En Argentine, l’ancienne présidente Cristina Kirchner de nouveau devant le juge

En Argentine, l’ancienne présidente Cristina Kirchner de
nouveau devant le juge

Lundi 3 septembre, l'ancien président est convoqué une seconde fois devant le juge. Cristina Kirchner est soupçonnée d'avoir mis en place un système de corruption lorsqu'elle était à la tête du pays.

Cristina Kirchner a-t-elle mis en place un vaste système de pots-de-vin lorsqu'elle a présidé l'Argentine entre 2007 et 2015? C'est ce que le juge Claudio Bonadio, qui enquête depuis début août sur une affaire de corruption impliquant des grands noms des travaux publics, tente de le découvrir.

Deuxième comparution devant le juge

Lundi 3 septembre, l'ancien chef de l'Etat, aujourd'hui âgé de 65 ans, a rendez-vous au bureau du juge. Le 13 août, Claudio Bonadio, un magistrat fédéral de Buenos Aires, avait déjà interrogé l'homme qu'il soupçonnait d'avoir dirigé un réseau de corruption particulièrement étendu.

Une douzaine de jours plus tard, à la demande du juge, la police a lancé des recherches sur l’appartement de Cristina Kirchner dans un quartier chic de Buenos Aires, ainsi que sur sa propriété de Rio Gallegos (Patagonie) et d’une autre résidence au Salvador. Calafate, site touristique également en Patagonie connu pour son glacier de Perito Moreno.

Sénatrice depuis 2017, Cristina Kirchner jouit d'une immunité parlementaire qui l'empêche d'être emprisonnée, mais de ne pas être entendue par le juge, inculpée ou jugée. Cette immunité a également été partiellement levée par le Sénat, qui a donné le 22 août le feu vert aux perquisitions.

En Argentine, les problèmes judiciaires continuent pour l'ancien président

Le scandale concerne de nombreuses entreprises de construction

Cette convocation au juge intervient dans le cadre de l'affaire de "Carnets de corruption", scandale qui a révélé le versement de pots-de-vin à l'administration Kirchner par des entreprises de construction et de travaux publics.

L'affaire a éclaté sur le 1st Août avec la publication du contenu de plusieurs cahiers scolaires dans lesquels Oscar Centeno, conducteur du vice-ministre du Plan de Cristina Kirchner, Roberto Baratta, a méticuleusement noté la date, l'heure et le lieu de la livraison des sacs d'argent.

Les pots-de-vin ont ensuite été emmenés chez des ministres du gouvernement Kirchner, dans un appartement du couple Kirchner ou à la résidence présidentielle Olivos, près de Buenos Aires.

Vingt patrons de grandes entreprises de construction ont depuis été convoqués par le juge Claudio Bonadio. La plupart d'entre eux ont reconnu les faits et ont accepté de coopérer avec la loi, tandis que d'autres ont été placés en détention provisoire.

Ferveur politique … ou justice obstinée?

Pendant plusieurs années, la corruption a été le thème central en Amérique latine. Plusieurs anciens présidents ont été condamnés, comme le Brésilien Lula, ou ont dû quitter le pouvoir et sont actuellement sous enquête, sous le nom de Péruvien Pedro Pablo Kuczynski.

Le début du XXIe Le siècle a vu la région connaître une forte croissance économique, grâce à la hausse des prix des matières premières et de la demande chinoise, en particulier dans les produits agricoles.

Ce dynamisme n'est pas étranger à un "boom" de la corruption, révélé par de nombreux scandales depuis, notamment dans les travaux publics.

INFOGRAPHICS – Amérique latine criblée de corruption

Est-ce la même chose en Argentine? Cristina Kirchner s'assure que les accusations contre elle sont liées à "Des intérêts économiques concentrés et des hegemons très puissants" qu'elle avait menacé pendant sa présidence. Selon lui, ces enquêtes n’auraient qu’un objectif: l’éliminer comme principale figure de l’opposition et lui interdire de se présenter à nouveau à la présidence en 2019.

Gilles Biassette (avec l'AFP)

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