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Des entrepreneurs prêts à recruter des jeunes sans expérience et les former en Eure-et-Loir

by Nouvelles

La vie professionnelle de l’Eurélienne Pauline Taboureux a pris une jolie tournure. La jeune fille de 24 ans a décroché un CDI de secrétaire chez NMKS, entreprise de mécanique sur engins de chantier, à Clévilliers, dans le cadre d’un contrat initiative emploi (CIE) jeunes. Elle a du même coup soulagé le gérant, pour qui il devenait compliqué de tout faire seul… Une « belle histoire » mise en avant par la Mission locale de l’arrondissement de Chartres, lors d’une rencontre entre différents acteurs de l’emploi, autour du dispositif du gouvernement, « Un jeune, une solution ».

Un CDD qui devient CDI

Avec ce plan, l’employeur bénéficie d’une aide financière, s’il recrute un jeune de moins de 26 ans ou un jeune (jusqu’à 30 ans) travailleur handicapé, en CIE Jeunes. C’est ce qu’il s’est passé pour Pauline, titulaire d’un BTS assistante de gestion des PME-PMI depuis 2018. « NMKS nous a transmis une offre d’aide secrétaire comptable en juillet », détaille Audrina Scocard, conseillère en charge des entreprises à la Mission locale. « Il s’agissait d’un CDD d’un mois. Nous lui avons transmis le CV de Pauline, le jour même, en lui proposant une période d’immersion de quinze jours, en vue d’envisager un CDD de six mois. » L’immersion ayant été réussie, l’employeur a opté pour un CDI de 30 heures, « 35 heures si besoin », encouragé par les aides de l’État.

Le plan « 1 jeune, 1 solution » se décline à Châteaudun à travers deux exemples concrets

Une formation par le travail

En échange, il s’engage à former la jeune fille, qui bénéficie d’un suivi d’étape avec la Mission locale. Ce qui lui permettra « de monter en compétences et de développer son expérience ». Une bonne formule pour Pauline, qui sera encore suivie durant 24 mois. Sa longue recherche d’emploi était restée infructueuse jusque-là, faute de pratique professionnelle, comme tous les jeunes au sortir de l’école.

« J’ai répondu à beaucoup d’offres sans jamais avoir de retour. Souvent, sur les postes de secrétaire, on demande deux à cinq ans d’expérience. C’est le serpent qui se mord la queue. C’était usant. Cela joue sur le moral »

Pauline taboureux (Secrétaire chez NMKS)

Gagner en aisance

Il y a un an, elle accède au dispositif Garantie jeunes, orchestré par la Mission locale. En contrepartie d’un versement de 500 € par mois, bienvenus quand on est sans ressources, elle s’est engagée sur des objectifs tout en profitant d’un accompagnement adapté. Mise en valeur du CV, écriture d’une lettre de motivation, jeux de rôle, simulation, formation au titre professionnel d’assistante commerciale… Elle mesure que cela lui a permis de mieux appréhender les enjeux d’une candidature et de gagner de l’aisance. « NMKS a été le premier entretien en lien avec mon diplôme », se réjouit Pauline Taboureux. Elle a mesure combien cela tient à « l’état d’esprit » de son patron, pour qui il est important de donner une chance aux jeunes.

Piloté par la Mission locale, il était organisé à Chartres samedi

Accompagné par Pôle emploi

Johnny Okaro, aussi, ne jure que par la jeunesse. Il y a cinq ans, il a ouvert un restaurant au Mans (Sarthe), en s’appuyant sur Pôle emploi pour la partie recrutement. Il vient de réitérer, en sollicitant l’agence de Dreux, pour l’accompagner dans l’embauche du personnel du Memphis Coffee, qu’il s’apprête à ouvrir dans la cité durocasse, jeudi 23 septembre.

« On a fait plus de séances de job dating que d’habitude, car on a eu beaucoup plus de difficulté à recruter. On avait besoin de vingt postes, on a vu une soixantaine de candidats sur cinq journées. C’est quatre fois plus qu’il y a cinq ans »

Il faut dire qu’entre-temps, le secteur de la restauration, déjà en tension, a été confronté à une crise sanitaire, qui a découragé sa main-d’œuvre.

Quel est ce nouveau dispositif proposé en Eure-et-Loir pour lutter contre le décrochage scolaire ?

Le savoir être avant le savoir-faire

C’est pourquoi Johnny Okaro est d’autant plus convaincu par l’idée de donner leur chance aux jeunes sans expérience et a pris le parti de privilégier le savoir être avant le savoir-faire.

« L’attitude, la présentation, la curiosité envers l’entreprise, la manière dont elle parle du métier… C’est important, ce que dégage la personne. »

Il a établi le cahier des charges de l’offre, Pôle emploi a fait une présélection de différents profils. « L’idée, c’est d’ouvrir le champ des possibles pour des candidats qui ne s’imaginaient pas travailler dans tel métier ou secteur parce qu’ils n’ont pas les compétences. On a un plan d’actions sur les métiers en tension, l’hôtellerie-restauration, le grand âge, le bâtiment, le transport, pour les faire connaître, avec les professionnels, des organismes de formation… », détaille Sabine Gérard, responsable de l’agence Pôle emploi à Chartres.

En immersion

De son côté, Johnny Okaro s’investit dans la transmission des compétences techniques. Les seize futurs salariés du Memphis Coffee de Dreux sont actuellement en immersion dans son établissement du Mans, où il avait déjà embauché des personnes sans lien avec la restauration. « Sur la trentaine de recrutements, douze sont encore avec moi en CDI. »

Si l’expertise des conseillers Pôle emploi lui apporte du confort, précise-t-il, dans l’ouverture de son restaurant, Johnny Okaro reconnaît que les aides à l’embauche des jeunes sont aussi un facteur encourageant.

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