Edouard Philippe a tort de dire que la Commission n'a pas tenu compte de la Chine

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12h59
10 février 2019

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LE VRAI FAUX – Le Premier ministre Edouard Philippe a déclaré cette semaine à l'Assemblée nationale que la fusion Alstom-Siemens avait échoué: "La Commission européenne n'a pas voulu poser la question du marché mondial en intégrant l'Asie et la Chine, c'est extravagant!" ; est faux.

Contrairement à l'insistance de l'exécutif, la Commission européenne a examiné l'ensemble du marché ferroviaire mondial avant de mettre son veto à la fusion entre les géants Alstom et Siemens. Et la définition adoptée exclut non pas l'Asie mais trois pays: la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Mais leurs marchés sont de toute façon fermés aux Européens. Au niveau international, sur 11 appels d'offres clôturés depuis 2008 pour des trains à très grande vitesse, aux États-Unis, au Maroc, en Turquie, etc., Alstom et Siemens en ont remporté 8. Le mastodonte chinois (CRRC), no.

Lire aussi: Alstom-Siemens: la Commission européenne a-t-elle commis une "erreur politique"?

Si le chiffre d'affaires de CRRC (26 milliards d'euros) impressionne, il est de 90% localement. Dans le reste du monde, le colosse vend des métros et des trains régionaux, peinant à répondre aux critères des appels d'offres dans les domaines de la très grande vitesse et de la signalisation. Trois trains chinois seulement fonctionnent en Europe: des trains régionaux vendus sans appel d'offres en République tchèque. En Allemagne, 20 locomotives de fret seront utilisées pour déplacer des wagons. Aucun train à grande vitesse chinois ne circule en dehors de la Chine. "Et cela ne changera pas avant cinq ans, voire dix ans", déclare un expert.

Le groupe aurait été en situation de monopole en Europe

Alors que le CRRC se développe à une vitesse record, le Conseil a jugé le danger suffisamment éloigné pour ne pas enfreindre ses règles de concurrence en permettant la création d'un groupe qui se serait trouvé en situation de monopole sur le marché continental. "La Commission n'a pas décidé seule: une majorité d'acteurs et de pays ne souhaitaient pas de ce" champion d'Europe ", qui aurait été en réalité un champion franco-allemand capable d'imposer ses prix, déclare Benoît Le Bret, spécialiste de la politique européenne. droit de la concurrence.

Cette affaire révèle avant tout la nécessité d'une meilleure intégration politique de l'Europe. "Trop de pays hésitent à imposer à la Chine une réciprocité dans l’ouverture de ses marchés, afin de se procurer des débouchés privilégiés et des meilleurs prix.

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