Édition Belfort-Héricourt-Montbéliard | Depuis 100 ans, le site PSA est remodelé en permanence

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Des terres acquises sur des zones humides, des bâtiments construits et démolis, des ateliers agrandis, des déménagements, des restructurations …: le berceau de Peugeot a plus d'une fois changé de visage et de dimensions au cours de ses cent sept années d'existence.

En cours de déploiement, le programme Sochaux 2022 (200 millions d’euros investis dans la création de l’usine du futur 4.0) constitue donc une nouvelle étape de cette très longue aventure industrielle marquée par une capacité à s’adapter à un monde économique en constante mutation. Rester en mouvement pour se perpétuer: tel est le credo, ponctué par les conséquences sociales parfois très brutales du groupe PSA.

Regard dans le rétroviseur avec les étapes clés de cette mue sochalienne perpétuelle.

Mettre fin à la dispersion

En 1912, trois premiers bâtiments (19 000 m² ) constituent l’embryon de l’usine de Sochaux (avec ateliers de forgeage, fonderie, assemblage et outillage). Robert Peugeot veut mettre fin à la dispersion de la société qui possède des usines à Audincourt, Beaulieu et Mandeure. Sochaux est destiné à un nouveau produit: le camion. La guerre des 14-18 accélère le mouvement avec des chiffres allant de 400 à 2 000 ouvriers.

Des années 1930 aux années 1960, une conquête ininterrompue des terres

En 1917, Peugeot achète 200 hectares autour de l’usine existante, sur les rives de l’Allan, un affluent du Doubs. De nombreux bâtiments sortent du sol avec une fonderie, un estampage et une forge de 18 000 m².

Dans les années 1920, l’industrie automobile se transforme, marquée par l’introduction de la grande série (fordisme). Sochaux est en train de définir l'heure américaine et se déroule des deux côtés de la route nationale. C'est la naissance du Grand Sochaux (10 000 ouvriers). L'expansion physique se poursuit sans relâche depuis trois décennies avec 25 000 travailleurs en 1965 et 35 000 en 1970. L'essor est tel que l'augmentation de la production se produit au détriment de la cohérence et de la fluidité organisationnelles qui existaient à l'époque du Grand Sochaux (1929).

Le modèle japonais, sinon rien

Le début des années 80 marque la fin du fordisme. Il préfère un modèle de production japonais inspiré du toyotisme. Juste à temps (minimisation des stocks et des travaux en cours), robotisation et gains de productivité pour lutter contre la concurrence accrue. Ces développements ont un coût social très élevé avec un nombre d'employés en formation.

Détournement d'Allan

Pour conquérir onze hectares de terrains industriels et redonner de la consistance au site, le cours de la rivière est détourné à la fin des années 80. Un projet titanesque. Plusieurs bâtiments sont construits.

En route vers l'usine 4.0

Au début du XXIe siècle, le moment est venu de compacter l’outil industriel. PSA Sochaux jette 23 hectares, puis 50 hectares sur un total de 265 hectares, construit un nouvel emboutissage (6 000 m² ), a détruit la fin de l’ancien assemblage S30 pour libérer de l’espace pour les parcs maritimes qui seront adjacents au futur assemblage (44 000 m² ), rasez le centre de construction (10 000 m² ) et le Circle Hotel (3 800 m² ).

Cette reconfiguration devrait permettre de renouer avec la fluidité industrielle d'origine et d'écrire une nouvelle page de l'automobile, différente des précédentes, dans le pays de Montbéliard.

Alexandre BOLLENGIER

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