ENTREVUE. "La réforme des retraites corrigera les injustices", déclare Jean-Paul Delevoye

Emmanuel Macron lance jeudi 26 septembre à Rodez l'acte II de la consultation citoyenne sur la réforme des retraites. Beaucoup de questions restent sans réponse. Nous les avons présentées à Jean-Paul Delevoye, l'artisan de la réforme. Entrevue.

Le chef de l'Etat reprend le personnel de son pèlerin. Il se rendra à Rodez (Aveyron) le jeudi 26 septembre pour lancer les citoyens & # 39; consultation sur la réforme des retraites. Mais où sont les pensées du gouvernement à ce sujet? Jean-Paul Delevoye y répond.

Entretien avec Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire aux pensions.

Point de retraite soulève des préoccupations. Quelle garantie y at-il que le point ne tombera pas?

La valeur de la pointe ne peut pas être réduite car elle sera indexée sur les salaires. Prenons le régime complémentaire pour les employés du secteur privé (Agirc-Arrco): le problème n’est jamais tombé.

Si le point augmente continuellement, comment allez-vous équilibrer les comptes en cas de déficit?

Les gestionnaires du système pourront raisonner sur les taux de cotisation des nouveaux employés ou sur un alignement de l'âge en fonction de l'espérance de vie.

En d'autres termes, faudra-t-il plus de temps pour travailler?

Pas nécessairement. Le système de points permet à chacun de partir quand il le souhaite, une fois l'âge légal de 62 ans atteint. Et plus la personne retarde son départ, plus sa pension augmente. Pour solidifier le système, nous proposons également un âge plein à 64 ans. Cela correspond à l'évolution de l'âge de départ effectif: actuellement, il est en moyenne de 63,4 ans. En 2025, il aura 64 ans. À partir de 63 ans, vous bénéficierez d'une réduction de 5%. À partir de 62 ans, une réduction de 10%.

Si vous partez à 65 ans et plus, vous aurez une prime de 5% par an. C'est un avantage pour ceux qui ont une carrière incomplète ou qui sont retournés sur le marché du travail plus tard. Ils n'auront pas à attendre 67 ans pour avoir le taux plein comme aujourd'hui.

Le président a-t-il semblé rejeter l'âge pivot?

Non, il a dit qu'il était en faveur d'un accord sur la durée de la contribution. Mais le débat reste ouvert.

Quel est le sujet de ce débat?

La mise en place d'un taux plein, assurant l'équilibre du système, est nécessaire pour obtenir le soutien des jeunes. Ils sont de plus en plus sceptiques quant à l'avenir des retraites.

Ce plein tarif est collectif: il s’agit de l’âge pivot à 64 ans. C’est la solution que je préconise. L'autre scénario consiste à établir un taux individualisé complet, atteint après une certaine période de contribution: 41-42-43 ans … Il pourrait, par exemple, se déclencher après l'acquisition d'un certain nombre de points. Les deux hypothèses sont sur la table.

Le système de points implique également des calculs sur toute la carrière. Et pas sur les 25 meilleures années dans le secteur privé. Cela désavantagera-t-il les femmes qui ont eu un saccage de carrière?

Non, car les périodes d'interruption seront financées par l'impôt: maternité, invalidité, chômage… Au final, les carrières les plus faibles seront gagnantes. Aujourd'hui, le système favorise ceux qui ont une carrière ascendante au détriment de ceux dont la progression est faible.

Nous voulons corriger ces injustices. J'ajoute que le système de points a un avantage. Chaque heure travaillée vous rapporte des points, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Pour les fonctionnaires, le calcul sur les six derniers mois sera très défavorable.

C’est pourquoi nous incluons les bonus dans le calcul du départ à la retraite. En moyenne, les fonctionnaires ont 22% de bonus. Mais certains sont ci-dessous: c'est le cas pour les enseignants.

Le président et le premier ministre se sont engagés à mettre en place des mesures d'accompagnement. Cela entraînera des augmentations de salaire. La démarche est la même pour les aidants naturels.

Les régimes spéciaux s'opposent à la réforme. Allez-vous l'appliquer uniquement aux nouveaux employés?

Ceux qui remplissent les conditions pour une retraite anticipée d’ici 2025 en bénéficieront. Pour d'autres, l'âge de la retraite diminuera de quatre mois par an. Ce qui fait une période de quinze ans pour passer de 57 à 62 ans! C’est une évolution en douceur.

Le Premier ministre a déclaré que la transition serait négociée avec chaque régime. En cas de refus, passerez-vous en force?

Il y aura un chemin de convergence adapté à chaque situation. Mais la conditionnalité n'empêche pas l'exécutif de prendre une décision. Nous disons aux indépendants: pouvez-vous garantir à vos enfants que le système spécifique peut continuer à être financé? Prenons l'exemple des avocats. Il y a quinze ans, neuf avocats ont financé un retraité.

Aujourd'hui, le ratio est de cinq actifs pour un retraité. En 2040, ce sera un ou deux atouts pour un retraité. Leur régime alimentaire connaît donc une fragilité démographique. Au lieu de l’incertitude d’une solidarité professionnelle, nous proposons la solidarité de la nation. C'est plus sûr pour les jeunes qui entrent dans la profession.

Ne risquez-vous pas de monter les Français les uns contre les autres?

Non, c’est exactement le contraire. Ma préoccupation est la fragmentation actuelle. Imaginez que nous gardions les 42 plans. Si des ajustements sont nécessaires, tout le monde se battra pour préserver son statut. Notre réforme répond à une demande d'équité.

Le calcul de ma retraite sera-t-il identique à celui de mon voisin? Le système universel garantira les mêmes règles pour tous. Nous misons sur un succès collectif. Et pas sur le maintien des différences, pas toujours justifié. Et parfois au détriment de la société dans son ensemble.

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