du pouvoir, comme l'ont fait ses alliés en Autriche et en Italie, tandis que LR exclut les alliances.

Lire aussi. Dans son livre, Florian Philippot règle ses comptes avec la RN (ex-FN)

Faute de persuader le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan de la rejoindre, Marine Le Pen promet une liste de "rencontre" dans laquelle pourrait se retrouver l'ancien ministre LR Thierry Mariani, qui tarde à se décider. L'essayiste Hervé Juvin, cité pour diriger la liste, sera présent à Fréjus.

Leave a comment

Send a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.