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Étudiante en droit à Draguignan le jour, elle dort dans sa voiture la nuit

J’ai honte, je ne sais plus quoi faire. Je suis en train de craquer. » Jamais Sonia(1) A. aurait un jour pensé être dans cette situation. “Il y a quelques années, j’avais hébergé une collègue étudiante qui n’avait pas de logement. Maintenant c’est mon tour”constate-t-elle désabusée de cette roue qui a mal tourné.

À 22 ans, la jeune femme a désormais passé le temps de l’insouciance habituellement associée aux études supérieures. Étudiante en master 1 Justice, procès, procédures à l’antenne dracénoise de droit de l’université de Toulon, Sonia est sans domicile fixe en cette rentrée universitaire, obligée de dormir le soir dans sa voiture.

“J’ai fait ma licence de droit à Draguignan, j’ai quitté mon logement étudiant fin avril pour économiser des loyers et j’ai stocké mes affaires en attendant dans un garage pour la rentrée suivante”raconte-t-elle. “J’avais postulé auprès de nombreux masters, et tout l’été j’ai essuyé les refus les uns après les autres.”

Un week-end pour faire toutes les démarches

Un espoir subsiste. Elle est sur liste d’attente pour le master à Draguignan. “La rentrée a lieu et je n’ai pas de nouvelles”raconte la jeune femme qui a grandi à Menton dans les Alpes-Maritimes. “Après avoir écrit au responsable de master et avec l’aide d’une amie je suis finalement acceptée une semaine après la rentrée.”

Une bonne nouvelle qui tombe le vendredi 9 septembre pour le lundi 12 septembre: “En deux jours, il fallait que je rattrape 30 heures de cours, que je fasse ma demande de logement et de bourse”, énumère Sonia. Chose impossible surtout un week-end.

“Au début, je dors chez mes copines, une nuit par-ci une autre par là”enchaîne-t-elle. “Mais je suis mal à l’aise, l’une d’elles vit seule avec son bébé, l’autre s’occupe de sa grand-mère…”

Sonia se sent de trop et espère avoir une solution dans les jours qui suivent. “Je contacte la maison de l’étudiant, et aussi la Saiem, de la résidence étudiante, dans laquelle j’ai vécu pendant ma licence”raconte-t-elle avec dignité malgré les larmes qui lui montent aux yeux.

La solution: dormir sur un parking

“Il leur reste a priori un logement vacant, mais ils m’ont dit qu’ils attendaient les pièces de deux autres étudiants en lice et que je ne suis pas dans une situation urgente.”

Par honte, la jeune femme se tait et décide de dormir dans sa voiture. Une vieille citadine des années 2000 très kilométrée. Elle dort alors sur un parking à Lorgues. “Je n’arrivais pas à me sentir en sécurité, j’ai donc dormi sur le siège conducteur en me réveillant toutes les minutes par peur et frigorifiée”raconte-t-elle. “Je voyais même les sangliers passer”.

Pour avoir un minimum de sérénité, elle met des serviettes sur les fenêtres.

Les jours suivant, Sonia ne voit toujours aucune solution à son problème. “J’ai ensuite dormi du côté de Draguignan, mais j’ai été emmerdée par un sans domicile fixe alcoolisé qui a tapé à la vitre”se souvient-elle.

Plus récemment, elle a trouvé un coin un peu plus tranquille du côté des Arcs en croisant les doigts pour qu’une solution soit trouvée. Malgré son aspect jovial et courtois, Sonia est au bord de l’effondrement…

1. Le prénom a été modifié.

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